Ma thèse en 180 secondes, le challenge réussi de David

Écrit par : Salima Bouyelli

1 juin 2021

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Le 5 mai dernier a eu lieu la première édition de la finale de l’Ouest du concours Ma thèse en 180 secondes (MT180). En collaboration avec trois universités de l’Ouest canadien dont l’Université de l’Alberta (U of A),  l’Association Francophone pour le Savoir (ACFAS) invitait les étudiants à participer à un concours consistant à présenter une thèse en 180 secondes. David Rosychuk, un jeune prodige de la linguistique, originaire d’ Edmonton a séduit le jury.

«Considérez un homme. Philip», c’est par ces quelques mots que David Rosychuk, vingt-trois ans, affronte le jury pour le convaincre de ses recherches.

David Rosychuk, étudiant du campus Saint-Jean vainqueur de la première édition de l’ouest MT180 secondes. Crédit : Courtoisie.

De la chimie à la linguistique

Il étudie la chimie lorsqu’un jour, lors de sa deuxième année de baccalauréat, il décide de suivre un simple cours d’introduction à la linguistique délivré par Anne-José Villeneuve, professeure à l’Université de l’Alberta. Il tombe sous le charme de la matière et comme une évidence, de la linguistique. Il choisit d’en faire son sujet de thèse. 

Il postule alors en tant qu’assistant de recherche de la professeure qui deviendra sa superviseure. «Les chimistes tendent parfois vers la sociolinguistique et le père de la sociolinguistique variationniste était chimiste d’abord», explique le jeune étudiant du Campus Saint-Jean

Anne-José Villeneuve : professeure agrégée de linguistique française au Campus Saint-Jean et professeure associée au Département de linguistique de l’Université de l’Alberta. Sa recherche porte sur la variation et le changement linguistiques, le bilinguisme, le contact linguistique et l’enseignement des langues. Crédit : Courtoisie

Intéressé par les langues en général et par le français en Alberta en particulier, ce sujet lui tient à cœur pour diverses raisons. Papa d’origine ukrainienne et maman d’origine irlandaise, cela n’a pas empêché David et sa grande sœur d’intégrer un système scolaire en langue française. 

Entre sa famille originaire de Falher, au nord de la province albertaine, et ses amis, il a grandi et étudié dans un environnement francophone à Edmonton. «Je voulais être comme ma sœur, dans une école d’immersion», avoue en souriant le vainqueur du concours. Il s’implique beaucoup dans la communauté et dans la recherche communautaire grâce à ses travaux.

Un public au rendez-vous, un jury charmé, une victoire remportée

Il s’est inscrit à la dernière minute, le 15 avril, dernier jour des inscriptions. Nombre fétiche, treize candidats au total venant de trois universités différentes vont se battre pour le titre : l’Université de la Colombie-Britannique, l’Université Simon Fraser (SFU) et l’Université de l’Alberta (U of A). 

C’est chez lui qu’il enregistre son discours avant de l’envoyer à l’ACFAS. Le jour de la présentation, non moins d’une centaine de personnes sont connectées virtuellement pour écouter les performances des participants. 

Affiche du concours MT180 avec David Rosychuk. Crédit : Capture d’écran

Devant un jury concentré pour analyser un potentiel, un seul candidat se distingue dans la catégorie Maîtrise. David Rosychuk remporte la somme de 750 $ qu’il investira dans ses études de recherches. 

Actuellement, il existe très peu d’études sur le français en Alberta dans les cours de linguistique d’où ce désir de poursuivre une maîtrise. «J’étudie le français parlé en Alberta, le spontané, mais surtout la grammaire et la morphosyntaxe et les changements dans la langue.» 

Le concours MT180 a représenté un véritable entraînement pour la soutenance de sa «vraie» thèse prévue en septembre prochain. «Ça me met sur la bonne piste mais j’ai beaucoup de travail à faire» déclare David avec beaucoup d’humilité. 

William Labov, né en 1927, est un enseignant américain en linguistique et un des fondateurs de la sociolinguistique moderne. Crédit : Courtoisie

«Une centaine de pages, avec tellement de détails est différent de MT180 avec un public plus général où il faut donner un résumé de tout. C’est un grand document qu’il faut résumer tout en inspirant la passion du public», compare-t-il.

Hormis sa thèse intitulée Nul de plus fin que le temps : étude sociolinguistique de l’Alberta qu’il compte soutenir en septembre prochain, il travaille aussi sur un autre projet, le français québécois avec la même professeure Anne-José Villeneuve.  

«Maintenant considérez une femme. Huguette».

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