Adaptation, résilience et créativité après l’inondation à La Cité francophone

Écrit par : Vienna Doell

1 novembre 2022

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(De gauche à droite) Tanya Saumure, directrice des services, Daniel Cournoyer, directeur général de La Cité francophone, et Joseph Vuong, chef du Café Bicyclette. Crédit : Vienna Doell
Le Café Bicyclette, La Girandole, le Centre de santé communautaire Saint-Thomas et le théâtre de La Cité francophone ont été frappés par une inondation complètement inattendue dans la nuit du 25 mai dernier. Après cinq mois, le bout du tunnel n’est plus très loin.

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Vienna Doell
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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Alors que les eaux noires, aussi appelées eaux usées, s’écoulaient des murs du bâtiment, Daniel Cournoyer décrit l’incident comme «une pandémie qui n’a pas arrêté pour nous». Le directeur général de La Cité francophone n’oubliera pas ces moments et ceux qui ont suivi. «Juste le nettoyage a coûté 150 000 $», explique-t-il.

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Il a fallu enlever de nombreux murs abîmés par les écoulements. «Pour chaque 18 pouces d’eau noire, il faut enlever un pied de mur par-dessus», explique le directeur général. «Il y avait des sections où nous avons élevé carrément quatre pieds [de mur].»

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Une fois que les murs ont été enlevés et les surfaces ont été nettoyées, les travaux de rénovation ont pu commencer. «C’était au-delà de 100 000 $ pour la reconstruction», ajoute-t-il.

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L’incident a été causé par trois facteurs : un blocage des égouts, une quantité normale de pluie pendant 30 minutes et des travaux effectués par EPCOR, entreprise de traitement de l’eau d’Edmonton, au coin de la 91e rue et de la 88e avenue, devant La Cité.

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Selon Daniel, l’assurance de La Cité a pu couvrir la plupart, voire la totalité, des dommages. «Nous avons aussi l’assurance pour l’interpellation des entreprises», explique le directeur général. Une consolation, car cette assurance couvre l’interruption des affaires, alors que le Café Bicyclette entre dans son sixième mois de fermeture.

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Il faut jongler avec les assurances

Néanmoins, ce n’est pas l’assurance de La Cité francophone qui couvre tous les dommages dans l’édifice. Julianna Damer, directrice artistique de La Girandole, explique que «les murs de nos locaux appartiennent à La Cité», mais les planchers appartiennent à La Girandole.

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Donc, l’assurance de La Girandole a couvert le coût de l’enlèvement, du nettoyage et du remplacement des sols de danse des deux studios. «Ça pourrait coûter près de 75 000 $ ou 100 000 $», décrit la directrice.

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Le théâtre avec son nouveau plancher, mais il y a encore beaucoup à nettoyer. Crédit : Vienna Doell

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Les planchers de danse, comme les planchers du théâtre, sont très spécialisés. Selon Avantage Sport, une entreprise spécialisée dans les planchers sportifs, «la surface doit être lisse et stable, mais aussi procurer un degré de flexibilité pour prévenir la force d’impact élevée». Ceci limite les blessures et permet d’obtenir des niveaux de performance plus élevés.

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Pour La Girandole, les planchers pour les deux studios de danse ne sont pas encore arrivés. «On a commandé nos planchers des États-Unis», explique Julianna. Même s’ils ont été commandés en juin, les délais de livraison, en raison de la pandémie, ont ralenti les travaux de rénovation.

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En plus des planchers de danse, les costumes font aussi partie des biens couverts par l’assurance de La Girandole. «Heureusement, il n’y avait pas trop de costumes qui ont été détruits», indique la directrice. Juliana reste positive et explique que l’inondation leur a permis de réorganiser le costumier et de se débarrasser des vieux habits dont ils n’avaient plus besoin.

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«Heureusement, il n’y avait pas trop de costumes qui ont été détruits.» Julianna Damer

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Pour l’instant, les élèves suivent leurs cours dans un studio de danse que La Girandole a loué au centre-ville. «Je marchais au centre-ville et j’ai vu une pancarte qui disait Dance Code, qui est un autre studio de danse […], et j’ai vu “à louer” un peu partout sur l’édifice», raconte Julianna. «Un bel hasard» qu’elle ait trouvé cet espace avec deux studios de danse disponibles pour toute l’année.

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Julianna Damer, la directrice artistique de La Girandole, dans le costumier vide. Crédit : Vienna Doell

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Selon Julianna, les élèves, le personnel et les parents sont heureux, même si le studio temporaire est un peu plus loin pour certaines familles. Celles-ci se sont aussi adaptées, «on a remarqué que beaucoup de parents ont commencé à faire du covoiturage», observe la directrice. «Je trouve ça spécial que les gens puissent se rassembler pour s’entraider».

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Néanmoins, «le but, c’est vraiment de revenir […] à La Cité».

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Une saison de mariage, les Séries Patios et le Fringe sous une tente

Au Café Bicyclette, c’est l’impatience pour le personnel qui espère retrouver très vite son espace habituel. Tanya Saumure, la directrice des services de La Cité francophone, s’exclame, «nous pensions que nous serions ouverts pour le Fringe!»

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Jusqu’à présent, un bar temporaire a été installé dans le Café, là où les gens étaient assis auparavant. Des feuilles de construction couvrent les murs qui doivent encore être installés. C’est un espace très restreint. «On réajuste constamment», explique la directrice des services. Elle signale d’ailleurs que le montage et le démontage, en fonction des événements, «ont ajouté beaucoup d’heures supplémentaires au travail du personnel».

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Les employés du Café et de la cuisine, au nombre de 24, ont pu rester pour ces cinq mois de fermeture partielle. La majorité de la restauration pour l’espace traiteur a été faite à l’extérieur, sous des tentes, dans des cuisines portables. Le chef Joseph Vuong relate que son personnel a «au moins pu cuisiner dehors, mais c’était l’un des étés les plus chauds que nous ayons eus depuis un moment».

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Le bar temporaire du Café Bicyclette. Crédit : Vienna Doell

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Le Café Bicyclette n’a pas pu accueillir ses clients réguliers, mais les autres activités comme le service de traiteur, les Séries Patios et les réceptions de mariage n’ont pas été ralenties par la reconstruction. «L’an passé, nous avons vendu plus de 500 tourtières […] et nous avons déjà des demandes pour 400 cette année», décrit le chef.

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D’autres événements comme le Fringe ont généré des revenus équivalents à ceux des années précédentes. «Le Fringe était un grand succès […], on a eu les mêmes revenus [qu’en 2019]», sourit Daniel Cournoyer.

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Cependant, selon le directeur, il y a eu une perte de 1 million de dollars brut pour le Café Bicyclette. C’est normalement une entreprise qui rapporte 1,5 million de dollars par année. «C’est comme s’il n’existe presque plus», s’inquiète le directeur. Finalement, c’est par un cri du cœur que Joseph Vuong invite ses clients à revenir dès l’ouverture du Café Bicyclette, «soutenez-nous pour notre retour». Une ouverture attendue avec impatience, mais dont la date est encore inconnue.

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