À la rencontre de l’authenticité franco-albertaine

Écrit par : Mélodie Charest

9 avril 2021

Diplômée en anthropologie et en animation culturelle en France, Agathe Le Quéré occupe le poste d’agente communautaire pour le centre d’accueil francophone de la Cité des Rocheuses à Calgary. Cette Calgarienne d’adoption s’intéresse particulièrement à l’identité culturelle, c’est d’ailleurs ce qui l’a amené à développer un nouveau projet : J’ai rencontré en Alberta, un balado qui donne le micro aux membres de la communauté franco-albertaine dans toute leur diversité et leur sensibilité. 

Cette native de France décroche son emploi d’agente communautaire dans des circonstances uniques : en mars, pendant que la pandémie cognait à nos portes. Déjà, le défi est là. « Étant donné qu’on est un centre communautaire et culturel, évidemment, avec toutes les restrictions du COVID, on n’avait pas beaucoup de propositions à faire aux membres de la communauté ».

Attristée par les possibilités de plus en plus réduites de rencontrer de nouvelles personnes, Agathe lance cette idée : faire une série de baladodiffusion qui va à la rencontre des francophones de la communauté. Déjà grande consommatrice de ce type de médias, l’investigatrice de cette initiative exprime avec intérêt cette magie de l’audio. « Quand j’écoute des podcasts et que c’est des entrevues, j’ai l’impression de rencontrer la personne. Avec l’audio, il y a une version authentique du discours, la personne se livre [plus] qu’une entrevue filmée. Quand nous avons les écouteurs dans les oreilles, il y a un sentiment d’intimité. »

 L’image du nouveau balado J’ai rencontré en Alberta, une initiative d’Agathe Le Quéré qui est agente communautaire pour le centre d’accueil francophone à la Cité des Rocheuses à Calgary. Crédit : Courtoisie.

Sans aucune formation en prise de son, madame Le Quéré s’est lancée dans ce projet. « La COVID peut donner envie de créer des choses et de se former », s’exclame-t-elle dans un fou rire. C’est en regardant des vidéos sur internet, qu’elle se nourrit des expériences des autres créateurs de podcasts pour bâtir le sien.

Une grande diversité et un grand respect 

Chaque épisode, d’une durée d’une trentaine de minutes, met de l’avant un portrait franco-albertain. Les « invités », comme Agathe les appelle affectueusement, sont aussi bien originaires de la Saskatchewan que du Québec en passant par la République démocratie du Congo.

Qu’ils soient nés dans la province albertaine ou non n’a pas d’importance pour livrer son témoignage. Les participants doivent seulement être des « personnes francophones vivant en Alberta. C’est la seule condition que je me suis imposée. L’idée c’était de montrer la diversité de cette communauté avec des personnes de différentes origines, cultures, mais aussi parcours de vie et de migrations ».

« Je pars du principe que je veux que les gens partagent ce qu’ils veulent partager. Je veux que les gens se sentent à l’aise de parler de leur vie, de leur parcours ». Elle se rappelle d’une de ses invitées qui, sous le poids d’une grande tristesse de se voir contrainte de déménager à l’extérieur de l’Alberta, s’est mise à pleurer. Dans l’éthique de travail qu’elle a construit, Agathe prend le temps de faire un montage pour que tous se sentent à l’aise.

L’auditeur curieux peut écouter un nouvel épisode du balado J’ai rencontré en Alberta sur Apple Podcast, Google Podcast, Spotify et YouTube.

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