Le Marché solidaire à l’écoute de la communauté

Écrit par : Sarah Therrien

21 septembre 2021

L’équipe termine quelques préparatifs avant l’arrivée des familles. Crédit : Sarah Therrien

Selon le Rapport sur les prix alimentaires canadiens, le coût de tous les produits alimentaires pourrait augmenter jusqu’à 5 % en 2021. Un phénomène qui n’a pas rendu l’épicerie éphémère, le Marché solidaire, indifférente. L’équipe du Centre d’accueil francophone et ses partenaires ont répondu au cri du cœur des plus vulnérables. 

IJL – Franco.Presse -Le Franco

Un soleil radieux brillait sur la Cité de Rocheuses de Calgary pour le premier Marché solidaire organisé pour la rentrée. Les bénévoles en ont ainsi profité pour jumeler deux programmes offerts par les organismes francophones. 

Alejandra Aracena, coordinatrice au Centre d’accueil francophone de la Cité des Rocheuses. Crédit : Sarah Therrien.

C’est donc le 28 août dernier qu’en plus des fruits et des légumes, des sacs à dos remplis de fournitures scolaires ont été offerts aux personnes dans le besoin. Les efforts du Centre d’accueil francophone et de ses partenaires le Centre d’appui familial, le Réseau santé albertain, le conseil scolaire Francosud et de la Paroisse Saint-Famille ont permis de rejoindre 75 familles et 151 enfants venus de toute l’agglomération.

Alors qu’il est attendu que les conséquences COVID-19 continu d’avoir un impact sur le prix des aliments, les organismes francophones responsables du Marché solidaire se retroussent les maches pour y remédier. Crédit : Sarah Therrien

«La rentrée scolaire c’est toujours difficile pour les parents avec de difficultés économiques»,  souligne Alejandra Aracena, coordinatrice du Marché Solidaire. «On a jumelé le marché avec un autre programme qu’on a tous les ans, la distribution de sac à dos avec des fournitures scolaires, en partenariat avec Stephan’s backpack society qui nous fournis les sacs, et nous on les distribue aux familles», poursuit-elle.

«On a jumelé le marché avec un autre programme qu’on a tous les ans, la distribution de sac à dos avec des fournitures scolaires, en partenariat avec Stephan’s backpack society», explique Alejandra. Crédit : Sarah Therrien

Grâce aux dons recueillis lors du Marché solidaire de septembre 2020, l’équipe a pu acheter des paniers de fruits et légumes à l’organisme Fresh Root, qui offre ces denrées à faible coût. En raison de la situation sanitaire, les inscrits ne peuvent pas choisir les aliments à emporter. 

Céline Bossé, agente pour Réseau santé albertain, s’ennuie de la formule «marché» où chacun pouvait choisir ce qu’il souhaitait emporter. Crédit : Sarah Therrien

La formule de marché est donc mise de côté au profit du panier, ce que déplore Céline Bossé, diététiste et membre du Réseau santé albertain. «Avec le panier, on ne sait pas s’ils savent comment cuisiner ces aliments», souligne-t-elle en ajouter que cette formule demande plus de travail, car il faut faire des emballages individuels.

Une nouvelle clientèle

«La pandémie a aidé certaines familles qui avaient un salaire moindre que le 2 000$ que [le gouvernement] donnait par mois. Par contre, d’autres familles qui gagnaient beaucoup plus se sont retrouvées sans emploi», explique Alejandra Aracena. 

Le jeune Mamoun a accompagné sa maman Meriam, conseillère au Centre d’accueil francophone pour la journée. Assigné à la table de fruits et de légumes, il a pu aider avec joie Céline Bossé pour la distribution des sacs. Crédit : Sarah Therrien

En effet, au mois de juillet, le taux de chômage de l’Alberta se situait en quatrième position au pays. Comme l’observe l’équipe, c’est une nouvelle clientèle qui requiert les services du marché solidaire. Marie-Ève fait partie de ces nouvelles personnes qui profitent de ce moment de générosité. Maman d’un garçon qui entrera en quatrième année est ravie du contenu des sacs. Est-ce que cela sera utile ? «C’est sûr que oui», s’exclame-t-elle sans hésiter. Elle s’est d’ailleurs déjà inscrite pour le Marché solidaire de Noël.

Damien du Centre d’appui familial était chargé d’inscrire les familles pour le prochain Marché solidaire à noël. Crédit : Sarah Therrien

Pour Hélène aussi, il s’agit de sa première visite au marché. Elle a entendu parler de l’événement par son garçon qui fréquente l’école Sainte-Marguerite-Bourgeoys. «Mes enfants aiment lire», souligne-t-elle en voyant les bacs de livres à donner fournis par la bibliothèque du Centre d’appui familial. 

Hélène est ravie de pouvoir choisir parmi ses livres gratuits car ses enfants raffolent la lecture. Crédit : Sarah Therrien

Quatre bougies à souffler en décembre

Comment le marché solidaire a-t-il démarré ? «C’est vraiment une belle histoire», répond Alejandra, la coordinatrice du Marché Solidaire, en riant. Elle qui a grandi au Québec a connu «les Magasins-Partage». Un regroupement de 721 magasins qui aident au développement de la sécurité alimentaire sur l’île de Montréal. 

Grâce aux dons recueillis lors du Marché solidaire de septembre 2020, l’équipe a pu acheté des paniers de fruits et légumes de l’organisme Fresh Root, qui offre ces denrées à faible coût. Crédit : Sarah Therrien

Alors lorsqu’elle arrive en Alberta, «j’ai remarqué qu’il n’y avait pas de ce genre d’organisme. J’ai pris toutes les informations et on l’a adapté aux besoins de notre communauté». C’est ainsi que cela a commencé! 

Au mois de juillet, le taux de chômage de l’Alberta se situait en quatrième position au pays. Comme l’observe l’équipe, c’est une nouvelle clientèle qui requiert les services du Marché. Crédit : Sarah Therrien

Alors qu’il est attendu que les conséquences COVID-19 continuent d’avoir un impact sur le prix des aliments, les organismes francophones de Calgary se retroussent les manches pour y remédier. «Le marché solidaire c’est pour servir la communauté francophone», conclut Alejandra Aracena.

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