#stopislamophobia, le hashtag du changement

Écrit par : Toqa Abdelwahab

26 août 2021

 Après de nombreuses agressions contre des femmes musulmanes à Edmonton, la population gronde. Tout au long de l’été, des manifestations ont appelé à la fin de ces attaques dans la province, et plus généralement contre les musulmans du Canada.

IJL – Franco.Presse – Le Franco

Le 25 juin 2021, c’est près de 1000 habitants d’Edmonton qui ont participé à un rassemblement sur la place Sir Winston Churchill appelant à la fin des agressions islamophobes contre les femmes musulmanes en Alberta.

Ce rassemblement a été organisé suite à l’assaut au couteau de deux femmes musulmanes par un homme caucasien à Saint-Albert, le 24 juin dernier. Cette provocation a eu lieu après une série de 14 agressions en l’espace de six mois contre des musulmans en Alberta. Deux semaines avant, une famille de London, en Ontario, avait été brutalement assassinée lors d’une attaque islamophobe.  

Des voix s’élèvent en espérant changer les choses 

Le rassemblement a été organisé par diverses organisations locales et nationales au service de la communauté musulmane de l’Alberta. Des voix de la communauté musulmane, telles que des psychologues, des poètes et des travailleurs sociaux, s’y sont exprimées.

Amira Shousha, la leadeuse de l’événement et du Conseil national des musulmans canadiens explique que l’un des objectifs de celui-ci était de «prouver aux personnes extérieures à la communauté musulmane que l’islamophobie est en fait réelle et menaçante pour les musulmans». 

De nombreux intervenants ont convenu que les non-musulmans ne semblaient pas aussi préoccupés par les membres de leur communauté musulmane qu’ils devraient l’être et ils ont exprimé leur frustration face au manque de soutien que la communauté musulmane reçoit de la part de ses alliés supposés. 

Un autre objectif du rassemblement, selon Amira, était d’obtenir une couverture accrue et impartiale des assauts qui ont eu lieu au cours des derniers mois. Les orateurs ont exhorté toutes les personnes présentes à faire connaître les actes odieux commis à l’encontre des musulmans dans la province et à publier tous les médias du rassemblement avec le hashtag #stopislamophobia

Une question nationale, pas seulement provinciale

En réponse à ces provocations, un sommet d’action nationale contre l’islamophobie a eu lieu le 22 juillet 2021. La conférence a eu lieu entre des membres du gouvernement fédéral, le premier ministre Justin Trudeau et des organisations communautaires telles que Islamic Relief et le Conseil des communautés musulmanes d’Edmonton.  

Avant le sommet, les organisations ont envoyé des listes de recommandations au gouvernement canadien. Reyhana Patel, une responsable des relations publiques pour Islamic Relief explique que l’organisation a proposé notamment que le gouvernement fasse des enquêtes sur le racisme et l’islamophobie systémiques. 

«L’agence du revenu du Canada vérifie les organismes de bienfaisance musulmans comme le nôtre plus souvent que leurs équivalents non musulmans. C’est une preuve d’islamophobie systémique», soutient-elle.

Le Premier ministre a déclaré qu’il mènerait une enquête officielle sur la partialité de l’ARC en matière de vérification, et qu’il investirait davantage dans des ressources visant à lutter contre l’islamophobie et d’autres formes de suprématie blanche. Reyhana déclare que le sommet l’a rendue «prudemment optimiste». 

«Le sommet s’est déroulé il y a quelques semaines, nous devons donc encore attendre pour en voir les effets à long terme», explique Reyhana. «Il est évident que tout le monde ne nous soutient pas», ajoute-t-elle. Elle reconnaît néanmoins qu’il y a eu un élan de soutien depuis l’attentat de London et que les gens commencent à s’informer et à sensibiliser le public à l’islamophobie.

«L’islamophobie ne sera pas éradiquée en un jour. Les gens doivent faire un effort conscient pour s’éduquer et défendre les victimes de l’islamophobie», conclut-elle. Ce n’est qu’alors que les choses changeront et «je pense que les choses peuvent définitivement changer».

Pour plus d’informations : https://www.nccm.ca/alberta/

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