L’imaginaire coïncidant d’André DeLavoye

Écrit par : Mélodie Charest

24 avril 2021

André Lavoie, qui emprunte le nom de plume de DeLavoye, est auteur du livre Père Robertson - Morbius Tenebris, paru en 2020. André insiste sur l’orthographe de son nom de famille, car « nos ancêtres, en quittant la région de la Normandie en France, portaient le nom de DeLavoye. C’est un simple clin d’œil à mes origines ». Crédit: Courtoisie.

Le 23 octobre dernier, André DeLavoye, natif du Saguenay–Lac-Saint-Jean, a publié son premier roman : Père Robertson — Morbius Tenebris, le premier roman d’une longue série de cinq ouvrages. Celui qui se rappelle avec bonheur des soupers d’affaires en compagnie de Franco-Albertains à Edmonton a accordé une entrevue au journal Le Franco

Le synopsis de Père Robertson — Morbius Tenebris mérite le coup d’œil. Il s’agit de l’histoire du père Robertson, prêtre et ancien militaire, qui doit, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, reprendre ses fonctions de militaire pour combattre une épidémie. 

L’auteur nous avertit : la rédaction du roman a commencé en août 2018, sans penser qu’une épidémie planétaire allait frapper deux ans plus tard. C’est d’ailleurs ce qu’il qualifie d’« étrange coïncidence ». André qui est aussi un employé dans l’industrie de l’équipement lourd a toujours été attiré par l’acte d’écriture, mais il a pris plusieurs années avant de s’asseoir à sa table de travail pour immortaliser son personnage : « il me manquait beaucoup de morceaux du casse-tête ». 

Un casse-tête bien complexe 

Parmi ses pièces de puzzle manquantes, il note la recherche. Il s’agit d’une fiction, mais l’ouvrage se base sur des données historiques « très précises ». Il se lance dans une recherche historique sur l’entre-deux-guerres (1918-1939), une tâche aussi ardue que passionnante à ses yeux. Les phénomènes d’après-guerre des conflits mondiaux (1918-1939 et après 1945) l’intriguaient de prime abord.  

Il évoque les innombrables innovations sociales, technologiques et politiques qui sont nées suite aux Grandes guerres et qui façonnent toujours nos sociétés : « Le monde a tellement évolué, tout était bouleversé de tout bord et côté ». 

Bien qu’il ait dû chercher cette pièce et la tailler pour son roman, monsieur DeLavoye avait une pièce du casse-tête bien précieuse et déjà acquise avant de commencer à écrire : son héritage familial. 

Des missionnaires dans la famille 

Il s’inspire de deux de ses oncles et une tante qui étaient tous trois missionnaires. L’absence de ces membres de la famille maternelle pouvait s’étaler sur de longues périodes, six ou sept ans : les histoires, il en pleuvait. Après leurs missions en Afrique, en Inde ou bien sur le continent asiatique toute la famille se réunissait pour écouter leurs récits et regarder leurs photos. 

Loin d’être religieux, André précise que ses oncles et sa tante ne tentaient jamais de convertir les membres de leur famille à une doctrine religieuse. « C’étaient des pionniers, des voyageurs du monde, c’était du monde qui le faisait “pour la cause” : soigner des villages, soigner des enfants et des personnes âgées ». 

Dans cette foulée, il dément ce que certaines personnes ont dit sur ses intentions d’écriture. De la même manière que ces missionnaires qu’il a « toujours côtoyés », il n’a pas cherché à convertir ses lecteurs à la religion, de par la présence de son personnage principal qui est catholique. 

« Un sujet universel »

À en entendre son parcours professionnel, qui l’a amené à travailler un peu partout en Amérique, en Europe et en Afrique, André est plongé dans cette curiosité et cet amour du partage. Il évoque toutes les compagnies anglophones pour lesquelles il a travaillé dans l’industrie de l’équipement lourd et précise que « ma langue maternelle, c’est le français ».

Une langue qui parle et qu’il aime : « Je me rappelle d’avoir été à Edmonton, avec mon ancien employeur, il y avait des employés de l’Alberta qui étaient des francophones. On se rassemblait […] avec tout le monde. Et tout le monde parlait français, il venait tout de l’Alberta. Même chose pour les Maritimes et l’Ontario ».

Sans se considérer comme un « fidèle militant » de la francophonie, il « encourage l’expansion [de la langue de Molière]. Ce n’est pas quelque chose qui devrait disparaître pour moi ». Il souhaite aussi rejoindre les lecteurs francophones hors Québec. À ses yeux, ce souhait est réalisable, car la Seconde Guerre mondiale est un « sujet universel ».  Le lecteur franco-albertain, qui désire saisir la main tendue de monsieur DeLavoye, ne peut pas, pour l’instant, se procurer Père Robertson — Morbius Tenebris en librairie. L’ouvrage est disponible sur Amazon en format numérique et papier.

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