L’après-Kenney : entre doutes et scepticisme

Écrit par : Mehdi Mehenni

27 mai 2022

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Jason Kenney a marqué les esprits en faisant campagne dans une camionnette qu'il a baptisé "camion de l'unité", ici en 2017. Le mois dernier, son camion bleu devenait viral sur les réseaux sociaux avec un vidéo où le premier ministre était incapable d'en faire le plein. Crédit photo : Jason Kenney/Twitter
Alors qu’une partie de la communauté francophone est loin de regretter la démission de Jason Kenney à la tête du Parti conservateur uni (PCU), l’avenir de la chefferie provinciale pose question. À l’heure de la succession, certains espèrent une surprise, d’autres se résignent en imaginant le pire.

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Mehdi Mehenni
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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Les Franco-Albertains ne pourront pas se réjouir longtemps de la démission du premier ministre Jason Kenney de la direction du Parti conservateur uni (undefined). Et pour cause, les yeux des acteurs influents de la communauté sont d’ores et déjà rivés sur les successeurs potentiels de Jason Kenney malgré son maintien à l’intérim du parti.

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Sheila Risbud, présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (undefined), ne nourrit pas de grands espoirs à ce propos. Elle juge, néanmoins, «intéressant de voir comment ça va se passer à la chefferie».

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«Les différents candidats potentiels ne semblent pas très ouverts ou sensibles à la question de la francophonie, mais on peut toujours être surpris. Qui aurait pu croire que l’ancien premier ministre allait être ouvert aux francophones de l’Alberta», nuance-t-elle en faisant référence à Ralph Klein.

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Françoise Sigur-Cloutier n’est pas non plus très optimiste. La membre de l’Ordre des francophones d’Amérique dit n’avoir «aucune confiance en ses futurs successeurs» et qu’il y a risque de «tomber de Charybde en Scylla», qu’un malheur peut succéder à un autre ou d’avoir à choisir entre un mal et un mal en pis.

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«Cela ne veut pas dire que ça va aller en mieux. Ça risque d’aller encore plus à droite s’agissant des services sociaux, la santé et l’éducation», appréhende avec beaucoup d’angoisse cette grande figure de la francophonie canadienne.

Devant l’inconnu

Mireille Péloquin, directrice générale de la Fédération des parents francophones de l’Alberta (undefined), rappelle, quant à elle, le fait que «chaque fois qu’il y a de nouveaux élus qui arrivent, il y a une nouvelle sensibilisation à faire sur le dossier francophone».

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Mireille Péloquin, directrice générale de la Fédération des parents francophones de l'Alberta (FPFA). Crédit Courtoisie

Mireille Péloquin, directrice générale de la Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA). Crédit Courtoisie

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Elle souligne que son association «se doit de travailler avec le gouvernement en place» et que «parfois, les nouveaux élus sont bien éduqués à la question de la francophonie», alors que «parfois, il faut tout refaire et recommencer à zéro».

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«Parfois, les nouveaux élus sont bien éduqués à la question de la francophonie.» Mireille Péloquin

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Valérie Lapointe-Gagnon, professeure agréée en histoire et droits linguistiques au Campus Saint-Jean et vice-présidente de l’Acfas-Alberta, n’est pas en reste. Pour elle, il est difficile à l’heure actuelle de prédire la suite. «Cela reste à voir. On est devant l’inconnu», soutient-elle.

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«On est devant l’inconnu.» Valérie Lapointe-Gagnon

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Mais si Valérie Lapointe-Gagnon se veut plus au moins réservée à ce sujet, Léo Piquette, ancien député provincial, se montre plutôt tranchant. «S’agissant de la suite, je ne pense pas que la francophonie va être dans les priorités du successeur à Jason Kenney», lance-t-il.

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Il estime qu’à «court terme, ça ne va pas changer grand-chose», mais que «ça ne peut pas être pire».

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À ses yeux, le plus grand test auquel sera soumis le prochain premier ministre est le dossier des infrastructures scolaires.

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L’ancien député provincial et ex-président du Conseil scolaire Centre-Est semble, en effet, avoir du mal à se remettre de ce dossier, après l’exclusion des écoles francophones en mars dernier du budget de 251 millions de dollars alloué par le gouvernement Kenney aux infrastructures scolaires.

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Raison pour laquelle il insiste sur l’attitude que devrait adopter la communauté francophone durant les mois à venir. «La communauté devrait se prononcer dans le débat et promouvoir son agenda dans les priorités», recommande-t-il.

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«La communauté devrait se prononcer dans le débat et promouvoir son agenda dans les priorités.» Léo Piquette

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Avec les prochaines élections, Léo Piquette souhaite voir «les Franco-Albertains visibles dans les débats politiques» et «se préparer pour faire face aux prochains défis».

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