Une Chicane Albertaine à la mélodie très féminine

Écrit par : Gabrielle Beaupré

8 mai 2021

Meera Sylvain en prestation à la Chicane Albertaine en 2018. Crédit: Amy Vachon-Chabot.

Avril 2020, la 20e édition de la Chicane Albertaine est annulée pour cause de COVID19. En 2021, c’est la résurrection. Une nouvelle version, plus intime et un album pour la célébrer. Celui-ci sera composé de huit chansons originales longuement travaillées par huit jeunes artistes féminines des quatre coins de la province et leur mentor. 

La nouvelle réalité pandémique a obligé les membres du Centre de développement musical d’Edmonton à réinventer ce concours de musique destiné aux groupes de musique scolaires. Cette année, seules 8 jeunes participantes, en solo, ont pu profiter de l’expertise de professionnels  dans une formule-école de la chanson.

L’avantage est que celles-ci ont le privilège de bénéficier d’un mentorat personnalisé dans la création de chansons d’un artiste de la scène franco-albertaine. Autrement dit, il guidait les participantes dans le processus de création musical pendant 14 semaines tout en donnant des rétroactions. 

Meera Sylvain, l’une des participantes de la Chicane Albertaine. Elle en est à sa troisième participation. Cette année, «elle voulait avoir la chance d’enregistrer son album en studio». Crédit: Courtoisie.

Les auteurs-compositeurs-interprètes Renelle Ray, Mireille Moquin, Sympa César ainsi que le réalisateur et producteur musical Aristóteles Canga ont accompagné les jeunes participantes à titre de mentor. 

Pour sa première participation à la Chicane, le mentor Aristóteles Canga voit ce programme comme le gardien de la musique francophone dans la province. Une musique qui doit rester vivante à tout prix. «Ça me réjouit de faire partie de quelque chose qui aura un résultat positif dans l’avenir de ces jeunes et dans la francophonie albertaine.»

Des ateliers d’écriture prisés 

Les activités de la Chicane se sont déroulées de façon virtuelle. Isaël Huard, coordonnateur de la Chicane Albertaine, explique qu’il a été important pour le centre de développement musical (CDM) de recréer l’ambiance de création et de collaboration de la Chicane. 

Isaël Huard, coordonnateur de la Chicane Albertaine. Selon lui, lorsque les participantes verront leur chanson prendre forme, ce sera un moment très marquant de l’aventure. Crédit: Sébastien Guillier-Sahuqué

Les sessions d’écriture de l’auteure-compositrice-interprète Ariane Mahrÿke Lemire, ont été marquantes pour Meera Sylvain, l’une des participantes. En activité pratique, la jeune artiste émergente indique avoir eu cette belle opportunité de composer des chansons avec les autres participantes. 

L’auteure-compositrice-interprète Ariane Mahrÿke Lemire qui a donné aux participantes des ateliers d’écriture. Crédit: Nich Carlson.

Ariane leur a donné un peu d’inspiration au début et «nous avons toutes écrit un paragraphe. Par la suite, on a modifié les paragraphes. Moi, j’avais le paragraphe d’une autre fille et j’ai ajouté une autre strophe et ça continuait ainsi». 

«Après un an de vie virtuelle, ça été étonnant de voir à quel point les filles voulaient quand même participer. Elles étaient généreuses, ouvertes, courageuses et très enthousiastes malgré leurs horaires chargés», indique celle qui leur a donné des outils pour travailler leurs textes.

L’engouement féminin

Lors du processus de sélection, Aristóteles Canga raconte qu’un seul garçon s’est présenté. «Je vous assure que c’est quelque chose qui m’a étonné en tant que jury de sélection des participants». 

Le réalisateur, producteur franco-albertain d’origine angolaise, Aristóteles Canga qui agit pour la première fois à titre de mentor à la Chicane Albertaine. Crédit: Johanne Canga.

Sa surprise est due au fait qu’il s’attendait à voir autant de garçons et de filles estimant que cette formation est une incroyable opportunité pour la jeunesse franco-albertaine, et encore plus pour les passionnés de musique. Alors que la production de l’album a débuté le 1er mai pour être disponible au courant de l’année, Aristóteles Canga ne cache pas son enthousiasme d’avoir vécu cette année un tel engouement de la part des de ces jeunes artistes féminines. «C’est quelque chose de positif. Ça fait plaisir de voir plus de filles intéressées par la composition et la réalisation musicale», conclut-elle.

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