Audrey Kodye, un dialogue vers le mieux-être

Écrit par : Arnaud Barbet

9 avril 2021

Sur les pas de ses aïeux, cette jeune Mauricienne a décidé de prendre soin des autres. Diplômée en psychologie clinique, elle a débuté sa carrière au Canada après avoir étudié en France, mais aussi au Manitoba. C’est finalement dans la communauté de Slave Lake qu’elle ouvrira son cabinet.

Calme, posée et souriante, Audrey Kodye n’en est pas à sa première conférence vidéo, bien au contraire. « Aujourd’hui, avec la pandémie, je propose mes services essentiellement en ligne dans toute la province », explique-t-elle sans omettre le fait que certains patients aimeraient peut-être cogner à la porte de son cabinet.

Comme elle l’explique, certaines réticences sont parfois dues à l’outil informatique, le web, l’aspect virtuel d’un travail, mais elle n’hésite jamais à trouver les moyens de rassurer. « J’offre à mes nouveaux patients une séance de quinze minutes. Je crée un dialogue, explique mes protocoles (technologique et thérapeutique), les rassure sur l’efficacité de la démarche. » Une approche qui fait ses preuves, même si fondamentalement Audrey Kodye ne se réjouit pas de l’augmentation des besoins en santé mentale.

« La pandémie est toujours là. L’anxiété, le stress, les violences conjugales sont le lot quotidien des professionnels », indique-t-elle, tout en se réjouissant, car « la parole se délie, les gens parlent plus de leurs difficultés. Un bon début. » De nombreuses études semblent tendre vers ce même résultat même si elles sont plus ou moins précises*.

* Étude menée sur l’état des canadiens en temps de Covid-19 : https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/45-28-0001/2020001/article/00082-fra.htm

Un besoin de prendre soin de l’autre

Audrey Kodye quitte seule l’île Maurice à l’âge de 20 ans et entame son parcours universitaire en psychologie à Saint-Boniface, au Manitoba. Elle y obtient son baccalauréat. Elle fait une petite escapade à Lille (France) et obtient un master en psychologie clinique et une spécialisation en thérapie cognitive comportementale (TCC), « le protocole de traitement le plus efficace aujourd’hui pour lutter contre les troubles de l’anxiété. »

Audrey Kodye à son bureau prépare sa prochaine séance. Crédit : courtoisie Overcome Anxiety Psychological

Humble et tournée vers l’autre, elle admet une prédisposition familiale à cette carrière. « Ma grand-mère était infirmière, mon grand-père pharmacien ; j’ai aussi d’autres membres de la famille dans le médical… » Elle reconnaît aussi un besoin intrinsèque de comprendre le pourquoi. « Lorsque l’on travaille en psychologie clinique, cela touche à des pathologies lourdes. Les conséquences sont à la fois comportementales, cognitives et émotionnelles. J’aime cette approche. »

Une approche qui lui permet de comprendre le mode de pensée des patients et de poser des changements profonds et durables. Alors que l’anxiété est sur toutes les lèvres, la psychologue n’hésite pas une seconde « l’anxiété, le stress sont des sentiments humains surtout en période de pandémie. Il faut les signaler et les prendre au sérieux. » Elle répond aussi aux problématiques répandues comme la gestion du deuil, l’anxiété, les problèmes relationnels, l’épuisement professionnel…

Entrepreneure, un pas de plus vers le dialogue

Audrey Kodye a travaillé longtemps dans des structures adaptées. Elle a pu évoluer et apprendre de ses pairs. « Lorsque l’on débute, je pense qu’il est important de connaître l’environnement dans lequel on travaille. Cela permet de mieux se comprendre et d’adapter ses services. » Un passage obligé selon elle pour aussi se découvrir professionnellement.

« Au fil des années, je me suis rendu compte que j’étais très à l’aise dans la gestion des terrains anxiogènes de mes patients », explique-t-elle tout en admettant que l’anxiété puisse cacher des traumatismes plus profonds. « Lorsqu’on est psychologue, il est essentiel de connaître ses forces et ses faiblesses, d’être transparent. » Une transparence et un dialogue qu’elle met en place rapidement avec son patient.

« Être entrepreneure, c’est aussi avoir quelques libertés, dans le respect de la déontologie et l’éthique de notre métier, pour travailler différemment avec les patients. » Elle indique d’ailleurs que son approche est basée sur une auto-évaluation du patient et d’elle-même à chaque séance, mais aussi sur une certaine dynamique entre eux deux. « Il s’évalue, m’évalue aussi. On en parle. C’est un excellent moyen d’avancer vers un même objectif. Une semaine compliquée peut offrir un terrain de réflexion, il faut l’envisager. »

Logo Overcome Anxiety. Crédit : courtoisie Overcome Anxiety Psychological

Elle avoue d’ailleurs que son expérience personnelle l’a beaucoup aidée. « Au début, lorsque j’exerçais, j’avais un petit sentiment d’imposture ; je n’ai jamais vraiment connu d’évènement traumatisant », raconte-t-elle. Mais la naissance de sa fille en 2019 l’a obligé à voir un professionnel. Un « post-partum malheureusement difficile » qui lui a permis d’être plus cohérente dans son discours, face à elle-même et aux autres. « Cela arrive à tout le monde et c’est important de le savoir pour avancer », sourit-elle.

De petits bonheurs entre lacs et forêts

De cette relation de confiance naît une dynamique positive qu’elle apprécie énormément. « Voir les gens aller mieux, qu’ils soient ici ou à l’autre bout de l’Alberta, c’est inspirant ! » Son approche active lui permet aussi d’entendre les critiques, les accepter et adapter son travail. Et ce dans les deux langues officielles.

Elle aime aussi échanger en français, tout en avouant que les francophones « tombent sur elle un peu par hasard, car les ressources francophones ne sont pas si bien diffusées ». Elle est d’ailleurs très attachée à sa communauté et la nature qui l’entoure, bien loin des foules des grandes villes. Et lorsqu’elle évoque l’équilibre famille-travail, elle essaie au maximum de « cloisonner les deux ». Un exercice pas toujours simple lorsque son cabinet est aussi sa maison.

Finalement, elle apprécie les couleurs automnales et insiste sur ces petits bonheurs qu’il faut apprécier au quotidien. Avec l’obscurité, le temps qui change et le froid qui arrive, « l’automne est une saison particulière » qu’il faut sans aucun doute apprendre à aimer.

Pour en savoir plus :

Page Facebook: Overcome Anxiety psychological

Site web: https://overanxietypsych.com

Adresse courriel: [email protected]

Téléphone: 780-529-9917

Les services de Overcome Anxiety Psychological sont ouvert les:

Mercredi – Vendredi (17:00 – 22:00)

Samedi – Dimanche (10:00 – 14:00)

Articles correspondant à l’évolution de la santé mentale pendant la pandémie : https://institutvanier.ca

Le gouvernement fédéral met des ressources bilingues en ligne, mais très peu ou pas de ressources en français le pour le gouvernement albertain: https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/2019-nouveau-coronavirus/sante-mentale.html

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