le Mardi 21 mai 2024

Cette chronique est une synthèse des premier et deuxième épisodes de Jasettes de Jardinage, émission diffusée le deuxième jeudi de chaque mois sur les ondes de Nord-Ouest FM et en balado sur nordouestfm.ca.

Ce que je vous propose dans cette chronique n’est pas une recette imaginaire d’un plat comestible, mais une recette de terreau pour vos semis et vos plantes d’intérieur. J’aimerais vous dire qu’elle est aussi facile à préparer que ce que je faisais au printemps dans mes seaux de plage, mais pour avoir un terreau riche en éléments nutritifs, nous avons besoin de quelques ingrédients de plus. 

À noter 

Lorsque vous achetez du terreau ou que vous faites un mélange maison, gardez l’œil ouvert sur ces quelques caractéristiques en particulier. 

En premier lieu, un bon terreau doit avoir la capacité de retenir l’eau, mais aussi de pomper l’excès d’eau. Vous ne voulez pas que votre terre s’assèche trop rapidement et vous ne voulez pas noyer les racines de vos plantes non plus.

Souvenez-vous aussi que certaines plantes ont des préférences particulières quant au niveau d’humidité de la terre. Pour leur permettre de mieux s’épanouir, vous devriez vous renseigner afin de savoir si vous devez vous procurer différentes variétés de terreaux pour subvenir à leurs besoins variés. 

Puis, cherchez un type de terre qui vous garantira un bon niveau d’aération. Les racines de vos plantes ont besoin d’humidité comme elles ont besoin d’air. Si la terre dans laquelle vous avez semé vos graines est trop condensée, vous risquez de les étouffer. Pour cette raison, du terreau composé d’ingrédients comme la perlite fonctionne très bien, car il y aura de petites poches d’air dans la terre.

Finalement, n’oubliez pas qu’un terreau doit être fait d’éléments nutritifs essentiels. La vermiculite, par exemple, est un composé contenant du magnésium et du potassium que l’on peut ajouter à la terre. Vous pouvez aussi ajouter, simplement, du compost et celui-ci procurera une grande variété d’éléments nutritifs essentiels au développement de vos plantes. 

Recette de terreau 

En faisant mes recherches, je suis tombé sur le magazine Fine Gardening qui publie plusieurs guides pour les adeptes de jardinage. Un article sur la composition de terreaux me semblait tout à fait à propos. (Le lien vers l’article se trouve sous Pour plus d’information.)

 Lorsque vous vous apprêtez à semer vos graines de jardin ou à repiquer vos plantes d’intérieur, ne vous fiez pas entièrement à la terre de votre jardin. On y retrouve des micro-organismes qui ont potentiellement des effets négatifs sur les graines.

 De plus, si vous arrosez votre jardin avec des produits chimiques, ces derniers peuvent encore être présents dans la terre même si votre arrosage date de l’an dernier. Dans ce cas, vous ne voulez pas transporter les résidus de ces produits chimiques dans votre maison. 

Afin d’avoir un terreau aéré, humide, capable d’évacuer l’excès d’eau, riche en vitamines et minéraux et sans micro-organismes néfastes, il faut se fier à des ingrédients légèrement plus complexes que votre terre de jardin. 

Dans le magazine Fine Gardening, on vous propose la recette suivante : 

Vous n’avez qu’à bien mélanger ces ingrédients et, avec un tamis si vous en avez un, extraire les trop gros morceaux. Ensuite, vous pouvez utiliser ce terreau pour semer vos graines de jardin et vos fleurs ou pour repiquer vos plantes.

Les semis

Dans le coin de Rivière-la-Paix, il ne fait pas tout à fait assez chaud pour que nos plantules passent la nuit dehors. Je vous conseille d’attendre la fin mai ‒ ou au moins l’arrivée du long weekend de mai ‒ avant de tout placer à l’extérieur. Toutefois, surveillez toujours la météo, car s’il annonce des températures en dessous de zéro, il risque de faire trop froid pour vos plantes.  

À ce point-ci du printemps, vous devriez déjà avoir semé vos graines de jardin ou vos fleurs. Voici un petit résumé de mes conseils liés à l’entretien de vos semis. Assurez-vous de leur procurer de l’aération. Pour ce faire, utilisez un cure-dent ou un petit bâton, insérez-le dans la terre autour de votre plantule et retirez-le. 

Faites attention de ne pas trop les arroser, mais donnez-leur assez d’humidité afin qu’elles ne souffrent pas d’un manque ou d’un excès d’eau. Lorsqu’il fait assez chaud le jour, vous pouvez placer vos petites plantes à l’extérieur. Il leur faut un peu de temps pour qu’elles s’adaptent aux rayons directs du soleil. Je vous conseille de les sortir seulement une ou deux heures la première journée, puis de continuer graduellement à augmenter leur exposition au soleil, les jours suivants. 

Ne repiquez pas vos semis trop vite. Attendez qu’ils aient au minimum quatre feuilles, voire six. Lorsqu’il sera temps de tout mettre dehors, arrachez les mauvaises herbes avant de transplanter quoi que ce soit et labourez légèrement la terre de votre jardin. N’utilisez pas le motoculteur trop en profondeur, car vous ne voulez pas modifier le niveau de pH naturel de la terre.

En somme, chaque étape du jardinage doit être attentivement effectuée. Trouvez-vous du bon terreau (ou faites-le vous-même), prenez soin de vos semis avec délicatesse, arrosez-les régulièrement et baignez-les de soleil petit à petit. Dans peu de temps, ils seront plus forts et prêts à être repiqués. Le tour sera joué!

Nord-Ouest FM est la radio communautaire de la grande région de Rivière-la-Paix. Sa mission est d’être la voie et le reflet des gens de ce vaste coin du pays. Cherchant à faire parler sa communauté, Nord-Ouest FM célèbre toutes les formes de la langue française et ouvre ses portes à tous les accents. La collaboration lui tient à cœur, non seulement avec les gens de sa région, mais aussi avec les entreprises locales et, bien sûr, les organismes francophones de partout en Alberta.

Justine Dubrûle est chroniqueuse à Nord-Ouest FM. Elle détient un baccalauréat en anglais de l’Université de Lethbridge et une maîtrise en études françaises de l’Université de Waterloo. Après plusieurs emplois d’été à la radio communautaire, elle s’est décidée à y revenir afin d’explorer plus en profondeur ses capacités rédactionnelles dans le but, un jour, d’aborder les thèmes du retour, du paysage, de la néo-régionalité et de l’identité francophone en tant qu’auteure.

Glossaire – Plantule : Jeune plante du stade de la germination à celui de l’autonomie

«Ce qui s’est passé pendant la pandémie, c’est qu’on s’est aperçu qu’on était capable d’opérer avec certaines contraintes. Ça fait en sorte, aujourd’hui, qu’on essaie de conserver un modèle de fonctionnement qui offre de la souplesse et permet quand même d’être productif», signale Florian Pradon, un expert en culture d’entreprise innovante installé au Québec.

Cette transition, dit-il, est moins dirigée par l’enthousiasme des organisations, souvent réticentes au changement, que par les demandes croissantes des employés en matière de flexibilité. Ces derniers disposent plus que jamais d’un pouvoir de négociation dans un marché où la main-d’œuvre se fait rare. 

Dans ce contexte, de nombreuses industries se voient contraintes de répondre à de nouvelles exigences et de s’adapter à une concurrence tenace. «Le marché est [dicté] par ceux qui poussent très fort pour des pratiques différentes», résume l’expert.

Mis à part la question du télétravail, de plus en plus d’employés sont par exemple à la recherche d’horaires flexibles, qui leur offrent la possibilité de commencer leur journée plus tôt et de gérer leurs heures de travail à leur guise. 

Il pourrait s’agir de «démarrer [sa] journée vers 8 h en lisant [ses] courriels, puis d’aller déposer [ses] enfants à l’école» avant de reprendre sa journée et de terminer plus tôt, résume Florian. Certaines entreprises ont même commencé à proposer des semaines condensées afin d’assurer un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle.

Evelyne Kemajou est la fondatrice et directrice générale du PIA. Photo : Courtoisie

Disparités sur le marché

Or, bien que la notion de flexibilité touche l’ensemble du monde de l’entreprise, elle ne peut être appliquée de manière uniforme à l’ensemble des industries. À Francophonie albertaine plurielle (FRAP), qui se consacre à l’accueil, à l’établissement et à l’intégration des nouveaux arrivants francophones en Alberta et dont les activités sont principalement sur le terrain, la perspective du télétravail semble quelque peu impraticable. 

«[C]ompte tenu de la nature de certaines de nos activités [qui requièrent une présence physique], nos politiques sont restées les mêmes et nous travaillons exclusivement en personne», résume le directeur général adjoint, Yic Camara. Depuis la pandémie, l’organisme s’est toutefois ajusté pour offrir une «accommodation circonstancielle de quelques jours» si un employé se trouve dans l’impossibilité d’être au bureau, précise-t-il. 

Florian Pradon souligne qu’il peut en effet être complexe d’effectuer un virage vers le télétravail dans les industries qui reposent intrinsèquement sur le service à la clientèle et les partenariats avec des fournisseurs. Si ces métiers peuvent se faire à distance, bâtir une relation de confiance derrière un écran demeure un défi. «Ça prend une rencontre en personne, dans la même pièce, avant de passer en ligne», confie-t-il. 

Néanmoins, dans le cas où une organisation ne peut pas offrir du travail à distance, des efforts peuvent être faits pour adapter les conditions de travail, en offrant des horaires de travail plus souples, ajoute-t-il. Et il y a aussi moyen de trouver un juste milieu qui puisse convenir à toutes les parties concernées.

C’est dans cet esprit d’adaptation que le Portail de l’Immigrant Association (PIA), un organisme de Calgary qui propose également des services dédiés aux immigrants pour faciliter leur intégration et pour promouvoir les communautés culturelles, est actuellement engagé. Une phase d’évaluation a été entamée par un consultant afin de déterminer s’il serait viable de créer une politique de flexibilité pour les employés. «Nous cherchons à identifier les programmes qui pourraient se prêter à un mode hybride», explique la directrice générale, Evelyne Kemajou. 

Cette étude approfondie est née à la fois des demandes des employés, qui expriment parfois le souhait de travailler à distance, et de la nécessité de s’ajuster à l’industrie afin de demeurer compétitif. «Il faut qu’on s’adapte parce qu’on fait certains constats. Par exemple, quand on organise des activités hybrides, on a souvent plus de participants qu’en présentiel, peut-être en raison de la distance et des déplacements», précise la dirigeante.

Yic Camara, directeur général adjoint de la FRAP. Photo : Courtoisie

La communication avant tout 

La transition vers un mode de travail hybride, où certains employés effectuent des heures à domicile, peut également présenter des obstacles immenses pour les gestionnaires habitués à un modèle de gestion hérité de l’ère industrielle «où on regardait les gens faire leur travail», résume Florian. «Là, on ne les voit plus. Est-ce que j’ai confiance que mes employés, quand je leur donne les objectifs, les moyens et les dates, vont l’opérer? C’est un vrai enjeu», laisse-t-il entendre.

À l’aune de cette distance, il est surtout primordial pour les gestionnaires de ne pas sombrer dans le piège d’une relation strictement transactionnelle où la productivité de l’employé devient la seule priorité. La véritable pierre angulaire, «c’est la confiance réciproque», soutient l’expert. Pour construire cette confiance, les deux parties doivent convenir de termes clairs sur la manière dont les choses seront gérées : la fréquence des réunions, la vitesse à laquelle l’employé doit répondre à ses messages, les critères d’évaluation du travail, etc.

Malgré ces ajustements, le travail à distance ne devrait pas être privilégié par les organisations comptant de nombreux employés débutants, qui entrent tout juste sur le marché du travail et possèdent peu d’expérience dans leur domaine. Ces travailleurs ont besoin de mentorat et d’accompagnement physique au quotidien pour acquérir un certain niveau d’expertise et de compréhension de soi avant d’entamer une transition vers le télétravail. Sinon, comme le souligne Florian, «on court à la perte des gens. On va avoir des enjeux de performance et d’engagement».

Glossaire – Pierre angulaire : le fondement, élément essentiel de quelque chose

Les jeunes du groupe de Hip Hop se sont livrés à des «battles» amicales qui ont émerveillé la salle. Photo : Mark Whittington

Toute l’équipe artistique de l’organisme et les jeunes (et moins jeunes) danseurs ont transporté les spectateurs à des milliers d’années-lumière durant presque 120 minutes de magie. Les numéros de Mission : planète G ont mêlé à la fois mouvements gracieux et rythmes endiablés, allant du ballet classique au hip hop, en passant par les célèbres gigues canadienne-française et irlandaise. 

Les membres des groupes «Comédie musicale» ont bien diverti la salle avec leurs costumes colorés et leurs chansons rythmées. Et l’on ne peut passer sous silence, les prestations adorables des touts-petits des groupes Kangourou et Lucioles guidés par leurs talentueuses instructrices.

L’astronaute Malika, du groupe Les Étincelles, n’en croit pas ses yeux d’avoir trouvé Din Grogu, le célèbre bébé Yoda, sur la planète G. Photo : Mark Whittington

Cette année, en plus de la troupe semi-professionnelle Zéphyr, La Girandole avait invité deux autres troupes de danse à prendre part aux célébrations. Originaires de la région de Rivière-la-Paix, les jeunes de Plein Soleil junior ont offert, avec brio, deux numéros de gigue traditionnelle présentés lors du Carnaval de Saint-Isidore. De son côté, la troupe Al-Jabal Dance a enchanté les spectateurs par ses mouvements gracieux et langoureux qui caractérisent si bien la danse orientale.

Une finale très appréciée du public a mis en vedette les incroyables instructeurs de La Girandole (re)présentant, chacun leur tour, le style de danse qu’ils pratiquent, une belle façon de reconnaitre leur travail acharné et leur précieuse contribution tant pour les jeunes que pour la communauté francophone de l’Alberta.

Glossaire – Gigue : danse de pas

Les petites danseuses de ballet 1-2 ont flotté sur scène telles de magnifiques aurores boréales. Photo : Mark Whittington

Cette année, Zéphyr Junior et les Alouettes ont pratiqué ensemble, permettant ainsi aux plus jeunes de profiter de l’expérience de leurs ainées. Photo : Mark Whittington

La troupe invitée Al-Jabal Dance a envoûté les spectateurs de leurs mouvements gracieux et langoureux. Photo : Mark Whittington

Le groupe de comédie musicale 1-2 allie avec brio chant et musique et a bien fait rigoler la salle avec son numéro «Les étrangers comme moi». Photo : Mark Whittington 

Léa Mayrand, du groupe de ballet 2-3, danse dans les pas de sa mère Manon et de son père Francis, tous deux instructeurs de La Girandole et anciens Zéphyriens. Photo : Mark Whittington

Les Plein Soleil, troupe jeunesse de Rivière-la-Paix, participaient pour la première fois à un spectacle de La Girandole. Photo : Mark Whittington 

Toute l’école de danse réunie sur scène pour célébrer leur incroyable prestation. Photo : Mark Whittington

Le 8 mai dernier, le ministre des Langues officielles, Randy Boissonnault, a voulu appuyer son collègue libéral Francis Drouin qui a traité deux témoins de «plein de marde», lors d’une réunion du Comité permanent des langues officielles.

Boissonnault, qui s’identifie comme Franco-Albertain, a contesté l’idée selon laquelle étudier en anglais encourage l’anglicisation, en se basant sur sa propre expérience.

«Je ne pense pas parce que quand on a des francophones qui étudient en Alberta, comme moi j’ai fait au Campus Saint-Jean, ça n’a pas francisé la province de l’Alberta. Et si on regarde le nombre d’étudiants qu’on a au Québec, ça n’anglicise pas la province non plus», a-t-il déclaré le 8 mai dernier devant des journalistes.

Quelques heures plus tard, questionné sur cette déclaration du ministre en conférence de presse, Yves-François Blanchet a répliqué que «personne ne pense que d’étudier en français en Alberta va faire en sorte que les gens qui vont sortir de l’université vont travailler en français. Il n’y a personne qui travaille en français en Alberta, à part les profs de français».

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Nathalie Lachance est la nouvelle présidente de l’ACA. Photo : Courtoisie

Un débat sur les réseaux sociaux

Une journaliste de Francopresse a rapporté les propos du chef bloquiste dans une publication sur X, ce qui a mené à de vives réactions.

Parmi elles se trouvait celle d’Amy Vachon-Chabot, directrice générale adjointe de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), qui citait des chiffres du recensement de 2021 pour affirmer que 25 000 personnes travaillaient en français en Alberta.

Selon Statistique Canada, «en 2021, 21 770 travailleurs et travailleuses résidant dans la province utilisaient le français au moins régulièrement au travail». 30,6 % d’entre eux travaillaient dans les services d’enseignement, laissant environ 70 % aux autres domaines.

Toujours sur la plateforme X, Yves-François Blanchet a commenté la réponse une première fois le 9 mai, défendant que son propos «était une image» et que malgré la petite taille des communautés franco-albertaines, elles «n’en sont pas moins légitimes». 

Il est ensuite revenu sur X trois jours plus tard pour ajouter, entre autres, «qu’une personne engagée dans une institution qui promeut le français en Alberta – ce qui est très souhaitable – suggère que tout va bien pour le français hors-Québec a quelque chose de naïf».

Comme la réaction de l’ACFA à cette dernière publication du chef du Bloc québécois dépassait la limite de caractères d’une publication X, l’organisme a écrit une lettre ouverte au chef du Bloc québécois et l’a publiée sur son site.

Le titre de la lettre : Si nous n’osons plus rêver, à quoi bon lutter? Longue vie aux rêveurs de la francophonie.

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«Un manque de connaissances»

Dans la lettre, l’ACFA accuse Yves-François Blanchet d’avoir traité leur employée de «naïve». Toutefois, dans sa publication X, c’était plutôt la suggestion que tout va bien pour le français hors Québec que le politicien qualifiait de naïf.

«La réponse de notre employée ne disait pas que tout va bien», rétorque la présidente de l’ACFA, Nathalie Lachance, en entrevue avec Francopresse. «Elle disait qu’on fait des avancées, qu’on continue de travailler fort.»

D’ailleurs, l’ACFA réitère le réalisme dont elle fait preuve dans sa lettre : «Nous sommes conscients qu’il faut être vigilants, car l’assimilation guette.»

La lettre, signée par Mme Lachance, est aussi une réponse aux propos qui circulent depuis la réaction d’Amy Vachon-Chabot sur X.

Sur les réseaux sociaux comme sur la scène politique, l’ACFA témoigne d’une méconnaissance de la réalité franco-albertaine.

«Les commentaires qui ont été faits à l’égard de la francophonie albertaine étaient déplacés, dit Nathalie Lachance. Je crois qu’ils reflétaient un manque de connaissances de ce qui se passe sur le terrain, au quotidien, même au niveau des statistiques.»

Selon elle, toute cette situation «reflète le besoin de partager plus souvent ce qui se passe à l’extérieur du Québec».

La lettre de l’ACFA rappelle la hausse du nombre de Franco-Albertains depuis 1991 qui a eu lieu en dépit d’une baisse de leur poids démographique. Cependant, selon Statistique Canada, l’Alberta est la seule province de l’Ouest ayant enregistré une diminution du nombre de personnes pouvant soutenir une conversation en français entre 2016 et 2021. 

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Oser rêver

«Vivre en situation francophone minoritaire, c’est notre réalité au quotidien. Nous ne sommes pas naïfs et nous sommes bien au fait des limites de cette réalité. Je ne vous dirai donc pas que c’est toujours facile et automatique, loin de là», écrit Nathalie Lachance dans la lettre.

«Nous ne sommes pas naïfs, poursuit-elle. En fait, je crois plutôt que nous osons rêver.»

En entrevue, elle précise que rêver, «ça parle d’espoir, […] d’imaginer notre futur, de continuer à voir nos enfants et nos petits-enfants dans les écoles francophones, d’avoir de plus en plus d’écosystèmes où nous pouvons parler français, de pouvoir interagir et vivre en français de façon plus régulière».

Si l’assimilation guette, l’ACFA ne baisse pas les bras. Elle a même des raisons de célébrer, car comme mentionné dans sa lettre, l’Alberta est passée de deux écoles francophones en 1984 à 43 écoles francophones en 2024.

En mars dernier, le gouvernement albertain annonçait qu’il allait financer huit nouveaux projets d’école, ce qui ne sera pas chose perdue étant donné que 75 000 enfants sont admissibles à l’éducation francophone en Alberta.

«Si nous n’osons plus rêver, à quoi bon lutter?» questionne encore la présidente dans sa lettre.

Yves-François Blanchet n’était pas disponible pour une entrevue.

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Le groupe Diamond Highway a occupé la scène samedi soir. Le concert était diffusé sur les ondes de Nord-Ouest FM, sur Facebook et même sur YouTube. Photo : Justine Dubrûle

Vendredi soir, plusieurs musiciens et artistes, anglophones et francophones, provenant de partout dans la région, ont pris part au «Jam à Joël» animé par le président de la Société CKRP Radio Rivière-la-Paix, Joël Lavoie. Puis, samedi en journée, de nombreuses personnes se sont déplacées pour jouer au bingo spécial et déguster une poutine. Plus tard dans la journée, les artistes locaux ont offert des prestations qui ont été diffusées sur les ondes de la radio.

Le radiothon fait partie d’une campagne de financement beaucoup plus large. Tout au long de mai, Nord-Ouest FM tente d’amasser plus de 40 000 $ afin de combler un manque de fonds provoqué par un financement par projet en dent de scie. 

Le Jam à Joël a été une réussite grâce à la participation de douze artistes qui se sont déplacés de tous les coins de la région pour l’occasion. Photo : Justine Dubrûle

Au moment d’écrire ses lignes, la Société CRKP avait amassé la moitié de la somme visée, mais elle compte sur la générosité des gens et l’engagement des associations et des entreprises pour atteindre son objectif.  

Encore une fois cette année, l’ACFA régionale de Rivière-la-Paix se démarque dans son engagement envers la radio en versant 5 000 $ en achat de publicité, en commandite et en don. Le Conseil scolaire du Nord-Ouest a aussi renouvelé sa commandite, à hauteur de 2 000 $, au magazine culturel Accent Nord-Ouest pour la troisième année consécutive. 

Nombreux sont les particuliers qui ont aussi donné d’importantes sommes, alors que plusieurs entreprises locales ont l’intention de signer des contrats publicitaires sous peu. Le conseil d’administration a donc bon espoir d’atteindre ainsi son objectif. 

Il est toujours possible de faire un don ou de devenir membre de Nord-Ouest FM durant toute l’année. 

Glossaire – Bingo : Jeu de loto organisé en public

Les médecins, pourtant de bonne foi, disaient à leurs patients que tout allait bien, qu’ils étaient en pleine santé et que leurs symptômes étaient dans «leur tête». À dire vrai, ce syndrome ne portait même pas de nom. 

Il faut reconnaître que la variabilité de ses manifestations a contribué à ce vide de diagnostic. De surcroît, les patients qui en souffrent ne présentent pas toujours les mêmes symptômes ni ne les vivent avec la même intensité. Difficile de diagnostiquer une maladie qui demeure si vague et si difficile à décrire. D’autant plus qu’il n’existe aucun test diagnostique qui puisse la confirmer avec certitude. 

Toutefois, cet état de fait s’est modifié catégoriquement depuis la reconnaissance de la fibromyalgie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1992. En effet, on lui attribuait alors une identité diagnostique propre en lui associant un code de la classification CIM-10. Elle ne pouvait plus désormais être confondue avec un trouble psychiatrique. On admettait finalement que la douleur généralisée qu’elle engendre était bien réelle. C’est la maladie du «mal partout» et du «mal tout le temps».

Lorsque j’étais étudiante en médecine, on utilisait depuis peu le test des 18 points douloureux à la pression comme critères pour établir le diagnostic. Ces points, répartis sur l’ensemble du corps, sont généralement sensibles au toucher pour tous les sujets sains, mais le seraient davantage pour les sujets atteints de fibromyalgie. Aujourd’hui ce test diagnostique ne tient plus. 

Il suffit que le patient rapporte des douleurs généralisées (en haut et en bas de la ceinture, à gauche et à droite du corps, puis au niveau axial) et que celles-ci durent depuis au moins trois mois. Le mal s’accompagne le plus souvent de fatigue et de troubles de la cognition. 

Les symptômes peuvent fluctuer dans le temps, mais ne disparaissent jamais complètement. Il en reviendra au médecin traitant de s’assurer d’avoir éliminé toutes les autres causes pouvant expliquer ces symptômes avant de conclure au diagnostic de fibromyalgie. 

Des causes difficiles à cerner

La fibromyalgie peut s’en prendre à tous les individus de la société, adultes et enfants. Elle atteindrait 2% de la population canadienne, mais toucherait plus particulièrement les femmes, dans 80 à 90% des cas, âgées entre 20 à 50 ans. 

La recherche démontre que la probabilité de développer cette maladie est plus élevée si un membre de la famille en souffre. Jusqu’à 28% des enfants nés de mères souffrant de fibromyalgie en hériteront. 

Il n’est pas rare qu’un traumatisme physique ou émotionnel soit à l’origine de cette affection, comme le décès d’un être cher, une maladie grave, une infection, une chirurgie ou un accident de la route. 

Il est aussi reconnu que la maladie puisse s’établir progressivement sans déclencheurs traumatiques remarquables. Les personnes touchées par la fibromyalgie présentent aussi fréquemment et simultanément différentes maladies auto-immunes, dont l’arthrite rhumatoïde, le lupus, la spondylite ankylosante et l’arthrose. 

Néanmoins, il est utile de rappeler que la fibromyalgie n’appartient pas à la catégorie des maladies inflammatoires, car il n’y a ni inflammation ni signes de destruction permanente au niveau des articulations, des os et des tissus mous. Bien qu’inquiétante, elle n’est ni dangereuse ni mortelle.  

Toutefois, la fibromyalgie s’accompagne souvent d’autres entités pathologiques comme le syndrome du côlon irritable, la cystite interstitielle, le syndrome de fatigue chronique, la tachycardie posturale, le syndrome des jambes sans repos, la dépression, l’anxiété, la céphalée de tension et un trouble de l’articulation temporo-mandibulaire. 

Sans compter que la constellation de symptômes qui accompagne la fibromyalgie s’avère plutôt invalidante : douleurs généralisées, douleur à la pression, courbatures, sensation de picotement, insomnie ou sommeil non réparateur, asthénie, intolérance à l’effort, vertiges, troubles de la mémoire et de la concentration – fibro-brouillard -, irritabilité, céphalées/migraines, sensibilité aux changements de température, au bruit, à la lumière et aux odeurs, fréquence accrue de réactions allergiques. Certains de ces symptômes peuvent être absents ou moins encombrants. Ils évoluent par poussées et rémissions. 

Jusqu’à ce jour, la cause précise de la maladie n’a pas été identifiée. Cependant, la communauté médicale accepte qu’il existe une hypersensibilisation des voies nerveuses au niveau du cerveau et de la moelle épinière, c’est-à-dire que les patients ressentent les sensations douloureuses et même non douloureuses beaucoup plus intensément qu’une personne normale. Il existerait une anomalie de la régulation centrale de la douleur, ce qui favoriserait une diminution du seuil de perception. Ensuite, le cerveau développe un souvenir de la douleur qu’il diffuse en boucle. 

Le stress est probablement le facteur le plus nuisible à la maladie. En second lieu vient sa non-reconnaissance par le médecin traitant et par l’entourage. Il est extrêmement délétère pour le patient que sa douleur ne soit pas admise. Ainsi, plus le patient sera informé sur sa maladie et mieux il s’en portera. 

La CIM-10 est la classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes. Cette dixième version a depuis été actualisée pour devenir la CIM-11. Cette classification représente la norme internationale pour l’évaluation de l’état de santé de l’être humain.

Adoucir sa vie avec la fibromyalgie

Avec une certaine dose de résilience, les patients développent avec le temps des méthodes pour atténuer leurs symptômes. Il n’existe aucun traitement curatif et lorsque des médicaments sont prescrits, cela demeure à titre d’essai thérapeutique puisqu’ils se révèlent peu efficaces et peuvent comporter des effets secondaires indésirables. Ce qui est plus bénéfique pour le patient, c’est qu’il prenne part activement à son rétablissement en modifiant ses habitudes de vie.  

De nombreux médicaments pourraient être prescrits par votre médecin en fonction de la prédominance de douleurs, mais un programme d’exercice régulier et modéré est de loin le meilleur allié de toute personne souffrant de fibromyalgie. 

Les étirements, les exercices de renforcement musculaire, les exercices d’endurance, le taïchi et le yoga sont à préconiser. Les exercices à impact élevé, tels que la course, la boxe, le jogging et la danse aérobique, sont à éviter, car ils risquent d’induire davantage de malaises. 

Il peut être sage de consulter un physiothérapeute qui pourra concocter un programme sur mesure pour ne pas vous infliger de blessures. Par ailleurs, ils peuvent offrir différentes options telles que l’hydrothérapie, la massothérapie et l’acupuncture. 

Maintenir une bonne hygiène de sommeil est essentiel pour que le corps et l’esprit récupèrent. Si vous souffrez de cette maladie, assurez-vous de dormir dans un lieu confortable, sombre, sans bruit, pas trop chaud et comportant une literie confortable. Il est préférable d’éviter d’utiliser les écrans (ordinateur, tablette, téléphone) quelques heures avant de dormir. Le manque de sommeil pourrait exacerber les symptômes de la fibromyalgie. 

La réduction du stress est aussi primordiale. Prenez le temps de méditer chaque soir. Dans un même ordre d’idées, allouez-vous de petits moments de relaxation durant la journée (exercices de respiration profonde). Ne bousculez pas votre routine. Respectez votre propre rythme. N’en faites pas trop ou pas assez; établissez votre juste milieu. Ne laissez pas votre entourage bousculer vos limites. Consultez un psychothérapeute pour vous aider à y voir clair. 

Ce faisant, continuez à adopter de saines habitudes de vie, une diète équilibrée, une vie sans fumée et sans alcool. Armé de ces bons conseils, vous aurez du succès.

Glossaire – Irritabilité : Propension aux réactions de colère

Maxim Olshevsky, le président-directeur général de Peoplefirst Developments et d’Astra Group. Photo : Justine Leblond

Personne ne devinerait, en passant devant le Cornerstone, dans le centre-ville de Calgary,  que le bâtiment, dorénavant résidentiel, était un ancien immeuble de bureaux. À l’intérieur, les logements ressemblent à des appartements neufs avec, en prime, de grandes fenêtres et une lumière du jour qui traverse le logement de part en part.

Cet immeuble a été converti en résidences par Maxim Olshevsky, le président-directeur général des groupes immobiliers Peoplefirst Developments et Astra Group. «On a commencé ce projet en 2022. C’est une conversion d’une tour de bureaux de 130 000 pieds carrés.» La façade a été entièrement refaite, des balcons ont même été bâtis. «Ce projet va abriter environ 112 logements, de deux ou trois chambres. Jusqu’à 500 personnes pourront vivre ici», complète le promoteur. Les premiers locataires investissent les lieux en avril, avec un loyer mensuel dans la moyenne du marché actuel du neuf : entre 2 000$ et 2 900$ pour un deux chambres et une salle de bain. 

La ville de Calgary bat le record de l’augmentation des loyers pour l’année 2023, avec une hausse de plus de 14%. Il faut dire que les offres sont peu nombreuses sur le marché. «Nous avons plus de demandes que d’inventaires», commente Paula Leemans, agente immobilière depuis plus de 25 ans en Alberta. «Les logements à vendre se vendent tous très rapidement, nous sommes pratiquement toujours en offres multiples.» 

«Les appartements neufs sont toujours relativement plus chers. Quand on regarde les prix des condos, ils ont augmenté, d’après les dernières données, d’environ 15% en un an. Le coût des loyers augmente aussi, mais c’est à cause de la pression forte qu’on a sur la demande», ajoute Charles Saint-Arnaud, économiste en chef chez Alberta Central

Ken Toews, le vice-président du promoteur immobilier Strategic Group. Photo : Justine Leblond

Moins gourmands en ressources

Le Cornerstone est loin d’être le premier gratte-ciel à être converti en logements dans le centre de Calgary. Quelques rues plus loin, il y a le Cube – 65 appartements -, un projet terminé en 2019 par Ken Toews, vice-président de Strategic Group. 

À l’intérieur du bâtiment, seuls les ascenseurs du sous-sol et le stationnement ont été conservés. «Nous voulons que les conversions donnent l’impression d’un bâtiment flambant neuf», explique Ken Toews pendant une visite. 

«Il a clairement fallu modifier certains plans d’appartements pour que ça marche, il y a une plus grande variété de modèles en raison de la configuration du bâtiment. Ici, par exemple, il y avait une sortie de secours à l’entrée et l’appartement prévu dans cette partie ne s’y insérait pas. Nous avons donc dû totalement réaménager. Il faut vraiment être capable de s’adapter pour que ça fonctionne!», montre le promoteur.  

L’un des avantages mis en avant par les groupes immobiliers, en plus du temps gagné en ayant un bâtiment déjà construit, c’est l’aspect environnemental. «Les quatre bâtiments que nous convertissons en ce moment représentent 17 000 tonnes de gaz à effet de serre. Nous les conservons et environ 60 000 tonnes de matériaux de construction ne partiront pas à la décharge. La conversion d’un bâtiment par rapport à la construction d’une maison est très différente», détaille Ken Toews.

Paula Leemans, agente immobilière depuis plus de 25 ans en Alberta, à la tête de l’équipe PEAK Real Estate. Photo : Justine Leblond

Une solution parmi d’autres

Pour Paule Leemans, convertir des bureaux vides en logements participe à augmenter l’offre disponible même si cela ne suffira pas. «Compte tenu des défis actuels en matière d’approvisionnement et du temps nécessaire pour la conversion, ces efforts ne seront probablement pas suffisants pour satisfaire tous les besoins en demande dans notre ville», analyse l’agente immobilière. Plus de 202 000 nouveaux résidents ont rejoint la province au cours de 2023, une hausse record pour l’Alberta. 

Selon l’économiste Charles Saint-Arnaud, les conversions de bureaux vides en logements, «ça fait partie de la solution, mais ce n’est pas la seule, car ça demande énormément de nouveaux logements pour accueillir tous les nouveaux résidents, donc la construction immobilière ne peut pas suivre le même rythme». 

Plus de douze tours de bureaux sont en train d’être converties en logements à Calgary dans le cadre du plan de réhabilitation du centre-ville lancé, il y a deux ans, par la mairie, à une époque où le centre-ville avait atteint un pic avec un taux d’inoccupation de 34%  Depuis 2014, le centre-ville est désert. 

«C’est quand le secteur du pétrole et du gaz a commencé à entrer en récession, alors que notre centre-ville était en grande partie aménagé pour accueillir des bureaux commerciaux de cette industrie», explique Natalie Marchut, directrice du développement stratégique du centre-ville à la mairie de Calgary. 

Pour redynamiser le centre-ville et apporter une réponse à la crise du logement, la Ville offre aux propriétaires immobiliers 75$ pour chaque mètre carré d’espace de bureau transformé. «On est désormais à 29 % de bureaux vacants, ce qui est une bonne nouvelle. Notre objectif est de convertir six millions de pieds carrés de bureaux dans le centre-ville d’ici 2031, nous avons un plan établi sur dix ans», détaille Natalie Marchut. 

Personne ne s’en cache, convertir des bureaux vides en logements sera loin de suffire pour faire face à la crise immobilière actuelle, la plus importante de l’histoire du Canada. Cela fait toutefois partie de la solution : de plus en plus de grandes villes canadiennes, comme Toronto et Vancouver, s’inspirent de l’exemple de Calgary.

Glossaire — Offres multiples : Plusieurs offres d’achat sont effectuées pour un bien, ce qui entraîne à la hausse le prix de vente initialement demandé.

Ramiro et Myrna ont quitté Calgary, direction le sud de la province et Lethbridge, pour y trouver un logement à bon prix. Photo : Courtoisie

«Le coût de la vie était devenu trop cher pour nous à Calgary et comme on avait des amis à Lethbridge, on s’est dit que ce serait le temps d’y déménager. On est très heureux de notre décision», résume Ramiro Najera, un père de famille qui s’est relocalisé dans le sud de la province avec sa femme, Myrna, et ses enfants au début de l’année 2024.

Comme tant d’autres, leur départ a été précipité par une hausse soudaine et considérable de leur loyer qui les a obligés à revoir leur ordre de priorités. «De notre côté, c’était une augmentation de 60% qui nous aurait amenés à un loyer de 2100$ par mois», relate-t-il.

Heureusement, le couple, qui travaille dans les secteurs du service à la clientèle et de la restauration, avait la souplesse nécessaire pour décrocher un nouvel emploi dans sa nouvelle localité. Ils ont également réussi à dénicher un loyer affiché à 1300$, un montant similaire à ce qu’ils déboursaient autrefois dans la métropole albertaine. «J’ai entendu toutes sortes d’histoires par rapport à l’augmentation des loyers, mais c’est différent quand ça vous impacte directement», lance Ramiro. 

Malgré le déracinement, l’intégration dans leur nouvelle communauté se déroule plutôt bien pour les Najera. Lethbridge offre moins d’activités et est «beaucoup plus tranquille» que Calgary, mais cela permet à la famille de faire des économies. «Les magasins ferment à vingt-et-une heures, alors on n’a même pas le temps de sortir et de dépenser l’argent que l’on n’a pas. C’est bien, c’est un endroit très familial», mentionne-t-il avec une pointe d’humour.

Nadine Faule est une courtière immobilière dans la grande région de Calgary. Photo : Courtoisie

Une tendance en croissance

La courtière immobilière Nadine Faule, qui se spécialise dans la relocalisation de francophones à Calgary, voit de plus en plus de clients s’éloigner de Calgary pour trouver du logement. Lethbridge, Medicine Hat et Drumheller sont parmi les destinations les plus prisées ces temps-ci, tandis que les régions environnantes de la métropole, comme Cochrane ou Okotoks, deviennent également de moins en moins accessibles en termes d’abordabilité. 

«Le [fossé] entre les prix à Calgary et ceux de ses environs s’est considérablement réduit. C’est pourquoi les gens cherchent maintenant à s’éloigner encore davantage pour trouver des prix abordables», résume-t-elle.

Si certains locataires fuient Calgary pour trouver des loyers moins onéreux en région, les acheteurs emboîtent également le pas, face à la courbe de croissance phénoménale des prix des maisons. D’après le dernier rapport publié par Royal LePage en avril, le prix moyen des maisons à Calgary a grimpé de 9,7% en un an pour atteindre 676 400 $ au premier trimestre de 2024.

«Les prix ont tellement augmenté dans les dernières années que si les gens ont un budget en dessous de 350 000$ et qu’ils ne veulent pas vivre dans un appartement ou dans le nord-est de la ville, ils ne peuvent juste plus acheter», raconte la courtière. 

Evelia Magalí Careaga et son conjoint ont vu cette explosion des prix les exclure du marché au cours des dernières années. Le couple et ses enfants avaient quitté Montréal, il y a deux ans, dans l’espoir de se trouver une maison moins dispendieuse à Calgary, mais l’abordabilité qui les avait attirés s’est presque totalement dissipée depuis. 

«Quand on est arrivés, les maisons n’étaient pas trop chères, alors on a décidé d’attendre et de voir si on s’adapterait à la ville avant d’acheter, mais les prix ont complètement basculé depuis. Ça a monté, monté, monté», explique-t-elle.

Evelia Magalí Careaga ne peut se résoudre à quitter Calgary et imposer un nouvel exil à ces enfants et son conjoint, mais le prix prohibitif des maisons risque d’être le facteur déclenchant. Photo : Courtoisie

Se loger vient avec des sacrifices 

Le couple envisage désormais de quitter vers Edmonton pour trouver une maison individuelle à un prix décent. Selon les évaluations, ces domiciles se situent à un prix médian de 485 500$ dans la capitale, bien en deçà des 774 000$ auxquels on peut s’attendre à Calgary. Mais leur décision n’est pas encore définitive puisqu’elle exigerait un nouvel exil pour cette famille de quatre. 

«Quand on compare le prix des maisons avec quatre chambres, on se rend compte qu’à Edmonton, c’est vraiment plus dans notre budget, mais, moi, je préfère rester ici», explique Evelia.

Il y aurait encore la possibilité d’acheter à Calgary, mais si la famille choisit cette option, elle devra faire de grands compromis sur l’espace et trouver un logement de deux chambres. «J’ai deux enfants et ils vont grandir. Pour le prix que je peux payer, nous n’aurions pas d’autre choix que d’avoir seulement deux pièces et ça ne fonctionne pas sur le long terme», ajoute-t-elle.

Evelia et son conjoint s’accordent jusqu’à la fin mai pour évaluer leurs options, éplucher les offres d’emploi à Edmonton et déterminer ce qui sera le mieux pour leur famille : sacrifier de l’espace ou s’aventurer dans une nouvelle ville. «Quand tu es découragé, tu veux juste partir, mais c’est important de faire ses recherches pour prendre la meilleure décision possible», lance-t-elle enfin.

Peu de temps après son arrivée au pouvoir, le jeune Trudeau s’est efforcé de mettre en œuvre ses promesses électorales telles que la légalisation du cannabis, des mesures fiscales pour alléger le fardeau des ménages, l’amorce d’une réforme du Sénat, de même qu’une taxe fédérale sur le carbone, sans oublier la négociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) et la signature de l’Accord de Paris sur le climat. 

C’est aussi durant la première année de son mandat, en octobre 2016, que l’Accord économique et commercial entre le Canada et l’Union européenne (CETA) sera signé, et ce, dans la continuité des négociations entamées par le précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Mais la popularité de Justin Trudeau sera lourdement affectée par des enquêtes d’éthique : d’abord en 2017, où le premier ministre est accusé d’avoir accepté en 2016 des vacances gratuites sur une île privée des Caraïbes appartenant à l’Aga Khan, un riche leader spirituel chiite des ismaéliens nizârites, puis en 2019, cette fois dans l’affaire SNC-Lavalin où l’on reproche au premier ministre d’avoir fait pression sur la procureur générale Jody Wilson-Raybould afin que celle-ci n’intervienne pas dans un dossier pour corruption en vue d’obtenir des contrats en Afrique du Nord. 

Outre ces reproches de conflits d’intérêts, le refus du premier ministre de s’engager à ne pas contester devant les tribunaux la Loi québécoise sur la laïcité de l’État, en 2019, lui vaudra les foudres du Canada anglais.

Au pays des gouvernements minoritaires…

Étant donné les prises de position impopulaires de son adversaire conservateur Andrew Scheer, qui a eu beaucoup du mal à clarifier les orientations de son parti sur des questions sociales sensibles telles que les droits LGBTQ+ et l’avortement, Trudeau sera de nouveau reconduit comme premier ministre à l’issue des élections fédérales de 2019. Or, son parti ne disposant pas d’une majorité absolue, il sera contraint toutefois de former un gouvernement minoritaire. 

Ce second mandat sera marqué, entre autres, par une série de dépenses imprévues, mais nécessaires, en pleine pandémie de COVID-19, par l’interdiction des armes d’assaut le 1er mai 2020 en réaction à la tuerie de Portapique en Nouvelle-Écosse, ainsi que par une troisième enquête d’éthique liée au scandale WE Charity en 2020, organisme financé à coup de millions par le fédéral et avec lequel le premier ministre et sa famille avaient même été rémunérés par le passé pour des apparitions lors d’événements publics. 

Toutefois, bien décidé à obtenir la majorité absolue, Trudeau provoquera à nouveau des élections fédérales anticipées, en septembre 2021, qui verront les libéraux arriver en tête face au Parti conservateur dirigé par Erin O’Toole. Mais une fois de plus, Trudeau doit composer avec un gouvernement minoritaire. 

C’est durant ce troisième mandat qu’il fera face au «convoi de la liberté». Face à des camionneurs de partout au pays et bien décidés à en découdre avec les mesures sanitaires imposées par Ottawa, Trudeau se retranchera derrière la Loi fédérale sur les mesures d’urgence. Ce troisième mandat verra également le lancement de sanctions économiques contre la Russie et l’envoi d’aide militaire à l’Ukraine en réponse à l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.

Un sursaut patriotique en 2025

Nous sommes à dix-huit mois de la prochaine élection fédérale. La question n’est pas tant de savoir si Justin Trudeau doit se représenter, mais plutôt s’il en a encore l’envie et surtout l’énergie. Comme chacun sait, l’actuel premier ministre nous dit depuis assez longtemps déjà qu’il a bien l’intention d’être au rendez-vous. C’est non seulement un héritage de son père, mais c’est aussi dans sa nature… Sa vraie nature, c’est effectivement d’être un battant. 

Qui a oublié son combat de boxe le 31 mars 2012 contre le sénateur conservateur Patrick Brazeau au profit de la lutte contre le cancer? Ce soir-là, le destin politique de Trudeau, alors simple député d’une circonscription montréalaise, a pris un tournant majeur. À tous les journalistes qui l’interrogeaient, son entraîneur, Ali Nestor, a répondu : «Il m’a demandé si je le croyais capable de livrer un combat. Il m’a convaincu en s’imposant tous les sacrifices à l’entraînement. J’avais confiance en lui».

Bien évidemment, la durée d’une personnalité politique de ce rang ne se détermine pas uniquement à partir de ce genre de critère et de son charisme, si dominant soit-il. Il faut également savoir maintenir la confiance des cadres de son parti et de son électorat partisan. Pour ce faire, il faut un vrai projet politique afin d’élargir son soutien, tant au centre du spectrum politique, lieu habituel du Parti libéral, qu’à gauche; une aile sociale très attachée aux valeurs démocratiques, éprises de justice et préoccupée, non sans raison, par des questions environnementales et climatiques. 

Le premier ministre l’a bien compris, lui qui n’a pas hésité à conclure une alliance avec le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, afin d’éviter une défaite en chambre sur une motion de censure avant la date butoir d’octobre 2025. L’option a beau être déplorable par les partis de l’opposition qui lui reprochent depuis assez longtemps de s’accrocher au pouvoir. On peut aussi penser qu’il n’avait pas le choix. Reste que c’est un coup de génie politique et une réponse sociale significative à l’électorat.

Faire revivre la social-démocratie

Tandis que certains électeurs pourront lui reprocher de ne pas avoir réalisé la réforme électorale et certaines promesses en matière de réduction du déficit et de la taxation, que d’autres lui tiendront rigueur pour son passif de corruption ou ses lenteurs et ses hésitations dans l’application des protocoles environnementaux, une bonne portion de la social-démocratie canadienne verra très certainement dans les régimes nationaux d’assurance médicament et de soins dentaires une approche très progressiste et audacieuse, qui sera sans doute très difficile à contourner pour son principal opposant, le chef conservateur Pierre Poilievre. 

En réalité, ce contre quoi doit se battre Justin Trudeau s’il compte remporter la prochaine élection fédérale, ce n’est ni l’image d’un homme épuisé ni celle d’une réputation ternie, qui manque d’intégrité et de conviction. C’est davantage contre l’image d’un homme que des années de pouvoir politique peuvent détacher des réalités et des besoins des gens. D’où le lien avec l’énergie et la passion dont je parlais précédemment. Or, sur ce plan, me semble-t-il, Trudeau a fait ses preuves. 

Quant à savoir comment une autre question sociale comme celle du logement pourrait dominer la prochaine campagne électorale, le moins qu’on puisse dire, c’est que l’opposition conservatrice n’est guère plus crédible, elle qui applique la causalité immigration/pénurie de logement. P. Poilievre a souvent fait valoir, par toutes sortes de fakes news, que le gouvernement Trudeau a «ouvert les vannes» aux demandeurs d’asile et aux étudiants étrangers qui se retrouveraient désormais à la rue, «vendus pour la prostitution, pour les gangs», faute de logements.   

Pour finir, en matière de politique étrangère, le gouvernement Trudeau ne fait pas exception à la tradition canadienne défendant bec et ongles les droits et libertés. Bien que le premier ministre ait pu donner l’impression de ne pas avoir veillé à la souveraineté du Canada lors de la demande américaine d’arrestation de la directrice financière de l’opérateur téléphonique chinois Huawei, souvenons-nous que la malveillance de la Chine, les atteintes aux droits de la personne en Arabie Saoudite et en Russie, le nationalisme indien sont des sujets de sécurité nationale bien plus préoccupants. Quant à la position du gouvernement sur le conflit israélo-palestinien, elle tranche avec celle du Parti conservateur qui se range résolument dans le camp israélien.

Justin Trudeau est loin, très loin d’avoir dit son dernier mot.

À seulement seize ans, cette élève de 11e année à l’École Maurice-Lavallée peut déjà se targuer d’un palmarès impressionnant : championne provinciale avec les Strathcona Druids, capitaine de sa formation U16 en Alberta et membre d’équipes participant à des compétitions internationales… «Tout a commencé pendant l’été de ma sixième année, raconte-t-elle. Et c’est devenu plus sérieux [quelques mois plus tard], quand j’ai fait un camp au Québec avec le Collège Notre-Dame-de-Foy».

Elle se replonge avec nostalgie dans ces premiers moments de l’ovalie. «Ça a tout de suite cliqué, je suis tombée en amour», se remémore-t-elle. Le côté physique du sport, axé sur le contact, a été le premier élément qui l’a séduite. Puis, quelques mois plus tard, lors du tournoi international Los Angeles 7’s auquel elle a participé avec la MacDowell Rugby Academy, elle a aussi découvert le côté communautaire qui l’a rapidement captivée. Son talent naturel pour le sport est également un atout majeur.

Lors d’un tournoi en Floride cette saison, la contribution de la jeune sensation franco-albertaine a notamment permis à son équipe de se hisser à la cinquième place parmi les vingt-quatre formations canadiennes et américaines présentes. «C’était une belle performance», résume Madeleine. Fin 2023 et début 2024, malgré son jeune âge, Madeleine s’est déplacée du côté de l’Université de la Colombie-Britannique pour participer à un camp de recrues.

Mais alors qu’elle s’approche maintenant de la fin de son parcours secondaire, la jeune athlète demeure incertaine quant à la direction que prendra sa carrière sportive. «Je vais prendre les opportunités qui s’offrent à moi grâce à mon sport», souligne-t-elle. Sans partager d’objectifs précis, elle évoque la possibilité d’une participation en coupe du monde si elle arrive à atteindre un assez haut niveau pour se qualifier dans l’équipe nationale. Mais avant de franchir ces étapes, elle doit d’abord décider si elle souhaite poursuivre son parcours au niveau universitaire ou s’engager au sein d’une équipe provinciale.

Quelques notions du rugby à sept : 

Chris Sandy Nesbitt est le directeur général de Rugby Alberta. Photo : Courtoisie

Plusieurs options de développement 

Le rugby en Alberta a en effet la particularité de proposer deux voies de développement distinctes aux athlètes féminines. «Tout remonte au besoin d’équité dans le sport universitaire au Canada (U Sports). On devait avoir le même nombre d’athlètes masculins et féminins et le rugby féminin est venu compenser le nombre de places occupées par le football américain», explique Chris Sandy Nesbitt, directeur général chez Rugby Alberta.

Cette organisation chapeaute les unions de rugby à travers la province et les équipes de la ligue Wolf Pack qui offrent une seconde option de développement aux athlètes qui préfèrent passer par cette voie plutôt que par  l’université pour accéder à la scène nationale. «Le rugby féminin a vraiment progressé dans ces deux parcours de développement au cours des dernières années. Nos équipes provinciales sont fortes, mais nous avons surtout trois grandes universités qui ont d’excellents programmes, à Lethbridge, Calgary et Edmonton», ajoute le directeur général. 

Au niveau national, le Canada compte également une équipe à quinze joueuses qui excelle dans l’élite. Depuis 2002, cette formation se classe systématiquement parmi les six meilleures au monde, ayant notamment décroché une deuxième place en 2014 et, plus récemment, une quatrième position en 2021. L’équipe «nourrit également des espoirs de médaille» aux Jeux olympiques de 2024.

«Je pense que ce sport est aussi populaire et qu’on se démarque autant parce qu’on accepte le fait que les femmes puissent pratiquer des sports violents et agressifs. Ce n’est pas le cas partout», analyse Chris Sandy Nesbitt. Pour rappel, il n’y a aucune différence dans les règles du rugby féminin et masculin.

Madeleine Lemay constate, elle aussi, l’engouement pour le sport de contact qui se traduit par une demande de plus en plus élevée pour les camps de sélection de niveau junior. Récemment, précise-t-elle, «une centaine de filles s’essayaient pour être dans l’équipe à mon camp [de pré-saison]». Une tendance qui devrait se poursuivre si on en croit le directeur général de Rugby Alberta. «Nous avons connu une croissance énorme dans certaines de nos petites communautés, autour de Red Deer et Lethbridge par exemple», mentionne-t-il.

Bien qu’historiquement, les joueuses de l’équipe nationale provenaient surtout de l’est du pays, estime-t-il, cette tendance sera appelée à se renverser au cours des prochaines années, avec de plus en plus d’athlètes provenant de l’Alberta. De la fin avril à la fin mai, une série Nord contre Sud aura notamment lieu dans la province afin de permettre aux athlètes âgés de moins de 23 ans, hommes et femmes, de se faire remarquer par les dirigeants de l’organisation provinciale, mais aussi par Rugby Canada. «C’est un moment très important pour le développement» de ce sport dans la province, affirme-t-il.

GlossaireOvalie : Monde du rugby