le Mardi 21 mai 2024

Le choix de Arnaud Barbet, rédacteur en chef

Comme vous le savez certainement, la diversité franco-albertaine est multiple. Cet article en est le parfait exemple. D’abord par son autrice, Véronique Vincent, Franco-Albertaine depuis quelques générations déjà, mais aussi par son sujet puisqu’elle a décidé de mettre en lumière deux jeunes entrepreneurs franco-albertains d’origine congolaise et ivoirienne. Finalement, il était essentiel à mes yeux de citer le Campus Saint-Jean, l’établissement qui a aussi permis à ces jeunes de déployer leurs qualités entrepreneuriales en faisant face aux difficultés liées à leur vie étudiante.

(Article paru le 29 septembre 2022)

Kevin Mpunga et Jean Bruce Koua lors de la conférence Inventure$ organisée par Alberta Innovates. Photo : Courtoisie

Kevin Mpunga, Congolais d’origine et Albertain depuis 11 ans, a eu l’idée de créer une entreprise pour aider les étudiants edmontoniens à trouver du logement hors campus. Un logement qui n’est donc pas en lien avec l’université qui les accueille.

«Quand j’étais étudiant, j’ai eu beaucoup de difficultés à trouver où habiter», se remémore le PDG de l’entreprise. Il souhaitait avant tout vivre en résidence, mais il a vite changé d’avis après avoir calculé le coût du loyer.

De ces défis rencontrés alors qu’il était étudiant en 2e année du programme bilingue de sciences infirmières au Campus Saint-Jean a germé une idée. Créer une entreprise pour faciliter aux étudiants l’accès aux logements. Très vite, il l’a concrétisée. «Je me suis dit que je pourrais trouver une solution à ce problème d’une façon très accessible aux étudiants», partage le jeune entrepreneur.

Elev est ainsi né. C’est une plateforme qui simplifie la tâche aux locataires et aux propriétaires. En utilisant les services d’Elev, les étudiants peuvent trouver un logement, visiter virtuellement les lieux et trouver des colocataires.

Elev facilite aussi le processus de recherche pour les propriétaires en quête de locataires, les transactions financières associées aux loyers, ainsi que les communications entre les parties. Voilà la grande différence entre Elev et les autres plateformes pour trouver des chambres à louer, comme Kijiji et Facebook Marketplace.

«Je voulais quelque chose qui a rapport avec mon identité comme étudiant, mais que ça soit court et moderne.» La modification du mot «élève» et le tour était joué!

Jean Bruce Koua a rejoint l’équipe d’Elev comme responsable des opérations après avoir entendu la vision de Kevin. «Je connaissais des amis qui travaillaient avec Kevin et le côté des chiffres m’intéressait», explique l’étudiant qui obtiendra, en décembre, son baccalauréat en arts avec une majeure en économie et une mineure en sciences politiques de l’Université de l’Alberta. Il ne va pas s’en dire que lui aussi avait connu des difficultés à trouver un logement quand il est arrivé de la Côte d’Ivoire pour ses études.

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Devenir entrepreneur, c’est aussi se relever les manches

«Une fois que la pandémie a commencé, c’était difficile. Les premiers mois, personne ne cherchait de logement», se souvient-il. De plus, la rentrée universitaire 2020 a été peu productive. En effet, la grande majorité des cours ont été offerts en ligne et les étudiants sont donc restés chez leurs parents ou dans leur famille. «C’est donc vraiment à la rentrée de 2021 que nous avons pu voir le potentiel de nos efforts.»

Lancer une entreprise, cela comporte un grand nombre de petites et de grandes étapes. Les deux plus fondamentales ont été le lancement de l’application mobile et du site web en juin 2021. «Plus nous avançons avec Elev et plus la prochaine étape devient claire, mais c’est sûr qu’il y a beaucoup d’essais-erreurs», raconte Kevin.

De jeunes entrepreneurs reconnus par leurs pairs

«À force d’être dans la communauté entrepreneuriale des technologies et des start-ups, beaucoup d’opportunités se présentent» à eux. L’équipe d’Elev a participé au concours de pitch (argumentaire de vente/présentation de l’entreprise) dans le cadre de la conférence Inventure$ qui a eu lieu à Calgary en mai dernier. Un événement où de jeunes entrepreneurs de partout au Canada ont présenté leur entreprise en démarrage devant un jury.

«Nous nous sommes bien amusés, car non seulement nous avons gagné la première place, mais nous avons fait du réseautage avec d’autres étudiants très motivés et intéressants», mentionne Kevin. «C’était bien de voir ce que nous avions en commun et d’entendre de leurs expériences.»

Peu après, les membres d’Elev ont voyagé encore plus au sud pour se rendre à Oklahoma, aux États-Unis, pour participer à un événement qui avait comme but d’attirer les jeunes talents à s’installer au pays de l’Oncle Sam.

L’événement comprenait un concours de pitch où Elev a remporté la deuxième place. «Je pense que notre pitch relate l’histoire de plusieurs étudiants, peu importe où nous allons à l’école, nous avons quelque chose en commun», explique Kevin. Et c’est bien là la force de cette petite entreprise : l’histoire derrière le concept.

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Jean Bruce Koua, responsable des opérations à Elev. Photo : Courtoisie

Plus tard dans l’été, Kevin et Jean ont été invités à Toronto pour une conférence. «On était très chanceux d’avoir eu des billets parce que c’était très cher, au moins 800$ par personne!»

Pour Jean, cela lui a demandé de faire des sacrifices afin de participer à tous ces événements avec son partenaire d’affaires. Il a dû choisir entre un emploi à plein temps et sa collaboration à Elev, un choix difficile, mais «une fois que la décision a été faite, je n’ai eu aucun regret!»

Selon Jean, cela lui a permis de développer ses compétences en communication, un très bel atout dans son domaine professionnel. «C’était vraiment bien de travailler pour quelque chose qui me motive et qui aide les autres», partage-t-il fièrement, heureux de gérer la croissance de l’entreprise.

Au cours des prochaines années, ces deux entrepreneurs s’imaginent partout au Canada à la rescousse de milliers d’étudiants qui ont de plus en plus de mal à trouver des logements universitaires ou «du moins dans les grandes villes canadiennes. Et après ça, on verra», s’exclame Kevin avec une étincelle dans les yeux qui en dit long sur sa motivation.

Glossaire Colocataire : Personnes qui cohabitent dans un même logement

Du 27 au 30 avril, trente étudiants du Campus Saint-Jean se sont rendus à l’Université McGill, à Montréal, afin de participer aux Jeux de la Science Politique 2023 (JDSP). Une belle occasion pour promouvoir la francophonie minoritaire ainsi que l’existence et la pertinence de l’éducation offerte au Campus Saint-Jean. Les étudiants en sont revenus les mains pleines de trophées!

IJL – RÉSEAU.PRESSE – LE FRANCO

Au début de l’année scolaire, Yaël Orsot et Nicholas Good, membres de l’Association des Universitaires de la Faculté Saint-Jean (AUFSJ), ont fait un plaidoyer afin de participer aux JDSP. Cet évènement rassemble plus de 250 étudiants qui, au cours d’une fin de semaine, se confrontent lors de diverses épreuves académiques, sociales et sportives. 

Parmi celles-ci, on dénombre le journalisme politique, le jeu-questionnaire (quiz), la négociation, le cas académique, le débat et le discours avec comme thématique commune la politique de l’Asie de l’Est. Les jeunes du Campus Saint-Jean (CSJ) ont choisi de représenter notamment la perspective de l’Indonésie. Les étudiants ont pu aussi se confronter lors de compétitions de handball et de futsal afin de donner un peu de légèreté à cette fin de semaine studieuse.

«Nous avons proposé les Jeux au doyen [Jason Carey] et une fois qu’il a approuvé le budget, nous avons créé une équipe», raconte Nicholas qui vient de terminer sa troisième année d’un baccalauréat en éducation (parcours secondaire). Il était important pour lui d’y participer, «c’était une bonne opportunité de présenter le Campus et de le mettre sur la carte, en plus de donner l’opportunité à nos étudiants de faire quelque chose relié à leurs études».

«C’était important de participer afin de présenter le Campus Saint-Jean. Oui, il existe! Le français hors du Québec existe et on est fort!». Nicholas Good.

«C’était important de participer afin de présenter le Campus Saint-Jean. Oui, il existe! Le français hors du Québec existe et on est fort!», s’exclame Nicholas même s’il n’étudie pas la science politique. Pour de nombreux étudiants, comme Skyla Séguin, l’occasion était énergisante*. Alors qu’elle vient de terminer sa première année au CSJ et qu’elle a étudié en français depuis la maternelle, elle en est persuadée que «c’était une bonne occasion de pratiquer mon français hors de l’école et de faire des amis en français hors de l’Alberta». Et pourtant, «je m’attendais aux commentaires sur notre français et notre accent, mais je ne m’attendais pas à un accueil si enthousiaste à McGill».

Inspirée par la préparation pour les JDSP, elle s’est décidée à effectuer une mineure en science politique à l’avenir. Ravie de son expérience à Montréal, elle a été très heureuse d’apprendre à son retour que le doyen du CSJ comptait envoyer une délégation pour les prochains Jeux de la Science Politique qui auront lieu en 2024 à Sherbrooke, au Québec.

Droits de la personne et minorité linguistique

Depuis novembre, Vanusha Ramsamy, étudiante au baccalauréat en éducation (parcours secondaire), s’est préparée pour son épreuve de cas académique afin de présenter, entre autres, «un travail de recherche et d’analyse d’à peu près 15 pages sur les enjeux qui affectent la jeunesse indonésienne».

Gabriella Soto, Vaibhov Goboodun et Vanusha Ramsamy se sont beaucoup amusés à présenter leur recherche faite dans le cadre de l’épreuve de cas académique. «C’était beaucoup de travail, mais ça a valu la peine!», exprime Vanusha Ramsamy. Photo : Courtoisie @bardon_photographie et @dav.jb.photo

«Notre recherche était vraiment centrée sur les droits de la personne, qui était le thème des Jeux», explique-t-elle. 

Respectant la thématique des Jeux, «notre recherche était vraiment centrée sur les droits de la personne, qui était le thème des Jeux», explique-t-elle. 

Vanusha a participé, car elle voulait «vraiment promouvoir le CSJ et la francophonie de l’ouest du Canada» et elle reconnaît que «c’était beaucoup de travail, mais ça a valu la peine!» Originaire de l’île Maurice, elle explique que «la francophonie en Alberta est très diversifiée. Nous avons des locuteurs de langue seconde, de langue maternelle, ainsi que des immigrants provenant de différents pays francophones». Elle ajoute que bien que «notre population de francophones soit peu nombreuse, je pense que nous pouvons avoir un impact important si on continue à promouvoir la francophonie albertaine auprès de ceux qui ne font pas partie de notre communauté».

«Nous sommes quand même isolés, ici, au CSJ et voir que notre éducation en français était au même niveau que ceux des grandes écoles à Montréal et de se placer en 5e place lors de notre première participation était une grande source de fierté.». Maya Mohammed.

«Nous sommes quand même isolés, ici, au CSJ et voir que notre éducation en français était au même niveau que ceux des grandes écoles à Montréal et de se placer en 5e place lors de notre première participation était une grande source de fierté. Je pense qu’on les [autres participants] a surpris», partage Maya Mohammed, étudiante en troisième année de science politique. La fière cocheffe de la première délégation du Campus Saint-Jean aux JDSP insiste, «avec notre première participation, on ne savait pas à quoi s’attendre, mais on a pris notre place et on a laissé notre marque».

Dans l’ensemble, l’objectif de la participation du Campus Saint-Jean aux JDSP allait plus loin que la réussite aux épreuves. «Je pense que si nous leur montrons que le Campus Saint-Jean existe et qu’ils ont la possibilité d’apprendre en français, on peut vraiment promouvoir la francophonie minoritaire», assure Vanusha.

 

Les gagnants des JDSP 2023

1 – Université de Sherbrooke

2 – Université Laval

3 – Université du Québec à Montréal

4 – Université McGill

5 – Campus Saint-Jean, Université de l’Alberta

6 – Université Concordia

7 – Université de Montréal

8 – Université d’Ottawa

Glossaire – Énergisante* : motivante, excitante

«Notre recherche était vraiment centrée sur les droits de la personne, qui était le thème des Jeux.». Vanusha Ramsamy.

Les écoles de Sherwood Heights, à Sherwood Park, ainsi que Holy Cross et Laurier Heights, à Edmonton, ont organisé un voyage dans l’Est pour leurs élèves. L’objectif : une immersion totale dans un milieu francophone afin de vivre au quotidien la langue française qu’ils parlent dans leurs écoles albertaines. Des moments mémorables pour la vie!

IJL – RÉSEAU.PRESSE – LE FRANCO

Jasper Lynn MacMilan, Makena Scharr et Rémi Wilkinson-Chouinard, trois élèves de 9e année de l’école d’immersion française Sherwood Heights, à Sherwood Park, ont fait un séjour dans l’Est du 6 au 12 avril. Leur itinéraire de voyage dans les villes d’Ottawa, Montréal et Québec était rempli d’activités soigneusement planifiées par leurs enseignants et accompagnateurs. Chanceux, ils ont même assisté à deux joutes de hockey, l’une des Sénateurs à Ottawa et l’autre des Canadiens à Montréal!

Makena Scharr et Jasper Lynn MacMilan, élèves de l’école Sherwood Heights. Photo : Courtoisie

«Mon activité préférée était la galerie d’art canadienne à Ottawa, c’était vraiment cool!», se rappelle Jasper, alors que Rémi a «beaucoup aimé un musée des fondations de la ville de Montréal». Pour Makena, son étape préférée, c’était la cabane à sucre, Rémi ajoutant que «j’ai rapporté comme souvenir du beurre d’érable!» 

«J’ai vraiment été surpris par la différence entre Montréal et Edmonton comme villes. Très contemporain, mais à la fois aussi très vieux. Et surtout, très grand!». Rémi Wilkinson-Chouinard.

Un autre moment mémorable de leur voyage a été d’admirer la métropole montréalaise de très haut. «Tous ensemble, nous sommes allés sur la grande roue à Montréal», dit Jasper. De là-haut, ils ont pu vraiment apprécier la ville. Rémi s’exclame, «j’ai vraiment été surpris par la différence entre Montréal et Edmonton comme villes. Très contemporain, mais à la fois aussi très vieux. Et surtout, très grand!»

Un voyage à la fois amusant et pédagogique

«Parfois, nous cherchions nos mots et une fois qu’on disait un mot en anglais, ils [les Québécois] nous répondaient en anglais.». Makena Scharr.

Pour Jasper, Makena et Rémi, l’occasion de parler français en milieu francophone minoritaire a été une expérience pleine de péripéties. «Parfois, nous cherchions nos mots et une fois qu’on disait un mot en anglais, ils [les Québécois] nous répondaient en anglais», a dit Makena. «Vraiment, on nous répondait souvent en anglais», renchérit Rémi, qui ajoute que «la chose la plus difficile que j’ai faite était de commander un subway en français».

«C’est vraiment intéressant d’être en immersion française et [un voyage dans l’Est]; c’est une opportunité d’expérimenter avec nos connaissances en français.». Milena Stojanov.

Milena Stojanov et Isabella Gonzales, deux élèves de l’école d’immersion française Holy Cross à Edmonton, étaient aussi dans l’Est en même temps que le groupe de Sherwood Heights. Elles étaient impatientes de participer à ce voyage scolaire. «C’est vraiment intéressant d’être en immersion française et [un voyage dans l’Est]; c’est une opportunité d’expérimenter avec nos connaissances en français», décrit Milena. 

«Pour moi, j’avais tellement hâte depuis la 7e année de participer», partage Isabella, qui a beaucoup entendu parler de ce voyage par les enseignants et les élèves plus âgés dès son arrivée à Holy Cross. «J’avais un peu peur que ça serait trop», dit Milena par rapport à l’itinéraire très chargé, similaire à celui de Sherwood Heights. Depuis qu’elle a vu celui-ci, elle anticipait la visite guidée hantée à Québec avec un grand enthousiasme. Elle explique que c’était «une visite guidée au Vieux-Québec d’un donjon pendant la nuit. C’était tellement dramatique!»

Les deux élèves de Holy Cross recommandent de faire un voyage scolaire comme le leur étant donné que «comme étudiants d’immersion [française], c’est bien de voir une culture où tout le monde parle français et de nous immerser dans la culture», explique Milena. 

Les dates du voyage dans l’Est de l’école Laurier Heights s’alignaient avec le festival hivernal

Le groupe de Laurier Heights devant le Château Frontenac, à Québec. Photo : Courtoisie

«C’était une expérience très incroyable», partage Mayra de l’école Laurier Heights. Son groupe est parti plus tôt dans l’année, au début de février. Leur première activité a été de participer au festival hivernal à Québec, nommé le Carnaval de Québec, énorme comparé à celui que son école organise dans la cour de récréation.  

«Du toboggan, des bricolages avec du cuivre, un escape room», liste Mayra en parlant de son itinéraire, lui aussi, plein d’activités. Elle n’oublie pas de remercier les enseignants accompagnateurs pour avoir si bien planifié ce voyage. «Ils étaient très joyeux et contents de passer plus de temps avec nous.»

À son retour, Mayra avait d’ailleurs très hâte de raconter son voyage à ses amis. «Je leur ai tous dit [que] c’était une merveilleuse expérience!» Elle ajoute, «tous les jours, on regarde les photos ensemble et on se rappelle de tous les souvenirs». Elle est très heureuse d’avoir eu un beau voyage avec son école. «C’était amusant de parler plus en français» avant de quitter pour l’école secondaire.

Le Flying Canoë Volant n’est pas inconnu des Edmontoniens. Ce qui l’est un peu plus, c’est le volet éducatif qui a lieu le mois d’avant. Celui-ci donne la part belle à l’histoire culturelle des communautés canadiennes-françaises, des Premières Nations et des Métis, tout en sensibilisant les nombreux jeunes qui se sont déplacés à La Cité francophone.
 
Véronique Vincent
IJL – Réseau.Presse – Le Franco
 
Cette année, l’expérience est interactive et encourage donc la participation du public. Animé par Felice Gladue, animatrice métisse de Beaumont, et par Roger Dallaire, conteur canadien-français de Saint-Paul, le programme était riche d’histoire et d’enseignements.
 
Cette année, c’était Émilie Ringuette qui était la coordonnatrice des ateliers éducatifs du Flying Canoë Volant. Elle avait très hâte de reprendre cette programmation qui a dû être mise sur pause pendant les trois années de pandémie. «Les écoles sont très enthousiastes de participer à nos ateliers et ça se remplit très vite», partage celle qui est originaire de Bonnyville.
 

Émilie Ringuette. «Le plus grand défi de mon travail est de mesurer le niveau de français des différents groupes d’élèves, car il faut parfois que je jumelle des groupes de différentes écoles d’immersion.» Crédit : Véronique Vincent

 
«Nous accueillons surtout des écoles d’immersion française, car c’est une programmation qui permet une immersion culturelle en lien avec le curriculum de l’Alberta.» Ces ateliers ne vont pas sans quelques difficultés. «Le plus grand défi de mon travail est de mesurer le niveau de français des différents groupes d’élèves, car il faut parfois que je jumelle des groupes de différentes écoles d’immersion.»
 
Laurie-Anne Lüchinger, originaire de Sherwood Park, est monitrice de langue française dans le cadre du programme Odyssée. Le 9 janvier dernier, elle a amené à La Cité francophone les 50 élèves d’immersion française de 7e année de l’école Sherwood Heights Junior High (Sherwood Park). Son expertise en animation et dans la préparation d’activités pour les élèves qui sont axées sur la communication orale en français et sur la culture francophone lui a permis d’apprécier amplement le travail effectué par les deux artistes présents ce jour-là.
 
«Les élèves ont adoré écouter, danser et chanter avec les animateurs!» Laurie-Anne Lüchinger
 
«Les élèves ont adoré écouter, danser et chanter avec les animateurs!» Pour elle, la programmation était bien adaptée au niveau de français des élèves. «Ils ont bien compris puisque Felice parlait en anglais et Roger en français.»
 

Tawow

C’est en langue crie que Felice Glaude souhaite la bienvenue au public qui entre dans la salle transformée en musée interactif pour l’occasion. On y retrouve des objets liés aux traditions des Métis, à la traite des fourrures et aux pratiques des peuples des Premières Nations, en plus d’une tente de trappeur. «J’ai des membres de ma famille encore en vie qui ont grandi dans une tente comme celle-ci!» Un clin d’œil pour démontrer que son histoire n’est pas si ancienne malgré la perception des enfants.
 
«J’ai des membres de ma famille encore en vie qui ont grandi dans une tente comme celle-ci!» Felice Glaude
 
La mère de Felice vient de Saint-Laurent, une communauté historique de la région de Rivière-Rouge au Manitoba. Son père, lui, est de la Barbade. Très fière de son héritage, Felice explique aux élèves ses origines canadiennes-françaises malgré qu’elle ne puisse pas s’exprimer dans sa langue maternelle. «Ma mère était francophone, mais l’utilisation de la langue a sauté une génération.» Citoyenne de Beaumont, elle est heureuse de voir ses propres enfants apprendre le français, «c’est quelque chose à célébrer!» De son côté, Felice redonne vie à la langue crie qu’elle voit se revitaliser au fil des années.
 

Au milieu de la salle, une tente de trappeur est installée. Felice Gladue, «j’ai des membres de ma famille encore en vie qui ont grandi dans une tente comme celle-ci!» Crédit : Véronique Vincent

 
Elle estime d’ailleurs que c’est un grand plaisir de donner vie aux livres d’études sociales que les élèves étudient à l’école. «Je veux qu’ils sachent que ma culture est vivante et prospère.» Ainsi, lorsqu’elle prépare «du pemmican pour les lunchs de mes enfants, nous continuons d’avoir une relation avec notre terre et de pratiquer nos traditions».
 
«Je veux qu’ils sachent que ma culture est vivante et prospère.» Felice Glaude
 
Felice souhaite que les ateliers du Flying Canoë Volant apportent de la joie et pique la curiosité chez les élèves. «En tant qu’animatrice, je me nourris de l’énergie de la foule et j’aime voir les enfants interagir, toucher et jouer avec les objets exposés.» Elle ajoute, «j’aime évoquer différentes émotions. J’aime parfois choquer les enfants, en particulier avec l’histoire de la création de l’Île de la Tortue
 
Un des moments forts que Felice a vécu, c’est lorsqu’un groupe d’élèves s’est mis à chanter la chanson Waniska. Une chanson crie en hommage au lever du jour et à la nature. «J’ai découvert qu’ils avaient appris cette chanson à l’école et ça m’a réchauffé le cœur de les entendre la chanter!»
 
 
Comme Felice, Roger Dallaire a beaucoup à cœur son héritage. «J’ai grandi en français à Saint-Paul en Alberta. Je trouve ça important de leur faire comprendre qu’il y a des gens qui vivent en français.» Lorsque Roger se présente aux élèves, il leur explique qu’il est «un conteur, un musicien et que je m’intéresse beaucoup à l’histoire!»
 

Guitare, accordéon et chansons pour conter l’histoire

Lorsque vient le tour de Roger Dallaire d’animer l’atelier, il le fait accompagné de sa guitare, de son accordéon et de son accent bien particulier. Il invite les jeunes à l’accompagner tout au long de sa prestation et à réfléchir sur l’Histoire avec un grand «h».
 
«Je fais comprendre aux enfants que non seulement il y a une histoire générale de la planète, mais il y a une histoire de nous, de la Nouvelle-France, des voyageurs», et ce, afin de comprendre et de vivre cette histoire. Il insiste sur le besoin d’être curieux pour mieux la vivre. «L’histoire des voyageurs, je voulais la comprendre et aussi la vivre», explique l’artiste. Pour ce faire, il a, dans le passé, entrepris un grand voyage en canoë jusqu’à la baie d’Hudson et il le présente sur grand écran.
 
«Il y a une histoire de nous, de la Nouvelle-France, des voyageurs.» Roger Dallaire
 
Le conteur et chansonnier met tout en place pour que les jeunes comprennent ce pan de l’histoire qui les relie au présent. «Dans le curriculum, ils vont toucher à la traite des fourrures et j’espère qu’avec mon atelier, ils vont être plus intéressés et avoir plus d’images dans leur tête.»
 
Les activités et les informations partagées avec les élèves lors de ces ateliers «touchent vraiment au curriculum quand on parle de la traite des fourrures et de l’identité», assure-t-il. Lui aussi espère développer la curiosité de ces élèves afin que «cette curiosité puisse les inspirer à en apprendre plus sur les Premières Nations et les Métis et crée une ouverture d’esprit». De plus, il souhaite les encourager à explorer leur propre patrimoine culturel.
 

Felice Gladue enseigne certaines pratiques faites avec des peaux d’animaux devant les élèves de l’école primaire John Barnett et Roger Dallaire, l’autre animateur du volet éducatif du Flying Canoë Volant. Crédit : Véronique Vincent

 
Et même si ces ateliers sont riches en connaissances, il dit «aux enfants qu’ils ne peuvent pas dire qu’ils sont venus au festival après être venus à la programmation scolaire! C’est tout autre chose!» D’ailleurs, il garde ses meilleurs contes pour les froides soirées du festival. Avant de partir, il encourage donc les élèves à venir au Flying Canoë Volant qui se déroule, cette année, du 1er au 4 février. «Venez au festival et envoyez-moi la main!»

Diane a vu ses filles grandir avec le club de patinage Figure 8 qui enseigne aux participants de tous âges le patinage afin de « favoriser le plaisir et le bien-être tout au long de la vie, par la joie de patiner sur la glace!», explique-t-elle. Impliquée dans le club depuis 2004, sa fille aînée y a commencé à patiner et Diane est membre de l’équipe exécutive comme coordonnatrice des évaluations depuis deux ans.

La mère de famille sait qu’un programme comme celui que ces jeunes filles ont fait pourrait bénéficier aux familles francophones et d’immersion française à Edmonton et aux alentours. Alors elle travaille depuis des mois afin d’organiser le programme Patinage Plus, qui s’adresse aux débutants de tous âges, enfants comme adultes.

Diane Slauenwhite (à droite, avec les fleurs) a reçu le prix de la bénévole de l'année pour le Figure 8 Skating Club. Justine Toppin (à gauche) et Cassidy Connell (au milieu) sont coordinatrices du programme CanSkate. Crédit : Courtoisie

Diane Slauenwhite (à droite, avec les fleurs) a reçu le prix de la bénévole de l’année pour le Figure 8 Skating Club. Justine Toppin (à gauche) et Cassidy Connell (au milieu) sont coordinatrices du programme CanSkate. Crédit : Courtoisie

Elle est d’ailleurs persuadée que c’est un programme parfait pour les personnes qui «cherchent à améliorer leurs habiletés de patinage de base pour le patinage artistique, le hockey, la ringuette ou le patinage de vitesse». Et même si vous n’êtes pas adepte de sports de glace, Diane recommande aussi le programme pour faire du conditionnement physique ou tout simplement pour le plaisir.

Bien sûr, une programmation comme celle-ci nécessite une grande équipe. «Ce programme sera mené par cinq entraîneuses professionnelles formées au Programme national de certification des entraîneurs et elles seront assistées d’assistants de programme formés qui vous aideront à atteindre vos objectifs de patinage», explique Diane.

Des instructrices de haut calibre

La cadette de Diane, Claire Slauenwhite, élève en 11e année à l’école Maurice-Lavallée, a très hâte d’enseigner son sport préféré, qu’elle pratique depuis qu’elle a trois ans, et de le faire en français cet hiver.

«Ma passion pour le patin s’est définitivement développée lors du programme CanSkate», partage Claire. Lors de celui-ci, les entraîneurs l’ont encouragée à continuer dans la voie du patinage artistique. Et maintenant, avec 13 ans d’expérience en patinage artistique, elle entraîne à son tour les jeunes qui participent aux programmes de Figure 8. «J’adore le coaching! C’est super amusant. J’aime rencontrer tous les enfants, rire avec eux et les aider à apprendre!»

Claire pense qu’elle aurait pu bénéficier d’une programmation en français. «Quand j’étais petite, je parlais en français la majorité du temps», se rappelle-t-elle. «Je pense que ça va être mieux et vraiment le fun de faire le programme en français, car présentement, je vois plusieurs jeunes francophones me parler en anglais puisque je dois les entraîner en anglais.»

«J’aime rencontrer tous les enfants, rire avec eux et les aider à apprendre!» Claire Slauenwhite

Elle ajoute que ce serait préférable de leur enseigner en français, «surtout pour les participants plus jeunes qui sont moins à l’aise avec l’anglais. Je remarque qu’ils sont super silencieux et je pense que si c’était en français, ils pourraient plus me parler».

Chloé Gauvreau, étudiante de 18 ans au Campus Saint-Jean en éducation élémentaire, sera une autre des cinq entraîneuses qui mèneront Patinage Plus. En 2020, elle a reçu le prix de meilleure assistante du programme CanSkate pour sa région de la part de Patinage Canada.

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Comme Claire, elle a fait un long cheminement dans ce club. «J’ai commencé à patiner quand j’avais cinq ans grâce au programme Pre-CanSkate, puis j’ai fait CanSkate.» Et comme Claire, elle a aussi décidé de poursuivre le patinage artistique avec le club Figure 8.

Depuis qu’elle a obtenu, à 16 ans, sa certification pour enseigner le patinage, Chloé enseigne le programme CanSkate. « Je suis passionnée d’enseigner. Je suis toujours heureuse d’aller à l’aréna et de voir le progrès de mes étudiants», partage Chloé. La session d’automne déjà en marche, elle a vu ses élèves exceller. «Cette session, j’ai vu une petite fille qui avait peur d’aller sur la glace, pis elle ne voulait pas lâcher ma main. Nous sommes maintenant rendus à la cinquième semaine et elle est capable de patiner toute seule!»

«Notre aréna est juste à côté de l’école francophone Sainte-Jeanne-d’Arc.» Chloé Gauvreau

Quant au besoin pour des cours en français, Chloé est d’avis que c’est une addition évidente aux programmes offerts par le club de patinage Figure 8, car «notre aréna est juste à côté de l’école francophone Sainte-Jeanne-d’Arc et donc nous avons déjà plusieurs francophones dans nos programmes».

«Vas-y, essaie-le, donne-lui un shot! Les entraîneurs sont super bons, pis on va t’aider à te sentir confortable!»

Les inscriptions débuteront en novembre

Diane vous encourage fortement à visiter le site web du club de patinage Figure 8 afin de vous inscrire dès novembre et de profiter pleinement de la saison hivernale qui s’approche.
Pour plus d’information : figure8skating.ca

En raison des tendances de la pandémie, qui en est maintenant à sa cinquième vague, Services de santé Alberta (Alberta Health Services – AHS), a approché la Faculty of Nursing de l’Université de l’Alberta et celle de l’Université de Calgary afin de réquisitionner l’aide de plusieurs centaines d’étudiant.e.s en sciences infirmières qui s’apprêtent à obtenir leur diplôme dans les prochains mois.

Véronique Vincent
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

Le projet d’incorporer de futur.e.s infirmier.e.s autorisé.e.s pour faire face à la crise sanitaire en Alberta n’est pas nouveau. Fadumo Robinson, infirmière en chef adjointe et responsable des soins en collaboration (AHS), a géré le projet AHS UNE Pandemic Response Initiative.

Cette idée a germé au début de la pandémie, mais «c’est à la mi-décembre 2021, lorsqu’on s’est rendu compte des conséquences d’Omicron, que nous l’avons mis en marche».

Fadumo Robinson

Fadumo Robinson gère le projet AHS UNE Pandemic Response Initiative. Crédit : Courtoisie

«C’est à la mi-décembre 2021, lorsqu’on s’est rendu compte des conséquences d’Omicron, que nous l’avons mis en marche.» Fadumo Robinson

Si cette initiative les intéressait, les étudiant.e.s en sciences infirmières de l’Université de l’Alberta n’avaient qu’à remplir un formulaire en ligne pendant les vacances d’hiver. «Ces étudiants Expression peuvent se porter bénévoles, mais ils ne sont pas obligés de le faire», clarifie Fadumo Robinson.

Du jamais vu!  

Lorsque l’on évoque des étudiant.e.s en sciences infirmières rémunéré.e.s dans le cadre de leur cours universitaire, la notion devient inédite et très peu publicisée malgré la nécessité d’un tel programme en temps de pandémie.

C’est à leur retour en classe, en janvier dernier, que ces étudiant.e.s ont reçu leur proposition d’embauche, leur permettant de travailler un minimum de 100 heures comme UNE (Undergraduate Nurse Employee), soit un.e étudiant.e. membre du personnel soignant.

Ces heures de travail seront comptabilisées pour leur stage de leadership, un cours crédité. Cette initiative permettra d’offrir, on l’espère, un peu de répit aux unités de soins aigus aujourd’hui victimes de fatigue psychique due au stress élevé causé par la pandémie.

C’est ensuite à la discrétion de l’étudiant.e de choisir, une fois que son baccalauréat terminé, entre continuer à travailler de nombreuses heures et soulager le système de santé ou faire une transition vers un poste d’infirmier ou d’infirmière autorisé.e. dans la même unité.

Claire Tellier, infirmière autorisée et coordonnatrice du baccalauréat bilingue en sciences infirmières de l’Université de l’Alberta.

Claire Tellier, infirmière autorisée et coordonnatrice du baccalauréat bilingue en sciences infirmières de l’Université de l’Alberta. Crédit : Courtoisie

«La résilience est un des premiers concepts abordés dans leur éducation», partage Claire Tellier, infirmière autorisée et coordonnatrice du baccalauréat bilingue en sciences infirmières de l’Université de l’Alberta. Ce concept et la pédagogie qui l’accompagne permettent aussi de «donner les outils pour être capable de répondre à des situations comme celle-ci [la pandémie]», ajoute-t-elle.

«Ça a donné la chance aux étudiant.e.s de démontrer du leadership en situation de crise», explique Claire Tellier. Elle reconnait aussi que «c’est tellement ironique que tout ceci se passe autour d’un cours de leadership».

«Ça a donné la chance aux étudiant.e.s de démontrer du leadership en situation de crise.» Claire Tellier

Elle avoue qu’elle ne s’attendait pas que AHS approche l’Université, mais elle n’a pas vraiment été surprise. «J’entends de mes amies infirmières sur la ligne de front comment la pandémie est éprouvante.» Elle affirme tout de même qu’à long terme, cette initiative ne peut en aucun cas représenter la solution au manque de personnel soignant, mais estime qu’elle apporte un certain soulagement.

Des étudiant.e.s qualifié.e.s malgré tout

«Je ne pense pas que les gens réalisent qui sont ces étudiants en soins infirmiers», répond d’un ton rassurant Fadumo Robinson, la responsable du projet, lorsque l’on évoque les inquiétudes pour le bien-être et la sécurité des patients.

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Après trois ans, les étudiant.e.s en sciences infirmières ont plus d’éducation que les infirmiers et infirmières auxiliaires autorisé.e.s et peuvent travailler en tant que UNE. «Ces étudiants ne dirigent pas l’unité», explique l’infirmière. «Ils sont associés à des infirmiers et infirmières autorisé.e.s et sont à un point de leur formation où ils consolident les connaissances et les compétences qui leur ont été enseignées».

Plusieurs de ces étudiant.e.s travaillent comme UNE depuis la fin de leur troisième année d’études. Plusieurs ont participé aux efforts d’immunisation de masse menés par AHS et finalement, certain.e.s travaillent déjà dans des unités de soins aigus.

Pascale Robinson a grandi dans l’environnement pittoresque de Jasper. Étudiante des beaux-arts à l’Université de l’Alberta, la jeune artiste franco-albertaine de 21 ans est à surveiller. Ses tableaux et ses sculptures, inspirés par la nature et par son enfance dans les Rocheuses, sont à couper le souffle.

Ancienne élève de l’école Desrochers à Jasper, Pascale a suivi les trois cours d’arts visuels offerts au secondaire. «J’avais beaucoup d’expérience à dessiner et peinturer dans mon temps libre», explique-t-elle.

Dès l’âge de 11 ans, elle se voue à cette activité qui est devenue aujourd’hui une passion. «Mes parents blaguent souvent, relatant que si je n’étais pas à l’école ou en train de faire du sport, je peinturais!», partage Pascale.

«Mes parents blaguent souvent, relatant que si je n’étais pas à l’école ou en train de faire du sport, je peinturais!»

Le public peut admirer son talent sur son compte Instagram et surtout à la galerie d’art Mountains Gallery. Cette galerie a plusieurs succursales dans la région des Rocheuses, dont une dans le luxueux Fairmont Jasper Park Lodge où l’on peut retrouver plusieurs pièces de l’artiste.

Pascale Robinson pendant une résidence d’une semaine au Fairmont Hotel à Banff où elle a pu peindre sans interruption.

Pascale Robinson pendant une résidence d’une semaine au Fairmont Hotel à Banff où elle a pu peindre sans interruption. «C’était fantastique!» Crédit : Courtoisie

Chaque année, Pascale Robinson participe aussi à plusieurs expositions, notamment au Centre d’arts visuels de l’Alberta (CAVA), et à celles organisées par l’Université de l’Alberta.

Elle fait remarquer qu’elle n’avait rien «d’une enfant prodige», admettant que ses premières peintures étaient loin d’être exceptionnelles. «J’étais très fière du petit buisson que j’avais peint, dit-elle en parlant d’une cabane d’outils de jardinage qu’elle a peinte à 11 ans. Maintenant, je le regarde et je pense… c’est pas vraiment bon!»

Encore en sa possession, elle chérit pourtant la toile. «Je l’ai encore, car c’est après cette peinture que j’ai décidé que j’étais une bonne peintre et que je voulais être une artiste.»

Une progression artistique inspirée par la nature

Ses premières peintures ont été inspirées par la passion de sa mère pour le jardinage. «J’ai commencé par peindre des plantes, puis j’ai progressé avec des bouquets, des natures mortes, et finalement des paysages.»

Ayant grandi dans le parc national Jasper, c’est naturellement que ces paysages révèlent souvent des montagnes. D’ailleurs, Pascale ne peint que celles qu’elle peut visualiser. «Je grimpe moi-même sur ces montagnes pour y prendre des photos et ensuite les peindre.»

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Pendant ses études, la jeune peintre a exploré la sculpture et les différents éléments de la nature qui est pour elle une source infinie d’inspiration. Elle a beaucoup de plaisir à jouer avec ces éléments qui «sont confusants», comme le bois flottant qu’on retrouve au bord des rivières ou sur la rivière Athabasca, à Jasper.

«J’aime ce type d’élément, car, quand j’étais petite, je pensais que ces morceaux de bois tout blanc étaient des os», raconte Pascale. On retrouve en effet ces éléments de bois flottant, de fossiles et de plantes mortes dans ses œuvres universitaires. «J’explore ces éléments de confusion et de connexion à la nature.»

«J’explore ces éléments de confusion et de connexion à la nature.»

Future diplômée en beaux-arts au printemps 2022, Pascale se prépare à explorer et à développer davantage ses talents. «Je trouve que j’ai jamais assez de peintures pour accomplir tous mes projets!»

Elle avoue qu’en tant qu’artiste, son grand défi est de ne pas être perfectionniste et de se donner la permission d’investir du temps dans une peinture sachant qu’elle ne sera pas nécessairement réussie.

Cet été, elle pense retourner à Jasper et participer à un festival de murales. Un projet encore embryonnaire, mais prometteur.

Laurie Lebrun est la nouvelle directrice de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), régionale de Jasper. Originaire de Saint-Jean-sur-Richelieu au Québec, elle ne s’attendait pas à s’établir dans les Rocheuses albertaines, mais elle est tombée en amour avec cette communauté francophone. Aujourd’hui, elle est très fière de l’accompagner pour les deux prochaines années.

Laurie Lebrun se prépare pour son troisième Noël en Alberta. «Les temps des Fêtes sont particulièrement bien ici à Jasper, surtout quand la température est de notre côté!» Laurie a très hâte de profiter de ses activités hivernales qu’elle aime tant. Elle est prête à chausser ses patins au lac Beauvert et ses skis de fond pour parcourir la vallée. 

Dans le cadre de son emploi avec l’ACFA régionale, les activités qu’elle organise avec son équipe sont aussi axées sur le plein air. De la randonnée aux balades en ski de fond, elles sont offertes dès maintenant aux francophones, francophiles et «franco-curieux» de Jasper et de la région.

Pour Laurie, le temps des festivités, «c’est d’abord l’ambiance». En partenariat avec le centre communautaire de Jasper, la bibliothèque locale, la Jasper Art Gallery et Habitat for the Arts, qui sont situés dans le même édifice que les bureaux de la Régionale, «on essaie de créer une ambiance festive». Elle n’omet pas les mesures liées à la pandémie, mais souhaite offrir le plus de plaisir possible pendant ce temps des Fêtes.  

Dans son espace de travail, un nouvel arbre a pris place et toute la communauté est invitée à y déposer de bons vœux. «C’est un temps pour partager son amour.» Cette attitude de gratitude est quelque chose qu’elle veut faire vivre pendant toute la saison de Noël.

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Résolution du Nouvel An et vision vont de pair

Pour Laurie, les festivités, c’est aussi un moment de réflexion et de préparation pour l’année qui suit. Sa résolution du Nouvel An comme directrice est de réinstaurer une programmation animée. «C’est un désir commun, pense-t-elle. Je ressens vraiment le désir d’être ensemble». Après deux ans «d’évènements bousculés», conséquence de la pandémie, elle admet que c’est un défi difficile à surmonter.

«On veut encourager les gens à vivre en français», une parole qui résume très clairement sa vision pour les prochains mois. Il s’agira donc de recréer des liens perdus pendant la pandémie, de développer des projets, d’élargir leur impact et d’améliorer leur visibilité dans la communauté. Laurie se donne beaucoup «de pain sur la planche». 

Ayant un certificat en gestion et organisation de projets et plusieurs années d’expérience dans le milieu communautaire, elle se sent prête à surmonter les défis qui l’attendent. «J’aime travailler en français et desservir ma communauté dans un domaine qui donne du sens», partage-t-elle.

Situés dans le parc national Jasper, les habitants font, eux aussi, la promotion du français, «la majorité des enfants ici vont à l’école francophone ou à celle d’immersion française». Elle évoque aussi l’industrie du tourisme et l’aspect bilingue du parc national comme raisons de cette promotion active du français dans cette communauté unique.

Malgré cet amour pour sa communauté, Laurie ressent un petit pincement au cœur lorsqu’elle pense passer Noël loin de sa famille. Elle sait néanmoins qu’ils «sont fiers de moi, heureux que j’ai une belle qualité de vie et un travail qui me motive». Elle a hâte à «un beau souper de Noël» avec les membres de l’ACFA régionale de Jasper.  

L’ACFA régionale de Jasper recherche présentement une personne pour offrir des cours de français et une autre pour aider à élargir l’impact de l’organisme dans la région de Hinton. Contactez jasper@acfa.ab.ca pour plus de détails.

 

Alors que l’hiver s’annonce sur les sommets et dans les plaines, de nombreux Albertains ont tendance à s’emmitoufler et à rester au chaud à l’abri des éléments. Jean-François Dupras, alpiniste, et Jean-François Bussières, expert en plein air, ont quelques petits trucs pour nous donner le goût de prendre l’air et de vivre l’aventure. Une escapade fraîche nécessaire au bien-être mental et physique de chacun d’entre nous.

L’alpiniste Jean-François Dupras, originaire du Québec, vit maintenant à Canmore depuis plus de 16 ans. Il  avoue que «c’est un temps de l’année changeant. Il fait noir plus tôt et il fait froid, les gens semblent découragés de passer du temps dehors». Il est persuadé que malgré cela, ce temps de l’année est fantastique pour faire du plein air, surtout dans les Rocheuses albertaines.

Il y a de nombreuses années, Jean-François Bussières, lui aussi originaire du Québec, est tombé en amour avec les montagnes aux alentours. Passionné du plein air, il a ouvert sa boutique Pure Outdoors à Jasper en espérant donner le goût à ses clients pour des activités telles que le ski alpin, la planche, le ski de fond, la raquette et le vélo de neige. 

Dans sa boutique, Jean-François Bussières est fier d’offrir des produits de location saisonnière et de proposer avant tout des produits canadiens comme des tuques de la Saskatchewan et des skis québécois. Crédit : Véronique Vincent

Dans sa boutique, Jean-François rencontre des clients de partout dans le monde. Certains n’ont jamais vu la neige auparavant. Pour lui, le gage de réussite d’une journée d’activité hivernale est sa préparation dans les moindres détails. «Souvent les gens se découragent parce qu’ils n’ont aucune préparation et n’ont pas de guide pour les assister dans leurs premiers pas», explique-t-il. 

À cause des premières difficultés, ces néophytes risquent de ne pas « tomber en amour avec l’activité». Jean-François Bussières s’attache donc à faire le point sur les connaissances, les expériences et les objectifs de ses clients afin qu’ils puissent profiter de leur journée et ressentir les bienfaits physiques et mentaux du plein air.

Des conseils pour profiter du plein air en hiver

Jean-François Dupras répète les règles fondamentales, en sachant qu’elles concernent aussi toutes les personnes qui veulent se promener en montagne durant les grands froids. Il insiste, «il ne faut pas succomber au summit fever. Il faut respecter ses limites physiques et mentales». 

Jean-François Dupras au sommet du mont Assiniboine. Crédit : Courtoisie

Il conseille au public d’être conscient de l’importance d’économiser ses forces et de savoir «quand tourner de bord». Même si l’on n’atteint pas le sommet, le vrai objectif est «de retourner chez soi sain et sauf».

En escaladant le mont Denali en Alaska, la plus haute montagne d’Amérique du Nord, Jean-François Dupras a compris l’importance de «chaque détail, chaque petite pièce d’équipement qui peut faire une différence entre la vie et la mort». Il souligne qu’il faut se préparer physiquement et mentalement, ce qui inclut de préparer son équipement, son itinéraire et connaître la météo. Comme mesure de sécurité, il recommande de partager son itinéraire avec quelqu’un de confiance.

Jean-François Bussières explique : «Être bien habillé ne veut pas dire être habillé chaudement, mais plutôt habillé avec des couches». Selon lui, «être bien vêtu veut dire pouvoir s’adapter aux différentes températures de notre environnement et de notre corps». Jean-François Dupras recommande de porter des couches de matériaux synthétiques et d’éviter le coton.

Jusqu’à présent, Jean-François Dupras, ici sur le champ de glace Brazeau, a gravi le mont Aconcagua en Argentine, le mont Denali en Alaska, le mont Kilimandjaro en Tanzanie et le mont Elbrouz en Russie. Crédit : Matt Perdeaux

«Il faut savoir s’adapter aux extrêmes», révèle Jean-François Dupras. Il continue, «sur le mont Everest, tu peux passer à une température de 20 degrés due à la réflexion du soleil sur la neige et soudainement dans une tempête de neige à -30 degrés». 

Il affirme, «en hiver, la préparation est encore plus importante». Il nous rappelle de vérifier les conditions routières, les conditions des sentiers et la météo avant tout départ.

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Ne pas présumer de ses forces et profiter au maximum

Il est d’ailleurs sage de tenir compte du retour autant que de l’aller. «La majorité des accidents vont se passer à la descente», explique l’alpiniste. Il conseille de bien gérer son énergie pour en garder pour la descente. Il suggère aussi  d’apporter une lampe frontale dans son sac à dos et de la nourriture qui ne gèle pas facilement, au cas où on se retrouve dans la noirceur. 

Jean-François Dupras sur le mont Stanley, dans le parc national Kootenay. «La montagne m’a permis d’apprendre à me connaître, me découvrir – le plus que j’en fais, le plus que j’ai envie de me pousser.» Crédit : Courtoisie

Que l’on randonne dans les Rocheuses ou en ville, l’alpiniste assure qu’il faut se donner de petits objectifs pour prendre de l’air frais. «Même dix minutes à l’extérieur, cela fait du bien, peu importe si on se tient sur le sommet d’une montagne ou dans son parc communautaire.» Il insiste aussi sur l’importance de bouger, car comme il le dit, «moins on bouge, moins on a envie de bouger, c’est un cercle vicieux».

Lorsque ses clients lui remettent son équipement de location, Jean-François Bussières remarque que «les gens sont fatigués, mais ils semblent être en paix et bienheureux d’avoir fait de l’activité. Faire du plein air, ça libère l’esprit» même en hiver!

Jean-François Dupras amasse des dons pour gravir l’Everest et vaincre la maladie mentale. 

Site web : jean-francoisdupras.com

Facebook : facebook.com/MyLifeMyAventure

Instagram : instagram.com/maviemonaventure

Redécouvrez cet article qui figure parmi les textes les plus partagés sur notre site web.

Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, Clarisse Bosco et Gallican Buki, deux anciens élèves du Campus Saint-Jean, ont créé une série de photos et de vidéos

 intitulée Living with Black Skin. Par cette initiative, ils souhaitent partager les expériences positives et négatives d’être jeune et noir. 

Chaque jour, de nouvelles photos et vidéos sont publiées sur leurs comptes Instagram. À la suite du mouvement Black Lives Matter de l’année dernière, Clarisse et Gallican souhaitaient continuer à encourager les discussions autour du racisme, ici, à Edmonton.

« Après les manifestations de BLM, je commençais à voir de moins en moins de contenu d’éducation sur le racisme et la justice sociale sur mes réseaux sociaux, partage Clarisse. Cela m’a frustrée parce que le racisme et être une personne noire n’est pas quelque chose qu’on est capable d’éteindre après un mois. Le racisme systémique est quelque chose que les personnes noires vivent sans arrêt, du temps qu’on est né jusqu’au temps qu’on parte de cette planète. »

« La photographie me permet d’avoir une voix sans nécessairement parler et me permet de donner une plateforme à mes amis afin d’élever leurs voix. Cela me permet de créer de l’espoir », exprime Gallican Buki, cocréateur de la série Living with Black Skin et propriétaire de Bukivisuals. Crédit : Gallican Buki

Sensibilisation artistique

Clarisse Bosco, originaire du Rwanda, a grandi à Vancouver. Après des études au Campus Saint-Jean, elle travaille aujourd’hui comme infirmière autorisée auprès de Catholic Social Services. Au quotidien, son travail consiste à promouvoir la santé des nouveaux arrivants et orienter ces derniers vers les services de santé albertains. Elle travaille aussi auprès de HIV Edmonton pour faire de la promotion et de l’éducation sur le VIH et le SIDA.

Son partenaire dans ce projet, Gallican Buki, originaire lui du Congo, habite à Edmonton depuis plus de 18 ans. Lui aussi a fréquenté le Campus Saint-Jean afin de poursuivre un baccalauréat bilingue en sciences. Déjà à l’époque, il a contribué à la création de La Connexional, une organisation qui promeut les cultures africaines, noires, caribéennes et latines. Gallican est aussi un photographe et vidéographe, fier d’utiliser ses talents au service d’une cause qui lui tient à cœur.

« Clarisse a remarqué que partager des statistiques et des faits sur les médias sociaux porte l’idée que le racisme c’est quelque chose du passé, ou quelque chose qui arrive seulement aux États-Unis. Alors, nous avons trouvé une façon plus moderne de promouvoir l’antiracisme. C’est plus visuel et personnel et ça donne une plateforme aux jeunes d’ici de parler de leurs expériences personnelles et des expériences qui partagent avec d’autres personnes noires », exprime Gallican.

Soutien inattendu 

Les deux ont été surpris du soutien qu’ils ont reçu dès le commencement de leur projet. « Le soutien a été immense. On ne s’entendait pas à ça ! », exprime Gallican. Leur initiative a même fait l’objet d’un reportage sur Global News. « On venait juste de mettre en œuvre notre première vidéo, c’était juste une introduction. On peut dire que la pression est montée ! »

Plusieurs écoles ont demandé aux deux jeunes créateurs d’envoyer leurs vidéos afin de les mettre en valeur dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs. « Je crois que tous les âges sont capables de comprendre, de faire des changements ainsi que d’avoir des conversations au sujet du racisme », partage Gallican.

Clarisse aussi a reçu des messages touchants. Elle dit que sa boîte courriel se remplit de mots d’encouragements. Mais pour eux, le plus important, c’est « d’encourager à avoir des discussions qui peuvent être difficiles, mais qui sont nécessaires afin de promouvoir l’antiracisme ».

Pour en savoir plus :

Pour visionner la série au complet, rendez-vous prochainement sur www.bukivisuals.com

Instagram de Clarisse : @clarissebosco

Instagram de Gallican : @bukivisuals

Cet article fut publié dans l’édition du 25 février 2021 en page 3.