La richesse de parler deux langues en entrepreneuriat

Écrit par : Gabrielle Beaupré

19 juillet 2021

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Daniel Cournoyer, directeur général de la Cité Francophone est bilingue. Il souligne que parler anglais ne lui enlève pas sa «fierté francophone». Crédit : Gabrielle Beaupré

Ce n’est un secret pour personne, l’anglais est important pour évoluer dans le monde des affaires. Cependant, dans les provinces en situation minoritaire telle que l’Alberta, le français reste attractif. En effet, Joris Desmares-Decaux souligne que cette langue assure le développement de la communauté francophone ainsi que l’économie de la province. 

Pour le Directeur économique et services aux entreprises, et responsable jeunesse du Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA), Joris Desmares-Decaux, ce Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes est une belle opportunité.

En effet, il permet selon lui aux représentants des communautés francophones se trouvant en situation minoritaire d’élever leur voix afin d’indiquer leur existence. Même si celles-ci se trouvent dans un océan anglophone, elles sont omniprésentes. L’Alberta abrite d’ailleurs la troisième plus grande communauté francophone du Canada, «extrêmement vivante et proactive».

Joris Desmares-Decaux, Directeur économique et services aux entreprises, et responsable jeunesse du Conseil de développement économique de l’Alberta. «Il y a beaucoup d’entreprises qui contactent le CDÉA en anglais puisqu’elles y voient le potentiel francophone». Crédit : Courtoisie.

Daniel Cournoyer, le directeur général de la Cité Francophone à Edmonton insiste sur la pluralité de la francophonie albertaine. Une notion qui selon lui est essentielle pour mieux comprendre la francophonie d’aujourd’hui dans la province et son développement multiculturel.  

Joris Desmares-Decaux, sait combien l’entrepreneuriat francophone est dynamique dans la province. «On peut envisager 1000 entreprises détenues ou co-détenues par un francophone», affirme-t-il.

Être bilingue aussi pour s’adapter au marché 

Comparativement au Québec, le marché francophone est réduit dans les autres provinces canadiennes. Un fait qui ne facilite pas le développement des entreprises francophones. «Si un entrepreneur veut percer en Alberta, l’anglais lui est indispensable. Sinon il va très vite se retrouver bloqué par rapport à la taille du marché», martèle Joris Desmares-Decaux. 

Daniel Cournoyer enchérit et explique que pour communiquer au quotidien avec des fournisseurs ou même à l’épicerie, l’anglais est requis. «Je pense qu’il faut être capable de communiquer avec tout le monde, ce qui inclut bien évidemment les anglophones»

Ainsi, il estime que le fait de communiquer en anglais ainsi qu’en français est «un atout» pour les entrepreneurs francophones et permet d’avoir un carnet de contacts beaucoup plus rempli que s’ils étaient unilingues. 

Le Café Bicyclette est l’endroit où francophones et anglophones se retrouvent et échangent. Crédit : Gabrielle Beaupré

En Alberta comme dans les autres provinces où le français est minoritaire, Daniel Cournoyer estime que l’anglais facilite la vie de l’entrepreneur notamment quand celui-ci doit se référer au gouvernement provincial. Joris Desmares-Decaux, lui, explique avec regrets que la plupart des instances et programmes sont seulement offerts en langue anglaise. 

Il nuance cependant que la présence de représentants francophones existe dans certains organismes, notamment au CDÉA. Ils répondent aux besoins des entrepreneurs francophones et aident ceux qui ont plus de difficultés à s’exprimer dans la langue de Shakespeare. 

Deux communautés qui se rapprochent

Les entreprises anglophones sont d’un grand appui pour la francophonie. «Une fois qu’elles sont sensibilisées au fait francophone, elles en voient tout le potentiel», affirme Joris Desmares-Decaux. C’est aussi en offrant des services en français que leur clientèle grandit. Les entrepreneurs comprennent alors que «le bilinguisme est vecteur de croissance économique». 

Daniel Cournoyer est lui-même un représentant de la francophonie. Franco-Albertain, il relate que le fait de parler français est un atout pour lui et que la langue de Molière lui a permis de s’accomplir sur le plan professionnel. «Elle m’a donné des occasions de rêves.»

Grâce à la Cité Francophone, le Centre culturel de la Francophonie d’Edmonton et le Café Bicyclette, lui et son équipe rassemblent la communauté francophone, mais ne laissent pas en reste les anglophones. Il les invite d’ailleurs à découvrir et s’imprégner de la culture francophone dans les infrastructures et lors des événements culturels francophones qui y sont proposés et ce dès ce 1er juillet. 

Pour plus d’informations :

Le Café Bicyclette : https://www.cafebicyclette.ca

La Cité francophone : https://www.lacitefranco.ca

Le CDÉA : https://lecdea.ca

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