LE CAMPUS SAINT-JEAN S’IMPLANTE À CALGARY, RED DEER ET GRANDE PRAIRIE

Écrit par : Geoffrey Gaye

25 mars 2021

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La seule faculté francophone de la province, située à Edmonton, va s’étendre en Alberta. Ce projet pilote concernera une soixantaine d’étudiants inscrits dans une formation en Éducation (B.Ed). Les premiers étudiants sont attendus pour la rentrée 2021-2022. 

Geoffrey Gaye

« Il y a un profond désir de voir une présence du CSJ dans ses régions », dit le doyen de la faculté sous les feux de l’actualité francophone canadienne depuis plusieurs mois. Ce désir sera bientôt comblé à Red Deer, Calgary et Grande Prairie. Pierre-Yves Mocquais l’assure, malgré qu’une grande partie des cours soient aujourd’hui en ligne, le Campus sera représenté en chair et en os dans ces villes.

Un projet pilote pour trois ans

Depuis qu’il a pris les rênes de la faculté francophone en 2014, ce Canadien d’origine française a eu l’occasion d’entreprendre quelques voyages. Du nord au sud de la province, le doyen de l’institution créée par les pères Oblats a pris conscience des besoins.

Le doyen de la faculté avait pour ambition d’élargir la présence du Campus en Alberta. Crédit photo : Archives

Dans plusieurs régions albertaines, des parents lui auraient confié le désir de voir leurs enfants poursuivre leurs études universitaires en français. « Mais laisser partir une jeune fille de 17 ans est quelque chose qui laisse certains parents nerveux. Mon objectif a été de créer une présence du Campus Saint-Jean dans ces différentes régions », souligne le doyen.

Ce projet sera financé dans le cadre de l’Entente Canada-Alberta relative à l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’enseignement de la langue seconde. Le doyen est peu bavard sur le montant de cette subvention pour ce projet pilote de 3 ans. «J’attends les différents papiers du gouvernement et les décisions des universités. Mais le financement est là, un financement de 3 ans avec possibilité de renouvellement. » Il ajoute que le Campus recevra les inscriptions prochainement. Le directeur de ce programme a déjà été nommé, il s’agit de Pierre Hébert. La faculté francophone a déjà passé des accords avec certains établissements pour utiliser leurs locaux.

Le voyage du français

Le Collège de Red Deer, situé à l’est de la troisième ville albertaine, accueillera ainsi la faculté francophone de l’Université de l’Alberta. En apprenant cette nouvelle, Jean-Samuel Lampron, directeur de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale, s’en amuse.

« LA SEMAINE DERNIÈRE, J’AI RENCONTRÉ DEUX ÉTUDIANTS DU COLLÈGE. ILS NE SAVAIENT MÊME PAS QU’IL Y AVAIT DES FRANCOPHONES EN ALBERTA. LE FAIT QUE LE CAMPUS S’INSTALLE, ÇA VA METTRE LE FRANÇAIS SUR UNE CARTE DE L’ALBERTA POUR LES GENS QUI S’INSTALLENT ICI », SE RÉJOUIT-IL.

Dans la ville du Stampede, le Campus Saint-Jean (CSJ) utilisera les locaux existants de l’Université de l’Alberta au centre-ville, au croisement de la 3e rue et de la 5e avenue (SW). Mélina Bégin, présidente de l’ACFA régionale de Calgary, est enthousiaste. « C’est une nouvelle fantastique ».

Michelle Margarit est directrice de l’ACFA régionale de Grande Prairie. Crédit photo : Courtoisie.

Un avenir possible

« Jusqu’à présent, nos étudiants doivent aller à Edmonton ou dans une autre province pour étudier en français. Quand ils partent, beaucoup ne reviennent pas parce qu’ils vont trouver des opportunités ailleurs en faisant des études dans une autre province. Ça va nous permettre de pouvoir les garder à Calgary ». Mélina espère que les étudiants seront au rendez-vous et que ce projet pilote s’enracine de façon permanente.

« Nos jeunes qui viennent des écoles d’immersion et francophones seront vraiment intéressés », assure, quant à elle, la directrice de l’ACFA régionale de Grande Prairie. Au nord de la province, le Campus a signé un accord pour utiliser les locaux du Grande Prairie Regional College. Michelle Margarit est consciente que les cours donnés seront uniquement pour le programme en Éducation. Elle voit pourtant déjà d’autres opportunités de développement. «Le nouvel hôpital ouvrira d’ici un an. Je suggère que le Campus donne des cours infirmiers aussi ».

Le Campus Saint-Jean est toujours affecté par « un sous-financement structurel», comme le dit son doyen. Ce projet de longue haleine n’est pas directement lié aux actualités de ces derniers mois relativement au contexte de restriction budgétaire de la province envers l’Université de l’Alberta.

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