Trois économusées stimulent nos cinq sens

Écrit par : Salima Bouyelli

5 juillet 2021

Noëlla Somerville en compagnie de ses objets artisanaux. Crédit : courtoisie

Rencontrer un artisan dans son propre atelier et l’observer travailler en utilisant les moyens technologiques actuels, c’est ce qu’on appelle un économusée. Originaire du Québec et déjà présent dans quelques pays d’Europe, ce concept s’est exporté en Alberta. Trois économusées ont été inaugurés par le CDÉA depuis septembre 2018 : The Old School Cheesery, Healing à la Source, et Paradis Valley Honey.

A tout seigneur tout honneur, Patrick Dupuis est le premier artisan à adhérer au concept de l’économusée. Avec sa fromagerie The Old School Cheesery à Vermilion, voilà près de trois ans qu’il partage son produit, sa passion et son histoire. 

Patrick Dupuis en démonstration de ses produits dans lun magasin de la ville de Calgary. Crédit: courtoisie.

Il y propose de nombreux produits. Sur sa liste gourmande, on peut trouver des cheddars fumés ou vieillis, du fromage en grains pour les fanatiques de poutines, et différents bries. Il espère prochainement offrir aussi une vodka au goût subtil, et au non rêveur, La Voie Lactée.  

Old School Cheesery : Taste of Quebec Crédit courtoisie

«Le tourisme alimentaire est très populaire. Les visiteurs veulent voir comment leurs produits sont faits», déclare-t-il au Conseil de Développement Économique de l’Alberta. Deux autres entreprises artisanales lui ont depuis emboîté le pas.

De l’art à la thérapie     

Noëlla Somerville, originaire de la ville de Québec, a déménagé au Lac-La-Biche en 2000 pour voir son neveu grandir. Néophyte en la matière, jamais un jour elle ne pensait devenir artiste. «Le seul art que je faisais c’était de gros livres à colorier que ma mère m’ achetait, gros car je passais trop vite à travers», se souvient Noëlla.

Noëlla en pleine œuvre. Après avoir essayé la culture de la pierre de savon, la peinture portrait, elle optera pour le vitrail, sa véritable passion. Crédit : courtoisie

Son père fabriquait le bois dont elle se rappelle encore les odeurs. Une fois en Alberta son beau-père lui propose des cours artistiques et sa première expérience est son bâton de marche. Elle travaille le cuir et le vitrail qui se révélera être sa passion.

Elle possède une multitude de couleurs de vitres et de textures et peut passer des heures à choisir une couleur, une éternité synonyme d’apaisement et de guérison. Elle croit en la guérison par la couleur et par la création, et quand on crée «tu oublies le temps, c’est une magie, tu vois le résultat et tu es fière», explique-t-elle.

Noëlla Somerville en compagnie de ses objets artisanaux. Crédit : courtoisie

Elle étudie le chamanisme depuis près de 20 ans. Elle est donc capable d’aller dans d’autres réalités pour aller chercher des informations et guérir les gens. C’est son côté holistique qui a inspiré le nom de son entreprise Healing à la Source.

«On va à l’intérieur de soi pour guérir, donc à la source, pas à l’extérieur; l’art, c’est aussi avec les maux, pas que des mots», développe-t-elle. Elle décide de vivre de sa passion et crée son entreprise Healing à la Source après le décès de son mari. «J’avais pris des cours pour l’aider à guérir. Je n’ai pas guéri son corps mais j’espère avoir guéri un peu son âme», confie-t-elle. 

Devanture de l’atelier de Noëlla Somerville Healing à la Source. Crédit : courtoisie

Il y a deux ans, elle concrétise son rêve en achetant une maison dont le rez-de-chaussée servira d’atelier. Le premier étage sera son nid douillet. Aujourd’hui, elle est fière de faire partie d’un groupe d’artisans pour une meilleure visibilité. Sans le concept d’économusée, il lui aurait été difficile de vivre de son art et de partager son histoire du vitrail avec les autres.

Un miel aux saveurs paradisiaques

C‘est à Watino dans le nord-ouest de la province que la famille Paradis élève des abeilles depuis sept générations. Pour Ginette, la propriétaire, «l’économusée permet de partager leur histoire généalogique et d’éduquer à travers l’aventure, le tout dans une atmosphère bilingue», explique-t-elle. 

Un apiculteur de Paradis Valley Honey en plein travail. Crédit : courtoisie

Son entreprise, elle l’a créée avec son conjoint Danny en 2003 dans la région de Rivière-la-Paix avec un désir profond de partager leur histoire en tant qu’artisans à l’œuvre avec le public. «Avoir l’équipe de l’économusée derrière nous était vraiment un trésor». 

Cette expérience positive leur a permis de travailler avec du beau monde, une belle équipe, dans un coin où la solitude pourrait peser, et de doubler d’espace la taille de l’exploitation. Avant l’approche du CDEA, cette famille d’apiculteurs avait un guide qui expliquait leur histoire, les bénéfices de la ruche et aujourd’hui, c’est un auto-guide qui s’en charge, permettant ainsi aux touristes de tous âges de venir visiter à leur rythme le sanctuaire des abeilles.

La famille Paradis, avec Ginette et Danny au milieu. Crédit : courtoisie

La plus grosse production de miel se trouve à Rivière-la-Paix. Malgré une concurrence existante, la famille Paradis est la seule à accueillir un public pour explorer le monde des abeilles. Ceci est en soi une véritable reconnaissance internationale sur le plan touristique.

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