Partir à la rencontre de l’autre

Écrit par : Geneviève Bousquet

28 juin 2021

Une expérience immersive dans la culture autochtone. Crédit : Courtoisie - CDÉA

«Il faut voyager pour apprendre». Cette réflexion de Mark Twain, le Conseil du Développement Économique de l’Alberta l’a bien comprise. Cet été, le CDÉA propose plusieurs routes touristiques dans le Nord de la province afin de se familiariser avec l’histoire, la culture et les saveurs locales. Notamment, La route des traditions autochtones permet aux visiteurs de découvrir la richesse culturelle des peuples autochtones de cette région. 

Quand Suzanne Prévost, directrice du développement rural et entrepreneuriat au CDÉA, parle de ce projet des routes touristiques, c’est avec beaucoup d’enthousiasme et de fierté. «C’est quelque chose d’unique qu’on est en train de faire en Alberta. La valeur ajoutée du bilinguisme, c’est un autre marché que l’on développe.»

Comme le CDÉA travaille depuis longtemps avec les communautés autochtones des régions, il allait de soi qu’un volet valorisant la culture autochtone serait dans ce projet.  «Dans le développement du projet, l’organisme Alberta Indigenous Tourism nous a contacté afin de faire partie des routes bilingues, car des partenaires en région les ont approchés», explique Mme Prévost.


3 jours de road trip culturel


En suivant la route des traditions autochtones, on peut en apprendre davantage sur l’histoire, les légendes et l’art autochtones. Le premier arrêt est au Centre culturel et village historique Métis Crossing, un grand centre d’interprétation de la culture métis. Il est possible d’y faire une visite individuelle ou avec un guide, de participer à des ateliers de traditions métis et de vivre des expériences interactives.


Cette visite est suivie d’une série d’arrêts dans divers musées du nord de la province dont le Musée de Saint-Paul, celui de Bonnyville et District ainsi que les musées de Cold Lake et Lac-La-Biche. Chacun accorde une place à la riche histoire de la région et à des éléments propres à chaque lieu comme la traite de la fourrure, l’agriculture et le mode de vie des peuples autochtones. La collection du Musée des arts et des artefacts des peuples autochtones de Lac-La-Biche comprend près de 2000 artefacts et œuvres des Premières Nations, Métis et Inuits ainsi que la seule collection permanente d’artistes autochtones professionnels.

Suzanne Prévost, directrice du développement rural et entrepreneuriat au CDÉA. Crédit: Courtoisie – CDÉA


Le Lieu historique national du Canada de la Mission-de-Notre-Dame-des-Victoires compte aussi parmi les arrêts clés de ce parcours thématique. Cet attrait touristique est reconnu pour son rôle dans le commerce des pelleteries, la communication dans l’Ouest et le transport. Mary Lehoux, responsable de la Mission-de-Notre-Dame-des-Victoires, voit un grand avantage dans ce projet.   «C’est une bonne opportunité de faire partie des routes touristiques du Nord pour attirer plus de visiteurs. On a embauché deux étudiantes francophones pour l’été afin d’offrir des visites guidées en français.»


La route des traditions autochtones comprend également deux centres de villégiature où l’on peut faire du camping et profiter des grands espaces verts. Le Hideaway Adventures Grounds offre aussi aux visiteurs une occasion pour apprendre à se construire un abri et cuisiner sur le feu à l’aide d’outils d’antan. 

Développer le tourisme rural bilingue


Il y a quelques années, suite à une étude de marché, le CDÉA a constaté qu’il y avait un intérêt pour le développement touristique en région. « Nos bailleurs de fonds ont vu les opportunités qu’on avait de développer un réseau touristique qui devient un outil en développement économique pour les régions rurales du Nord», explique Suzanne Prévost. 


C’est ainsi qu’en pleine pandémie, le comité de création des routes thématiques s’est mis à la tâche pour recruter des partenaires et des entreprises intéressés par le projet. À quelques reprises, ce sont plutôt les entrepreneurs qui ont démontré un intérêt à faire partie des routes touristiques. Francophones et anglophones ont contacté le CDÉA afin de participer au projet.

«Quand tu as les anglophones qui t’approchent, qui veulent offrir des services bilingues parce qu’ils voient la valeur ajoutée dans leur entreprise ou leur attraction, on atteint un autre niveau de développement économique. Les entreprises francophones se sentent supportées par les partenaires anglophones», constate Suzanne Prévost. Elle ajoute que les entrepreneurs sont dorénavant plus à l’aise pour offrir leurs services en français. 


D’autres routes à venir

Suite à la mise en œuvre des routes touristiques du Nord, les bailleurs de fonds du CDÉA ont démontré un intérêt pour que ce projet soit aussi développé dans le sud de la province. Ainsi, le CDÉA à l’intention de poursuivre ce volet de développement économique en région. «Ce qui est important pour nous, c’est de développer la culture rurale locale», confirme avec engouement, Suzanne Prévost.  Une manière significative de préserver le patrimoine culturel de toute une région.

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