Comment se préparer à l’hiver albertain?

Écrit par : Emmanuella Kondo

26 novembre 2021

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Certains immigrants ont déjà vécu ces changements saisonniers sans réelles difficultés, alors que d'autres restent sous le choc année après année. Crédit: Unsplash

S’intégrer dans une nouvelle société, dans un nouveau pays, ce n’est jamais facile. Alors quand cela inclut des changements de températures inattendus et difficiles, il vaut mieux être préparé. Certains immigrants ont déjà vécu ces changements saisonniers sans réelles difficultés, alors que d’autres restent sous le choc année après année. Se préparer à l’hiver en se nourrissant et en s’habillant adéquatement permet une meilleure intégration hivernale.

«Je suis arrivée en octobre à Edmonton. D’où je venais, à Montréal, c’est l’automne. Personne ne m’avait dit qu’ici à cette époque, il pourrait y avoir des surprises», dit Priscille Poeri, travailleuse en établissement du Portail de l’Immigrant Association (PIA) œuvrant dans les écoles du Conseil scolaire FrancoSud. 

Priscille Poeri, travailleuse en établissement dans les écoles. Crédit : Courtoisie

Une semaine après son arrivée en 2017, Priscille est sous le choc un matin. De sa fenêtre, elle voit la neige. «Je me lève et tout est blanc», s’exclame-telle. Habituée à l’hiver montréalais, elle pensait que «l’hiver du Canada» était là et que les températures saisonnières étaient pareilles dans chaque province. C’était mal connaitre la météo albertaine et ses variations climatiques.

Une préparation mentale et de la solidarité pour vaincre le froid  

Après cette expérience étrange de la neige, Priscille s’est rendue à l’évidence : il fallait se préparer mentalement pour faire face aux différents changements de température tout au long de l’année. «J’ai appris qu’ici en Alberta, en une journée, tu peux avoir toutes les saisons», dit-elle. Elle ajoute, «quand j’ai appris ça, je me suis dit, il faut vraiment se préparer mentalement et savoir qu’ici, c’est vraiment différent». 

Regarder la météo chaque matin avant de commencer sa journée fait partie des habitudes quotidiennes qu’elle a adoptées pour mieux s’adapter à l’hiver. Priscille a dû aussi faire face à plusieurs situations hivernales difficiles. Victime d’une collision avec un autre véhicule sur une route glissante, elle a encore peur aujourd’hui de prendre le volant en hiver. Elle se donne alors du courage en partageant ses expériences avec les nouveaux arrivants qu’elle rencontre au travail. 

Jacques Joseph se dit prêt à affronter l’hiver albertain. Crédit : Courtoisie

Jacques Joseph est l’un de ces nouveaux arrivants. Calgarien depuis mai dernier, il reçoit des conseils et aussi de l’aide alimentaire. «Priscille est ma conseillère. Elle m’a fourni de la nourriture, m’a aussi offert beaucoup de support», explique-t-il. 

Il n’est d’ailleurs pas la seule personne qui bénéficie des ressources offertes par Priscille et le PIA. Le 26 octobre dernier, le PIA a animé, en collaboration avec la Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA), un atelier sur la façon de s’habiller en hiver. Les participants ont alors appris de petites astuces vestimentaires pour ne pas souffrir du froid. 

Au programme, quels sont les tissus et matériaux à privilégier par grand froid? Les habits en laine sont à prioriser pour leur qualité thermique. Porter trois couches de vêtements vous protégera mieux contre l’hiver. «Honnêtement, tous ces petits détails étaient vraiment appréciés. L’atelier était pour les nouveaux arrivants, mais c’était vraiment bénéfique pour tout le monde», explique Priscille. 

La famille et une alimentation saine et réconfortante  

Un des aspects qui a beaucoup d’impact sur la vie de Jacques Joseph est l’alimentation. Étant prédiabétique, il doit se restreindre à une certaine diète alimentaire. Pendant l’hiver, Jacques explique que son corps ne se réchauffe pas aussi rapidement que d’habitude, ce qui le pousse à boire moins d’eau, mais plus de boisson chaude comme du thé. Il est amené à manger aussi moins de viande rouge. «Je ne mange pas trop de viande. Je suis un petit peu végétarien donc je mange souvent que des légumes et parfois du poisson», dit-il. 

Céline Bossé, diététiste en santé publique basée à Calgary, explique que l’alimentation en hiver doit être très différente de celle que l’on consomme en été. «En hiver, il fait froid. Il faut manger plus de calories […], faire des repas tout-en-un, avec une base de viande et des légumes en sauce. Des repas réconfortants.» Selon la diététiste, un repas réconfortant peut être riche en calories, mais il doit varier selon les habitudes et les conditions de santé de la personne qui le prend. 

Céline Bossé, diététiste en santé publique depuis 35 ans. Crédit : Courtoisie

Elle estime que pour accompagner une alimentation riche en protéines, il faut bouger. La diététiste indique qu’il est essentiel de passer du temps dehors pendant l’hiver. «On s’entend qu’en hiver, il faut aussi aller dehors. Si vous restez trop souvent à l’intérieur et que vous mangez très riche, vous risquez de prendre du poids», explique-t-elle. 

Elle ajoute d’ailleurs qu’un repas réconfortant n’est pas forcément synonyme d’une grande quantité de calories, il peut être aussi très équilibré et raisonnable. Un classique, «une soupe au poulet avec des nouilles et des légumes». 

Céline Bossé conclut en ajoutant qu’en hiver, il est toujours mieux de manger en famille et de rester près de ses proches. «Essayez de manger les repas ensemble. Ne divisez pas la famille, l’un mange à telle heure et l’autre mange après. Mangez en famille ou entre amies.» 

 

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