Le CROC Lab s’installe sur le Campus Saint-Jean

Écrit par : Vienna Doell

19 janvier 2023

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Le Centre de recherche sur le développement cognitif (CROC Lab) a ouvert ses portes au Campus Saint-Jean le 8 décembre dernier sous la direction de la professeure adjointe en psychologie, Kristan Marchak. Ce nouveau laboratoire scientifique dans le Quartier francophone d’Edmonton fait des émules dans la communauté.

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Vienna Doell
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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Avec deux bourses octroyées par le gouvernement fédéral totalisant 140 000 dollars pendant cinq ans ainsi que l’appui financier du Bureau de la recherche du Campus Saint-Jean, du Consortium national de formation en santé et de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne, le CROC Lab a pu ouvrir ses portes au pavillon Lacerte du Campus Saint-Jean.

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Dans les premières années, ce laboratoire était situé au TELUS World of Science, une organisation sans but lucratif située à Edmonton et ouverte au public pour l’exploration et l’éducation scientifiques.

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Jennifer Bawden, la directrice des nouvelles salles d’exposition et de la recherche au TELUS World of Science, se rappelle du coup de fil de Kristan Marchak en 2019 qui voulait créer un tel outil dans l’édifice. «C’était une histoire très excitante!»

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«Kristan m’a envoyé un courriel […] pour me demander si nous avions un programme en place pour effectuer de la recherche sur des humains. Elle m’a proposé de mener ces études», indique-t-elle. Ils sont alors devenus partenaires scientifiques dans un laboratoire vivant. Celui-ci a permis aux scientifiques de mener des recherches sur le public qui visite l’espace, avec leur permission bien évidemment!

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Jennifer Bawden, enjouée par ce programme, a permis à son fils de quatre ans de participer aux études du CROC Lab qui était alors installé dans l’enceinte du TELUS World of Science.

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Une belle opportunité

Jennifer Bawden voit d’un très bon œil ce déménagement au Campus Saint-Jean. Elle affirme que c’est extraordinaire pour le développement de la recherche en français, tout en confirmant la continuité du partenariat scientifique avec TELUS World of Science. «Notre partenariat existe toujours. Les membres de l’équipe du CROC Lab vont venir presque tous les weekends, les samedis et les dimanches après-midis, pour réaliser des études ici», explique Jennifer.

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Jennifer ajoute que «c’est vraiment génial de célébrer l’ouverture d’un espace de laboratoire physique pour le CROC Lab», car l’espace public du TELUS World of Science peut être parfois «distrayant et un peu bruyant».
Qui mène des recherches dans le laboratoire CROC
La professeure Kristan Marchak mentionne que plus d’une vingtaine d’étudiants de premier et deuxième cycles au Campus Saint-Jean forment son équipe de recherche. Avec eux, elle développe des recherches sur «l’acquisition du langage et le développement cognitif chez de jeunes enfants», explique-t-elle. Des recherches qu’elle a débuté en Colombie-Britannique lors de son doctorat puis au Michigan (États-Unis) lors de son postdoctorat.

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Les tables et les chaises sont conçues pour les enfants. Crédit : Vienna Doell

Les tables et les chaises sont conçues pour les enfants. Crédit : Vienna Doell

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Elle n’est pas la seule à développer des sujets de recherche dans le CROC Lab. Les étudiants de deuxième cycle mènent également leurs propres projets de recherche avec l’aide des étudiants bénévoles de premier cycle du Campus Saint-Jean.

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Lors de la cérémonie d’ouverture, la professeure a présenté plusieurs des études menées par ses étudiants au cours des trois dernières années telles que la manière dont les enfants pensent à la notion d’individu, la façon dont ils approchent la notion de catégorie (objets, couleurs, animaux, etc.), les attitudes des enfants envers les locuteurs de dialectes de langue française en Alberta, etc.

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Les avantages du CROC Lab pour la communauté d’expression française

Avoir le CROC Lab dans la communauté francophone permettra de contribuer à la progression de la compréhension pédagogique du développement de l’enfant dans les programmes de langue française (francophone et immersion française).

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«On veut vraiment nous intégrer dans la recherche communautaire», explique Kristan. Ayant besoin de la participation des familles et des enfants pour la plupart de leurs études, elle «le voit comme une relation réciproque» avec la communauté francophone.

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«On veut vraiment nous intégrer dans la recherche communautaire.» Kristan Marchak

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Pour que cette relation réciproque fonctionne bien, la chercheuse a créé «un espace conçu pour les jeunes enfants». Le laboratoire lui-même est peint avec des murs bleu pâle et on y trouve avec des jouets pour enfants dans des boîtes, des tapis multicolores et des peintures des montagnes accrochées aux murs. Il y a même de petites chaises et de petites tables pour que les enfants puissent s’asseoir durant les recherches.

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L'intérieur du CROC Lab est conçu pour accueillir les familles et les jeunes enfants. Crédit : Vienna Doell

L’intérieur du CROC Lab est conçu pour accueillir les familles et les jeunes enfants. Crédit : Vienna Doell

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Kristan Marchak souhaite que de nombreuses familles se déplacent au centre de recherche, car l’équipe a «toujours plusieurs projets de recherche en cours […]. Mais tu dois prendre rendez-vous en ligne», précise-t-elle.

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Ce laboratoire en milieu francophone est un choix judicieux et impératif. «On voulait donner aux enfants et à leurs familles l’occasion de visiter le Campus. On espère les inspirer à se voir là où la science prend place», décrit la directrice.

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Des recherches dès les premières années de formation postsecondaire

De nombreux étudiants qui ont évolué au CROC Lab ou qui y travaillent actuellement sont emballés par cette nouveauté au Campus Saint-Jean.

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Cécilia Bernier, une étudiante en troisième année du baccalauréat en sciences, explique que grâce à Kristan et le CROC Lab, elle a pu commencer des recherches tôt dans son parcours universitaire.

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Cécilia Bernier, étudiante en troisième année du baccalauréat en sciences au Campus Saint-Jean et bénévole au CROC Lab. Crédit : Vienna Doell

Cécilia Bernier, étudiante en troisième année du baccalauréat en sciences au Campus Saint-Jean et bénévole au CROC Lab. Crédit : Vienna Doell

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Cécilia décrit que sa professeure «a été très supportive» en proposant à tous ces étudiants qui voulaient «faire de la recherche de la contacter». Dès la fin de sa première année d’études au Campus Saint-Jean, Cécilia rejoint le CROC Lab comme bénévole.

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Son rôle est d’aider les étudiants en maîtrise. «On a fait de la collecte de données, de l’analyse, on fait de la communication pour expliquer ce qu’est la science aux parents» et aussi sensibiliser les jeunes enfants âgés de trois à douze ans qu’ils observent à leur démarche. Pour Cécilia, «c’était vraiment ma première expérience de recherche, donc j’ai beaucoup appris comment ça fonctionne et a un réel niveau».

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«On a fait de la collecte de données, de l’analyse, on fait de la communication pour expliquer ce qu’est la science aux parents.» Cécilia Bernier

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Elle prévoit de continuer à travailler au laboratoire tout au long de ses études de premier cycle et réfléchit déjà à ses sujets de maîtrise. «J’aimerais développer mon propre projet un jour avec le CROC Lab […] peut-être faire quelque chose sur les langues, quelque chose sur l’éducation…», dit-elle.

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Un tremplin au-delà de la formation postsecondaire

L’expérience en recherche que Cécilia a acquise dans ce laboratoire fait d’elle une bonne candidate pour d’autres stages de recherches scientifiques francophones au Canada. L’été dernier, elle a complété un stage d’été en biologie de premier cycle en recherche au Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie (Laval, Québec) de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS)».

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Elle estime aussi avoir acquis de nouvelles compétences pour «communiquer la science au public grâce à mon expérience au TELUS World of Science». L’élève est consciente que la communication et la vulgarisation scientifique sont des pratiques difficiles pour les gouvernements et les chercheurs. Et ce n’est pas l’époque pandémique qui contredira le flot de désinformation vécu par la population.

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Le CROC LAB fonctionne grâce à ses partenaires officiels, Canadian Parents for French (CPF) et TELUS World of Science.

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