Des chercheurs franco-albertains présentent leur thèse en 180 secondes

Écrit par : Salima Bouyelli

31 mars 2021

Cette première en Alberta aura finalement bien lieu, mais en ligne ! La finale régionale du concours Ma thèse en 180 secondes devait se tenir le 20 mars au Campus Saint-Jean, mais l’organisation s’était heurté à la pandémie. L’événement a finalement lieu cette fin de mois d’octobre. Les participants devront expliquer leur sujet de recherche dans une vidéo de 3 minutes qui sera publiée en ligne et soumise au vote du public

« Un exercice académique, intellectuel, mental, psychologique sur tous les niveaux », décrit Houssem Ben Lazreg, finaliste en 2017 de la version anglaise du concours. Enseignant trilingue, traducteur, interprète, éditorialiste, ce doctorant d’origine tunisienne de l’Université de l’Alberta est un expert passionné des langues. Participer à cette édition en français est un défi qu’il compte relever avec succès.

Le Festival de poésie d’Edmonton 2019 où Houssem a lu ses traductions littéraires en 2019. Crédit: Courtoisie

Bâti sur le modèle anglais australien, intitulé Three minute thesis créé en 2008, le concours avait été adapté au Québec en 2012, par l’Association pour le savoir (ACFAS). Depuis, près de 1500 chercheurs doctorants passionnés, issus de pays francophones y ont participé.

Sathya Rao, professeur à l’Université de l’Alberta, organisateur principal du concours MT180. Crédit: Capture

Sathya Rao est le chef d’orchestre de cette première version franco-albertaine. Professeur associé au département des langues vivantes et des études culturelles de l’Université de l’Alberta, il a travaillé en étroite collaboration avec l’ACFAS, de l’élaboration de la page web jusqu’au recrutement des candidats.

Élène Haave Audet en randonnée au parc Blackfoot à l’extérieur d’Edmonton. Crédit: Courtoisie

Parmi eux, Élène Haave Audet, une brillante étudiante de 24 ans en maîtrise de science biologique à l’Université de l’Alberta. Pour cette amoureuse des mésanges, il s’agit d’une occasion de partager ses recherches avec un grand public, de rencontrer d’autres chercheurs et d’autres scientifiques.

À travers sa prestation, elle espère engager le public, créer une histoire avec laquelle les gens peuvent reconnaître un aspect de leur vie normale. Elle mise sur la vulgarisation. « Par exemple, moi j’étudie les oiseaux donc j’ai trouvé un lien entre la vie d’un oiseau et la vie d’un humain pour que ce soit intéressant et unique ».

De multiples défis

D’habitude, les participants sont évalués en présentiel sur une scène par un jury de 3 à 5 personnes. Cette année, ils devront enregistrer une vidéo de trois minutes de leur performance. Une fois diffusées en ligne, le public devra voter pour l’une d’entre elles. Le vainqueur se verra attribuer une petite somme d’argent considérable financée par divers organismes francophones.

Le principal défi de ce concours, c’est le temps imparti à chaque candidat. « Parler de nos recherches en seulement 3 min, ce n’est vraiment pas long pour parler de toute une thèse ou une maîtrise à des personnes qui n’ont aucune idée des études de langage dont on se sert pour décrire notre recherche avec d’autres scientifiques », assure-t-elle.

Houssem Ben Lazreg lors de sa participation au Three Minute Thesis (3MT), la version anglaise en 2017 de Ma thèse en 180 secondes. Crédit: Courtoisie

Fort de son expérience dans la version anglophone, Houssem Ben Lazreg livre ses conseils. « Il faut donner l’idée générale et poser la problématique, les méthodes pour traiter ou aborder les sujets et à la fin mettre notre contribution dans le domaine. Tout cela en trois minutes », détaille le jeune doctorant.

Promouvoir la recherche francophone en milieu minoritaire

Élène Haave Audet identifiant les oiseaux pour sa recherche au jardin botanique de l’Université de l’Alberta. Crédit: Courtoisie

Pour Houssem partager sa recherche est synonyme de « collaborations ». C’est ouvrir un pont de communication avec des collègues francophones et partager avec le public francophone, ou pas, les recherches scientifiques. Il souhaite « favoriser l’acquisition d’une certaine culture scientifique pour enrichir sur le long terme le débat public sur les différents enjeux politiques sociaux et culturels qui impactent nos sociétés ».

Élène Haave Audet est séduite par l’aspect francophone de ce concours. « C’est une opportunité de partager ma recherche en français et de rendre hommage à mon identité francophone », affirme-t-elle.

Cette compétition se tient également pour la première fois en Saskatchewan et au Manitoba démontrant ainsi cette volonté de l’ACFAS d’élargir la visibilité des francophonies en contexte minoritaire. « C’est pour qu’on puisse parler de la recherche en français dans une conjoncture où les choses ne sont pas forcément faciles pour l’université pour la francophonie. Il y a un désir de montrer qu’on peut faire des recherches en français ici dans l’Ouest, en Alberta en particulier », commente Sathya Rao.

Voici les quatre candidats franco-albertain :

Claudia Holody

Timothy Van den Brink

Elène Haave-Audet

Houssemm Ben Lazreg

Partager

La francophonie albertaine vous intéresse?

Nous aussi.

Abonnez-vous gratuitement à notre infolettre pour recevoir chaque deux semaines un concentré de nos meilleures histoires!