L’école francophone Saint-Vital de Beaumont devient l’école Quatre-Saisons

Écrit par : Gabrielle Beaupré

1 octobre 2021

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L’école Saint-Vital est nouvellement nommée l’école Quatre-Saisons. Crédit : Courtoisie.

Une page se tourne à l’école francophone de Beaumont. Anciennement appelée Saint-Vital, elle est rebaptisée l’école catholique Quatre-Saisons marquant, pour Étienne Alary, président du Conseil catholique du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) «une nouvelle étape dans le processus de réconciliations avec les communautés autochtones».

Ce nouveau nom fait suite à l’annonce du CSCN le 12 juillet dernier évoquant la nécessité de changer l’appellation de cette école. Cette décision découle des récentes découvertes de dépouilles d’enfants près des sites des anciennes écoles résidentielles de l’Ouest canadien et de l’implication du premier évêque du diocèse de Saint-Albert, Vital Grandin. En effet, celui-ci était un partisan du système des pensionnats autochtones.  

Étienne Alary, président du Conseil catholique du Conseil scolaire Centre-Nord. Crédit : Courtoisie.

Au début septembre, la communauté francophone a été invitée à soumettre des noms potentiels à un comité formé de la direction, de parents et d’élèves de l’école. Le président du Conseil catholique du CSCN indique que celui-ci a évalué 54 suggestions et il en a soumis cinq au CSCN qui, lui, a pris la décision finale.  

Pendant la réunion du conseil d’administration du 22 septembre dernier, le nouveau nom a été annoncé. Étienne Alary indique que le nom Quatre-Saisons était populaire dans la communauté. Il est d’ailleurs inspiré du quartier dans lequel le nouvel établissement scolaire sera situé dans quelques années. Sa construction commencera dans quelques semaines dans le quartier Quatres-Saisons de Beaumont. 

Robert Lessard, directeur général du Conseil scolaire Centre-Nord. Crédit : Courtoisie.

Robert Lessard, le directeur général du CSCN, mentionne que le ministère de l’Éducation ainsi que la municipalité seront informés du changement de nom dès le mois prochain. Un nouveau logo sera alors créé.

Un retour dans le passé

Dans les documents officiels de l’ouverture de l’école Saint-Vital en 2014, Étienne Alary relate que le nom de l’école soulignait le travail de Vital Grandin dans la communauté francophone. 

Pourtant, l’information concernant le rôle de l’évêque dans l’histoire tragique des pensionnats autochtones était publique. Robert Lessard, directeur général du CSCN depuis 2016, pense qu’à l’époque, cette histoire «n’était pas assez connue [dans l’actualité]» pour éviter de nommer l’école à la mémoire de Vital Grandin.

Nathalie Kermoal, professeure en études autochtones à l’Université de l’Alberta. Crédit : Courtoisie.

Nathalie Kermoal, professeure en études autochtones à l’Université de l’Alberta, explique que la situation a changé récemment compte tenu de la découverte du nombre élevé de tombes anonymes près des anciens pensionnats autochtones. «Il est difficile de préserver certaines choses à la lumière de ce que nous savons en ce moment.»  

D’autres noms révisés

Le Conseil scolaire révise actuellement le nom de ses écoles nommé en honneur de personnages historiques. On cite l’école Père-Lacombe à Edmonton et l’école Alexandre-Taché à Saint-Albert, car ces deux hommes auraient également joué un rôle dans l’histoire des pensionnats autochtones. 

Ce travail se fait notamment en collaboration avec la région 4 de la Nation métisse de l’Alberta. Le président du Conseil catholique du CSCN précise que la décision de changer le nom de celles-ci ne peut pas être prise sans eux. «On vise à un processus de réconciliation avec nos frères et sœurs des communautés métisses et autochtones.» 

Denis Perreaux, directeur général de la Société historique francophone de l’Alberta. Crédit : Courtoisie.

Le processus du changement de nom est, d’après Denis Perreaux, le directeur général de la Société historique francophone de l’Alberta, «une belle occasion d’éducation». Il peut permettre aux élèves de comprendre pourquoi, initialement, la communauté francophone a nommé l’établissement scolaire par le nom d’un personnage historique, et comprendre «pourquoi ce nom est moins acceptable aujourd’hui».  

Il faut rappeler que la communauté francophone a «une perspective unique quant à la question du rôle de l’Église catholique dans la colonisation de l’Ouest.» Denis Perreaux raconte que pendant les cinquante premières années, la langue dominante de l’Église était le français. 

 

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