La culture se relève

Écrit par : Sarah Therrien

5 février 2022

  • Diffusion de cinéma en extérieur
Jérémy Lebon et son équipe souhaitent pouvoir bientôt diffuser des longs métrages au public cinéphile de Lethbridge. Crédit : Courtoisie

Le soleil s’est levé sur 2022 avec de l’espoir, mais aussi une dose d’hésitation. Comment le milieu culturel entamera-t-il cette nouvelle année? Du théâtre à la danse en passant par le cinéma et les arts visuels, les artistes ont hâte de regagner les planches, mais surtout de retrouver le public franco-albertain. Tour d’horizon avec le Centre d’arts visuels de l’Alberta (CAVA), La Girandole, cInéMAGINE   et la Cité des Rocheuses.

Des idées plein la tête

«Avant les Fêtes, nous avons pu faire trois ou quatre événements et nous avons eu une belle réponse du public et des artistes. C’est une lueur de joie que de voir la communauté se mobiliser», s’enthousiasme Fabienne Mamane-Virani, directrice artistique du CAVA depuis tout juste quatre mois. Lorsque son poste au Campus Saint-Jean est coupé, la juriste ingénieure financière de formation, désirant rester en Alberta, laisse sa passion pour la culture la guider, ce qui la mène tout droit au Centre d’arts visuels. «J’ai une petite fibre artistique», admet Fabienne qui a «grandi dans un univers culturel riche» où son père gérait un café-théâtre-cabaret en plein cœur de Paris.

Fabienne Mamane-Virani est la directrice artistique du Centre d’arts visuels de l’Alberta

Fabienne Mamane-Virani est à la direction artistique du Centre d’arts visuels de l’Alberta depuis 4 mois. Crédit : Courtoisie

Le CAVA bouillonne d’idées de projets, ayant prévu plusieurs initiatives au cours des prochains mois. Le projet jeunesse Je suis, Je rêve, Je fais, qui combine slam, graffiti et danse, devrait prendre forme au printemps prochain s’il obtient le financement nécessaire.

Puis, dans le cadre de sa programmation annuelle, le CAVA propose aux aînés une série de 10 webinaires d’introduction à la couture, à la peinture à l’acrylique et à l’aquarelle. Ce projet est réalisé en partenariat avec la Fédération des aînés franco-albertains (FAFA).

Un rendez-vous à ne pas manquer

«C’est probablement sa dernière exposition», nous avertit Raphaëlle Erdman, agente de programmation au CAVA, à propos de Jerry Berthelette. Maintenant âgé de 80 ans, l’artiste métis et francophone nous offre dans Voyage le travail d’une vie, retraçant l’histoire de ses ancêtres de la Rivière-Rouge jusqu’à Edmonton. Chaque tableau est accompagné d’un artefact historique sélectionné par l’artiste. L’exposition qui rallie réalisme et symbolisme est un véritable voyage dans le temps, comme le témoigne ce triptyque racontant l’histoire des Métis et de la chasse aux bisons. Jusqu’au 21 février 2022 dans l’espace exploration du CAVA.

Dans les coulisses de La Girandole

Le trac ressenti avant d’entrer en scène est aussi palpable chez Julianna Damer avant la rentrée des élèves en classe de danse. «C’est sûr que c’est un peu stressant de s’assurer que tout le monde est en sécurité, mais nous prenons les mesures nécessaires pour que les gens soient à l’aise», nous confie la directrice générale de La Girandole. Malgré une baisse du nombre d’inscriptions, son équipe se concentre sur l’essentiel : continuer à donner des cours de danse. Le cours le plus populaire de cette session est, au plus grand plaisir de Julianna Damer, celui de gigue canadienne-française. «Les gens sont encore intéressés à danser et à vivre leur culture de cette façon», souligne-t-elle.

«Les gens sont encore intéressés à danser et à vivre leur culture de cette façon.» Julianna Damer

Pour Julianna, un des plus beaux souvenirs de 2021 est certainement la Veillée qui a eu lieu le 10 décembre dernier. Cette soirée dansante a rassemblé plus de 70 personnes à l’extérieur de La Cité francophone à Edmonton. «Ça s’est vraiment bien passé! En plus, il faisait vraiment froid, mais les gens sont venus quand même», se réjouit-elle.

La Girandole est actuellement en train de concevoir des vidéos de danse, un important projet destiné aux écoles. «On sait qu’elles utilisent des vidéos de danse sur YouTube, alors c’est important pour nous d’offrir un produit local en français.» Un grand projet qui sera lancé cette année et dont la diffusion est destinée d’abord sur le plan local, mais qui aspire à s’élargir.

Silence, on tourne

Du côté de Lethbridge, c’est le concours de courts métrages qui occupe l’équipe de cInéMAGINE. Destiné aux élèves de 7e à 12e année et aux étudiants universitaires, ce projet a lieu depuis quatre ans en partenariat avec le French Language Centre (FLC) de l’Université de Lethbridge.

Cette année, le projet a obtenu un nombre d’inscriptions record, 62 pour être exact contre 30 en 2021. «Il y a deux choix de catégorie, le premier est un thème 100% libre et le second est la création d’une publicité d’un produit fictif ou réel», explique Jérémy Lebon. Mais attention, pour le second thème, ce doit être vraiment une marque fictive. «On ne veut pas voir la nouvelle paire de chaussures Nike», blague le directeur général de l’organisme. Les participants seront jugés sur le rendu technique, mais aussi sur la créativité et l’innovation. Les projets seront diffusés sur YouTube d’ici la fin mars.

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CInéMAGINE souhaite aussi pouvoir diffuser des films en salle bientôt et établira sa programmation en fonction du contexte sanitaire actuel en utilisant la rentrée scolaire comme indicatif. Il sera tout de même possible pour les cinéphiles de visionner des longs métrages en ligne, et ce, gratuitement dès janvier.

Le théâtre francophone de retour à Calgary

«On aurait pu avoir des choses, mais on a choisi de ne pas prendre de risque», souligne Arnaud Favier, directeur général adjoint de la Cité des Rocheuses de Calgary. «On espère qu’en février tout sera mieux», ajoute-t-il. Une chose est certaine, c’est que l’engouement pour le théâtre reprend dans la métropole albertaine. En effet, 27 participants font partie de ce projet communautaire qui rassemble la diversité de Calgary et qui réunit autant d’initiés que d’amateurs.

«On aurait pu avoir des choses, mais on a choisi de ne pas prendre de risque.» Arnaud Favier

La troupe communautaire travaille actuellement sur les Exercices de style de Queneau, où une même histoire est répétée plusieurs fois, mais toujours de manières différentes. Cette œuvre a été privilégiée puisqu’elle ne requiert que deux ou trois artistes sur scène et que la présentation des textes est formée de courtes interprétations. «Si on reste bloqué, cela sera possible de capter cela, explique Arnaud Favier. L’objectif est de présenter quelque chose au courant du mois de mai.»

La Cité des Rocheuses

«On espère qu’en février tout sera mieux», laisse entendre dans un soupir Arnaud Favier, directeur général adjoint à la Cité des Rocheuses de Calgary. Crédit : Sarah Therrien

Parmi les beaux coups de 2021, le directeur adjoint mentionne le passage du conteur Fred Pellerin et la diffusion du spectacle de Noël qui a réuni virtuellement 800 enfants albertains. Car malgré les défis et les soupirs de découragement, 2021 aura au moins permis aux artisans de la culture de s’équiper et de s’armer pour toutes les éventualités que 2022 apportera.

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