L’École Nouvelle Frontière éduque ses élèves aux traditions autochtones

Écrit par : Mélodie Charest

27 avril 2021

Contrairement à ce que laisse penser son nom, l’école francophone de Grande Prairie n’établit pas de nouvelles frontières, mais en repousse. Geneviève Savard, animatrice culturelle, a instauré un projet dans le sens de la réconciliation avec les Peuples autochtones. Au programme : bricolage de capteurs de rêve, récits de contes et légendes, mais aussi une plantation de sauges et de tabac. 

Crédit: courtoisie Geneviève Savard.

L’enthousiasme est bien enraciné dans la voix de Geneviève. Tout a commencé avec l’octroi de fonds, The Environmental Student Action Challenge, du gouvernement albertain afin de créer un jardin à l’école. Une initiative originale à laquelle l’animatrice culturelle va ajouter une touche civique sous le signe du multiculturalisme. 

Sans être issue d’une communauté autochtone, madame Savard est visiblement sensible au patrimoine légué par les Premiers peuples. Native du Lac-Saint-Jean, au Québec, elle se rappelle des noms de rivières dans sa région natale. « On a été entouré de tout ce savoir-là, de tous les noms autochtones, mais on n’a pas vraiment connu leur histoire. Je crois qu’en passant ce savoir, on va pouvoir construire des liens plus solidaires et plus inclusifs. »

Les élèves de l’École Nouvelle Frontière, à Grande Prairie, entretiennent leur jardin. Crédit: courtoisie Geneviève Savard.

« C’est un devoir des écoles d’enseigner d’où on vient »

Bien que son désir est celui d’enseigner aux « leaders de demain », comme elle appelle ses étudiants, la menace de l’appropriation culturelle n’est jamais trop loin. Elle fait d’ailleurs appel à Isabelle Graceau, une Métisse francophone aux racines québécoises. Cette dernière œuvre au sein du Cercle de vie, un organisme qui a pour mission de sensibiliser les jeunes à la culture autochtones à travers différents ateliers.

Crédit: courtoisie Geneviève Savard.

Bien que madame Garceau soit présentement au Pérou, elle se joint de temps en temps aux enseignants de l’école par visioconférence pour léguer sa sagesse autochtone. À leur tour, ils la légueront à leurs élèves.

Sous le signe de la réconciliation

Outre l’apprentissage de rudiments de l’artisanat comme les capteurs de rêve, les élèves ont déjà pu s’immerger un peu plus dans la culture et l’histoire par le biais des mythes. 

Comme madame Savard le rappelle en vertu de la Commission de vérité et réconciliation, les écoles sont tenues d’éduquer la jeunesse sur cette partie de notre histoire dans le cursus scolaire. Ainsi, lors d’une activité pour célébrer les joies du temps des sucres, les étudiants ont pu découvrir une légende autochtone. C’est un moyen de léguer un savoir, mais aussi des « valeurs partagées comme le courage, la persévérance, le service à la communauté. »

Crédit: courtoisie Geneviève Savard.

Le gros de ce projet éducatif est un potager. Les élèves entretiennent une plantation intérieure de sauge, une plante aux vertus médicinales, et de tabac. Ces deux plantes s’inscrivent dans la culture ancestrale autochtone. « Le tabac est associé à la notion de gratitude, on va vraiment aller à notre jardin, tenter de faire un retour aux sources et d’être reconnaissant de la terre et des plantes qui renferment le savoir ». 

Bien que ce type d’éducation se fait en continu, madame Savard et ses élèves espèrent tout de même se rendre jusqu’au 21 juin, qui correspond au solstice d’été, pour célébrer et sacrer les fruits de leur apprentissage.

 

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