Les Elks d’Edmonton passent le ballon aux Franco-Edmontoniens

Écrit par : Isaac Lamoureux

16 octobre 2022

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Mike Dubuisson : «Je pense que les réseaux sociaux français vont attirer beaucoup de fans.» Crédit : Courtoisie
Le 28 septembre, les Elks d’Edmonton ont ouvert des comptes Twitter, Facebook et Instagram en français. Ils espèrent ainsi fédérer les fans francophones et francophiles non seulement à Edmonton, mais aussi dans tout le Canada. Les Elks montrent la voie dans une Ligue canadienne de football (LCF) enrichie par la diversité, en ayant l’espoir que d’autres équipes suivent leur exemple.

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Isaac Lamoureux
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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Dans chaque équipe de la LCF, il y a plusieurs francophones qui font partie des 21 joueurs canadiens obligatoires (sur un total de 42). Malgré cela, peu d’équipes ont une présence en français sur les médias sociaux.

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Sur les neuf équipes de la LCF, seules deux disposent de comptes de médias sociaux destinés aux francophones. Évidemment, les Alouettes de Montréal (Québec) et les Rouge et Noir d’Ottawa (Ontario), la capitale fédérale.

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(De gauche à droite) Punter et Spike, les deux mascottes des Elks d'Edmonton. Crédit : Isaac Lamoureux

(De gauche à droite) Punter et Spike, les deux mascottes des Elks d’Edmonton. Crédit : Isaac Lamoureux

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Les Elks d’Edmonton sont donc la première équipe de l’Ouest à suivre le mouvement. Elle espère toucher les Franco-Albertains, mais pas seulement. «Il y a évidemment une énorme population francophone au pays. Et je pense qu’il est très important de pouvoir leur parler», dit fièrement Evan Daum, le responsable du marketing et des communications des Elks.

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C’est Victor Cui, le président des Elks, qui a soufflé l’idée de créer ces comptes francophones sur les médias sociaux. Sa concrétisation est passée par un vote des membres du groupe de gestion. Evan Daum dit, avec espoir, «nous cherchons à construire une base d’admirateurs aussi diversifiée que la communauté que nous servons à Edmonton, ainsi qu’à l’échelle provinciale et nationale».

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«Nous cherchons à construire une base d’admirateurs aussi diversifiée que la communauté que nous servons à Edmonton.» Evan Daum

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Un effort d’équipe pour faire avancer le ballon

Pour lancer ces nouveaux comptes sur les médias sociaux, il a fallu trouver une personne capable de s’acquitter de cette tâche. Le nom de Daniel Proulx a été mentionné par la direction. Cet enseignant, connu pour sa pédagogie au sein des Elks, a accepté. Parfaitement bilingue, il traduit dans un premier temps ce qui est mis sur les comptes de réseaux sociaux anglais et publie la version française sur les sites dédiés. C’est un travail d’équipe avec le responsable des médias sociaux de l’équipe sportive.

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«On espère travailler avec la communauté francophone, pas juste en Alberta, mais dans tout le Canada.» Daniel Proulx

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Mais dès la saison prochaine, les comptes francophones des Elks sur les médias sociaux commenceront à courir seuls avec le ballon. L’objectif est de travailler avec les joueurs, les écoles et les fans francophones. «On espère travailler avec la communauté francophone, pas juste en Alberta, mais dans tout le Canada», s’exclame l’enseignant avec enthousiasme.

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Toute l'équipe se motive avant le match. Crédit : Isaac Lamoureux

Toute l’équipe se motive avant le match. Crédit : Isaac Lamoureux

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Bien qu’il soit le seul responsable des médias sociaux pour le moment, Daniel Proulx ne travaillera plus seul. Les joueurs francophones de l’équipe joueront un rôle important. Les Elks s’appuieront sur eux et sur leur capacité à parler français pour produire du contenu en français. Evan Daum déclare avec passion «qu’il est enthousiaste à l’idée que les sept joueurs québécois de l’équipe fassent partie intégrante de notre plan de contenu pour l’avenir».

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Le pouvoir de la francophonie en Alberta

Une valeur sur laquelle les joueurs de la LCF s’accordent est l’importance de la diversité. Mike Dubuisson, l’arrière défensif des Elks, dit qu’un slogan dans la LCF est «la diversité est une chose formidable».

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Originaire de Montréal, il a joué au football universitaire dans sa ville natale. Il a également joué pour les Elks (Eskimos à l’époque) entre 2014-2016, les Roughriders de la Saskatchewan en 2017, et a été coupé par les Lions de la Colombie-Britannique en 2018 pendant le camp d’entraînement. Puis, il a rejoint de nouveau les Elks avec lesquels il avait remporté sa première coupe Grey.

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Il y a beaucoup de francophones en Alberta, explique l’arrière défensif, et ils «me font sentir chez moi». À l’inverse, pendant la saison qu’il a jouée pour les Roughriders, «je n’ai trouvé personne qui parlait français en Saskatchewan», raconte-t-il avec tristesse. Heureusement, à l’époque, il y avait cinq joueurs québécois dans l’équipe.

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«Les francophones me font sentir chez moi.» Mike Dubuisson

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Les joueurs québécois ne sont pas étrangers à l’entraîneur principal et directeur général des Elks, Chris Jones. Mike Dubuisson sait que son directeur général connait la qualité des joueurs qui évoluent au Québec. Celui-ci insiste d’ailleurs sur leur belle personnalité et leur éthique sportive.

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Passer le ballon à d’autres personnes que les joueurs

L’ensemble de la direction et du personnel d’encadrement ainsi que les joueurs anglophones soutiennent la francophonie au sein de l’équipe. Mike Dubuisson assure que les joueurs francophones et anglophones s’entendent très bien. D’ailleurs, certains joueurs anglophones veulent même apprendre le français!

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Le quart-arrière des Elks d'Edmonton, Taylor Cornelius, reçoit une remise (snap). Crédit : Isaac Lamoureux

Le quart-arrière des Elks d’Edmonton, Taylor Cornelius, reçoit une remise (snap). Crédit : Isaac Lamoureux

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Quand les francophones parlent ensemble dans les vestiaires ou sur le terrain, cela pique la curiosité des joueurs anglophones. «Ça me fait très plaisir de leur faire savoir ce que je dis et de le traduire pour eux», dit Mike Dubuisson. D’ailleurs, il n’est pas seulement un joueur de la LCF, mais aussi un réel partisan du français langue seconde pour ses coéquipiers francophiles.

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«J’espère que les autres équipes de la ligue suivront ce que font les dirigeants des Elks.» Daniel Proulx

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Avec ses comptes francophones sur les médias sociaux, les Elks espèrent non seulement atteindre un nouveau public, mais aussi créer de nouveaux partenariats. Pendant la semaine de la lecture READ IN Week, de nombreux joueurs se rendent dans les écoles anglophones pour faire la lecture en classe. Désireux de s’associer au Conseil scolaire Centre-Nord, «on veut que les joueurs francophones puissent aller aux écoles francophones pour lire aux élèves aussi», dit Daniel Proulx. «J’espère que les autres équipes de la ligue suivront ce que font les dirigeants des Elks», ajoute-t-il.

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Depuis sa saison inaugurale en 1958, la LCF est le plus haut niveau de football professionnel au Canada. Les neuf équipes sont réparties en deux divisions, l’Est et l’Ouest. Six équipes se qualifient pour les séries éliminatoires.

Un aspect intéressant de la LCF est que trois équipes de chaque division ne se qualifient pas nécessairement pour les séries éliminatoires. Si l’équipe qui occupe la quatrième place d’une division a plus de points que l’équipe qui occupe la troisième place dans l’autre division, elle passe de l’une à l’autre et se qualifie comme membre de la division opposée. Cela signifie que quatre équipes peuvent se qualifier dans la division Ouest et deux dans la division Est. Techniquement, deux équipes de la même division peuvent jouer pour la Coupe Grey.

Source : lcf.ca

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