Elev, une start-up créée par et pour des jeunes

Écrit par : Véronique Vincent

4 octobre 2022

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Kevin Mpunga et Jean Bruce Koua faisant la promotion de leur jeune entreprise Elev devant un jury. Crédit : Courtoisie
Lors de cette rentrée universitaire, plus de 1000 étudiants ont utilisé l’application mobile Elev Homes pour se trouver un logement. Encore plus impressionnant : cet été, l’équipe d’Elev Homes, menée par Kevin Mpunga et Jean Bruce Koua, a remporté plusieurs prix sur la scène provinciale et internationale.

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Véronique Vincent
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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Kevin Mpunga, Congolais d’origine et Albertain depuis 11 ans, a eu l’idée de créer une entreprise pour aider les étudiants edmontoniens à trouver du logement hors campus. Un logement qui n’est donc pas en lien avec l’université qui les accueille.

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«Quand j’étais étudiant, j’ai eu beaucoup de difficultés à trouver où habiter», se remémore le PDG de l’entreprise. Il souhaitait avant tout vivre en résidence, mais il a vite changé d’avis après avoir calculé le coût du loyer.

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«Quand j’étais étudiant, j’ai eu beaucoup de difficultés à trouver où habiter.» Kevin Mpunga

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De ces défis rencontrés alors qu’il était étudiant en 2e année du programme bilingue de sciences infirmières au Campus Saint-Jean a germé une idée. Créer une entreprise pour faciliter, pour les étudiants, l’accès aux logements. Très vite, il l’a concrétisée. «Je me suis dit que je pourrais trouver une solution à ce problème d’une façon très accessible aux étudiants», partage le jeune entrepreneur.

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Elev est ainsi né. C’est une plateforme qui simplifie la tâche aux locataires et aux propriétaires. En utilisant les services d’Elev, les étudiants peuvent trouver un logement, visiter virtuellement les lieux et trouver des colocataires.

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Kevin Mpunga, qui a fondé Elev lorsqu’il avait 20 ans, a participé à une conférence sur l’entrepreneuriat à Toronto. Crédit : Courtoisie

Kevin Mpunga, qui a fondé Elev lorsqu’il avait 20 ans, a participé à une conférence sur l’entrepreneuriat à Toronto. Crédit : Courtoisie

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Elev facilite aussi le processus de recherche pour les propriétaires en quête de locataires, les transactions financières associées aux loyers, ainsi que les communications entre les parties. Voilà la grande différence entre Elev et les autres plateformes pour trouver des chambres à louer, comme Kijiji et Facebook Marketplace.

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«Je voulais quelque chose qui a rapport avec mon identité comme étudiant, mais que ça soit court et moderne.» La modification du mot «élève» et le tour était joué!

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Jean Bruce Koua a rejoint l’équipe d’Elev comme responsable des opérations après avoir entendu la vision de Kevin. «Je connaissais des amis qui travaillaient avec Kevin et le côté des chiffres m’intéressait», explique l’étudiant qui obtiendra, en décembre, son baccalauréat en arts avec une majeure en économie et une mineure en sciences politiques de l’Université de l’Alberta. Il ne va pas s’en dire que lui aussi avait connu des difficultés à trouver un logement quand il est arrivé de la Côte d’Ivoire pour ses études.

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Devenir entrepreneur, c’est aussi se relever les manches

«Une fois que la pandémie a commencé, c’était difficile. Les premiers mois, personne ne cherchait de logement», se souvient-il. De plus, la rentrée universitaire 2020 a été peu productive. En effet, la grande majorité des cours ont été offerts en ligne et les étudiants sont donc restés chez leurs parents ou dans leur famille. «C’est donc vraiment à la rentrée de 2021 que nous avons pu voir le potentiel de nos efforts.»

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Lancer une entreprise, cela comporte un grand nombre de petites et de grandes étapes. Les deux plus fondamentales ont été le lancement de l’application mobile et du site web en juin 2021. «Plus nous avançons avec Elev et plus la prochaine étape devient claire, mais c’est sûr qu’il y a beaucoup d’essais-erreurs», raconte Kevin.

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De jeunes entrepreneurs reconnus par leurs pairs

«À force d’être dans la communauté entrepreneuriale des technologies et des start-ups, beaucoup d’opportunités se présentent» à eux. L’équipe d’Elev a participé au concours de pitch (argumentaire de vente/présentation de l’entreprise) dans le cadre de la conférence Inventure$ qui a eu lieu à Calgary en mai dernier. Un événement où de jeunes entrepreneurs de partout au Canada ont présenté leur entreprise en démarrage devant un jury.

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«Nous nous sommes bien amusés, car non seulement nous avons gagné la première place, mais nous avons fait du réseautage avec d’autres étudiants très motivés et intéressants», mentionne Kevin. «C’était bien de voir ce que nous avions en commun et d’entendre de leurs expériences.»

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Kevin Mpunga, qui a fondé Elev lorsqu’il avait 20 ans, a participé à une conférence sur l’entrepreneuriat à Toronto. Crédit : Courtoisie

Kevin Mpunga, qui a fondé Elev lorsqu’il avait 20 ans, a participé à une conférence sur l’entrepreneuriat à Toronto. Crédit : Courtoisie

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Peu après, les membres d’Elev ont voyagé encore plus au sud pour se rendre à Oklahoma, aux États-Unis, pour participer à un événement qui avait comme but d’attirer les jeunes talents à s’installer au pays de l’Oncle Sam.

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L’événement comprenait un concours de pitch où Elev a remporté la deuxième place. «Je pense que notre pitch relate l’histoire de plusieurs étudiants, peu importe où nous allons à l’école, nous avons quelque chose en commun», explique Kevin. Et c’est bien là la force de cette petite entreprise : l’histoire derrière le concept.

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Plus tard dans l’été, Kevin et Jean ont été invités à Toronto pour une conférence. «On était très chanceux d’avoir eu des billets parce que c’était très cher, au moins 800$ par personne!»

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Jean Bruce Koua, responsable des opérations à Elev. Crédit : Courtoisie

Jean Bruce Koua, responsable des opérations à Elev. Crédit : Courtoisie

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Pour Jean, cela lui a demandé de faire des sacrifices afin de participer à tous ces événements avec son partenaire d’affaires. Il a dû choisir entre un emploi à plein temps et sa collaboration à Elev, un choix difficile, mais «une fois que la décision a été faite, je n’ai eu aucun regret!»

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Selon Jean, cela lui a permis de développer ses compétences en communication, un très bel atout dans son domaine professionnel. «C’était vraiment bien de travailler pour quelque chose qui me motive et qui aide les autres», partage-t-il fièrement, heureux de gérer la croissance de l’entreprise.

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«C’était vraiment bien de travailler pour quelque chose qui me motive et qui aide les autres.» Jean Bruce Koua

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Au cours des prochaines années, ces deux entrepreneurs s’imaginent partout au Canada à la rescousse de milliers d’étudiants qui ont de plus en plus de mal à trouver des logements universitaires ou «du moins dans les grandes villes canadiennes. Et après ça, on verra», s’exclame Kevin avec une étincelle dans les yeux qui en dit long sur sa motivation.

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