«Comme un membre de la famille»

Écrit par : Geneviève Bousquet

4 octobre 2021

Gilles et Debbie au pied de l’arbre aujourd’hui imposant avant qu’ils ne le coupent. Crédit : Courtoisie

Quand Gilles et Debbie ont acheté leur maison dans le quartier Ermineskin en 1989, ils ont été charmés par le saule argenté qui occupait une bonne place dans l’arrière-cour. Ils ignoraient à l’époque qu’il allait devenir l’un des plus grands arbres sur une propriété privée de la ville d’Edmonton. Aujourd’hui, le couple est dans l’obligation de s’en départir. Une décision difficile qui vient avec un prix à payer.

«Le saule mesure plus de 80 pieds de haut et à peu près 80 pieds de large», ricane Gilles. Il ne fait pas que de l’ombre dans leur cour. Il dépasse chez les voisins qui se plaignent notamment de devoir ramasser ses feuilles. Des désagréments qui ont amené certains voisins mécontents à leur envoyer des plaintes par courrier. 

Gilles avec son fils au pied de l’arbre alors que celui-ci était encore jeune. Crédit : Courtoisie

Les relations difficiles avec le voisinage ne sont pas les seules raisons qui poussent Gilles et Debbie à faire couper leur arbre. C’est plutôt une question de sécurité. «On a peur que l’arbre tombe sur la maison, dans la cour ou pire encore, sur des gens», explique Gilles. 

C’est ainsi que les propriétaires auront donc à débourser plusieurs milliers de dollars pour procéder à cette coupe. Si les frais sont conséquents, le plus difficile pour eux est qu’ils perçoivent cet arbre comme un membre de la famille, présent depuis plus de trente ans.

Une histoire de famille

Si ce saule pouvait parler, il en aurait long à raconter sur la famille de Gilles et Debbie. Toutes les occasions célébrées sous ses feuilles et les exploits des petits-enfants qui ont grimpé sur ses branches en feraient sourire plus d’un. 

Boite artisanale fabriquée par Gilles. Crédit : Courtoisie

«Nous avons une photographie de notre plus jeune fils dans les bras de son père devant le saule. Et quand notre autre fils s’est marié, on a pris des photos avec les garçons d’honneur sous l’arbre», raconte Debbie. Il a également servi d’habitat pour des familles d’oiseaux qui ont pris place dans les petites cabanes qui y sont accrochées, fait remarquer le couple. 

Dernièrement, le couple a organisé une fête dans la cour pour souligner la vie de leur arbre. «Nous avons reçu la famille et la mère de Gilles qui aime beaucoup cet arbre. Celui-ci lui rappelle la ferme où elle a élevé ses enfants», ajoute-t-elle. 

L’homme qui aimait les arbres

Gilles s’y connaît en bois. Ce coiffeur de longue date s’est découvert une passion pour le travail du bois. Depuis plusieurs années, il crée des oeuvres allant du bouton aux  boîtes décoratives qu’il vend au marché des fermiers de Strathcona. 

Receptacle pour petits objets conçu par Gilles. Crédit : Courtoisie

Malheureusement, le saule blanc n’offre pas un bois de qualité pour les projets de l’artisan, mais il souhaite tout de même récupérer quelques morceaux pour leur donner une seconde vie.

Gilles et Debbie espèrent aussi conserver une partie de l’arbre dans leur cour. «Ce que l’on compte faire est de couper les troncs à différentes hauteurs et s’en servir comme plateformes. Je construirai de petites maisonnettes qui seront placées sur chaque tronc pour former une sculpture», explique Gilles. Une façon de garder un peu de l’âme de leur vieux saule argenté.

Partager