La mémoire des aînés franco-albertains préservée

Écrit par : Francopresse

6 juin 2021

Elisabeth Ndjock. La Fédération des aînés franco-albertains (FAFA) vient de lancer la première vidéo d’une série de six capsules thématiques qui présenteront les histoires d’aînés aux profils différents. Crédit : Courtoisie - FAFA

La Fédération des aînés franco-albertains (FAFA) vient de lancer la première vidéo d’une série de six capsules thématiques qui présenteront les histoires d’aînés aux profils différents. Les thèmes exploités porteront sur le confinement, la vie d’avant, la distance avec les proches, les histoires amoureuses, le bien-être et l’activité physique. L’initiative s’imbrique dans le projet «Parler pour transmettre», qui vise la «transmission orale de la mémoire de nos aînés francophones, par le biais de baladodiffusions, de vidéos et de contes».

Marie-Paule Berthiaume – Francopresse

La FAFA s’est alliée la boîte de production bilingue Productions Loft, basée en Alberta, pour réaliser la section vidéo de son projet «Parler pour transmettre» en 2020-2021. 

Selon le gestionnaire de la programmation et des projets à la FAFA, Maxime Bonafé, «l’objectif était de rencontrer des aînés de partout en Alberta pour qu’ils puissent se raconter […] On s’est inspiré d’un projet réalisé par la FAFA dans les années 2000 [et relancé en 2016, NDLR] pour le développer et aller jusqu’au bout de l’idée».

Le gestionnaire de la programmation et des projets à la Fédération des aînés franco-albertains, Maxime Bonafé. Crédit : Courtoisie – FAFA

Le projet original s’intitulait «Je me raconte» et encourageait les aînés à évoquer leurs souvenirs à travers l’écriture. Bien que les participants étaient guidés par des consultants tels que des écrivains et des poètes, l’expérience a montré que plusieurs n’étaient pas à l’aise à l’écrit. 

«C’était une barrière. En 2020, vingt ans plus tard, nous avons donc décidé de relancer le projet sous un nouveau nom, “Parler pour transmettre”. Nous avons voulu favoriser cette transmission de la mémoire, mais à travers la parole. La barrière de l’écriture a été éliminée à travers des podcasts [baladodiffusions] et des capsules vidéos où l’on a pu observer des aînés beaucoup plus à l’aise», remarque Maxime Bonafé.

Briser l’isolement grâce aux balados

Pour privilégier la transmission orale, la FAFA s’est d’abord lancée dans la baladodiffusion en 2019-2020 en s’associant au Campus Saint-Jean à Edmonton. Des étudiants universitaires ont alors mené des entrevues d’une heure auprès d’aînés francophones. 

Jeannine de Moissac. Le projet vise entre autres à créer des ponts entre l’ensemble des aînés albertains, tout en informant les aînés francophones nouvellement arrivés de ce qu’était la vie d’autrefois dans la province. Crédit : Courtoisie – FAFA

«On sait que nos aînés sont isolés. Beaucoup de membres de leur famille ne vivent pas à proximité, souvent à l’autre bout du Canada ou dans d’autres pays. C’était donc l’occasion de permettre aux proches de ces aînés de les entendre se raconter», explique Maxime Bonafé.

Dans un souci de conservation de la mémoire franco-albertaine, la FAFA a décidé en 2020 de lancer un site Web bilingue où l’ensemble des projets, du livre de recettes à la série vidéo, seront rendus disponibles peu à peu. 

«Avec le site Web, on donne la possibilité à tout le monde d’y accéder en tout temps, et ce, gratuitement. On a mis les podcasts, on y a aussi mis les récits produits dans le cadre de “Je me raconte”. Et d’ici la fin 2021, on va ajouter six capsules vidéos créées avec Production Loft», assure Maxime Bonafé. 

Gaston Launière. Les thèmes exploités porteront sur le confinement, la vie d’avant, la distance avec les proches, les histoires amoureuses, le bien être et l’activité physique. Crédit : Courtoisie – FAFA

La vidéo sur le confinement est disponible depuis le 15 avril. Les vidéos suivantes seront diffusées aux mois de mai, juin, septembre, octobre et novembre. Leur parution sera notamment annoncée sur la page Facebook de la FAFA, sur leur fil Twitter et par infolettre, à laquelle il est possible de s’inscrire sur le site Web du projet. 

Un tournage en pleine pandémie

La FAFA avait prévu le tournage des capsules vidéos avant la pandémie, mais elle a dû s’ajuster en fonction de l’aisance et de l’état de santé des aînés. 

«On a utilisé les masques, la distanciation sociale, la désinfection des mains et on a fait signer des décharges. Si un aîné ne se sentait pas bien, on annulait le tournage. On s’est déplacé à leur convenance pour que ça soit le plus facile possible pour eux», énumère Maxime Bonafé.

Jeanette Raby. La FAFA avait prévu le tournage des capsules vidéos avant la pandémie, mais elle a dû s’ajuster en fonction de l’aisance et de l’état de santé des aînés. Crédit : Courtoisie – FAFA

Le gestionnaire se réjouit d’avoir tout de même pu continuer le projet : «On a eu une douzaine d’aînés qui ont participé et ils étaient tous ravis! Pour certains, ça faisait longtemps qu’on voulait les interviewer parce qu’ils ont une histoire formidable à raconter, alors que pour d’autres, ça s’est fait au dernier moment grâce à des contacts locaux.»

«On a un contenu dont on est ravi. […] Ces vidéos étaient aussi un bon moyen pour les aînés de s’extraire du quotidien un peu routinier et morose de la COVID», conclut-il.

Selon le gestionnaire de la programmation et des projets de la FAFA, la série vidéo s’adresse au grand public et propose même des sous-titres en anglais. Le projet vise entre autre à créer des ponts entre l’ensemble des aînés albertains, tout en informant les aînés francophones nouvellement arrivés de ce qu’était la vie d’autrefois dans la province. 

Huguette Schweiger. L’initiative s’imbrique dans le projet «Parler pour transmettre», qui vise la «transmission orale de la mémoire de nos aînés francophones, par le biais de baladodiffusions, de vidéos et de contes». Crédit : Courtoisie – FAFA

Le chargé de projet dit également espérer que la série vidéo serve à rapprocher les aînés de leur entourage éloigné : «On est une équipe assez jeune et on pense que beaucoup de problèmes seraient résolus ou disparaîtraient si les générations discutaient entre elles et prenaient le temps de s’écouter. J’espère que notre effort diminue les barrières entre les jeunes et leurs aînés pour qu’ils apprennent les uns des autres.»

Cela rejoint aussi l’objectif de la FAFA, qui espère réconcilier les générations à travers ce projet.

L’organisme prévoit diffuser les balados et les vidéos auprès des nouvelles générations francophones, dans les écoles entre autres. La FAFA désire ensuite conclure le projet «Parler pour transmettre» en réalisant des contes pour enfants avec les aînés, une autre manière de créer des liens entre jeunes et moins jeunes! 

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