Un paradis pour l’abeille, un nectar pour la communauté

Écrit par : Arnaud Barbet

9 avril 2021

La famille Paradis, c’est d’abord sept générations d’apiculteurs. Aujourd’hui, Ginette, l’épouse de Danny Paradis, est la cheffe d’orchestre d’une entreprise qui ne cesse de bourdonner. Sa philosophie « offrir à la communauté des produits de qualité ».

« Au commencement, il y avait Ulric Paradis. Apiculteur, originaire de Saint-Hugues au Québec. Il était aussi l’arrière-grand-père de Danny », explique-t-elle. Aujourd’hui, elle et son mari font partie de la septième génération. Entre temps, les aïeux ont traversé le pays pour s’installer dans le nord de l’Alberta et y fonder une maison de renom.

Lorsqu’on évoque une passion pour les abeilles partagée avec son époux, elle réfute avec une petite mimique. « Ma grand-mère avait des ruches. Je savais ce que c’était, mais je ne peux pas dire que j’adorais l’abeille. Par contre, on apprend très vite à la respecter. Elle fait mal quand elle pique ! »

Le pollen récolté est une source nutritive et thérapeutique extraordinaire pour notre bien-être. Crédit: Paradis Valley Honey Ltd

Son truc à elle, c’était la coiffure. Propriétaire d’un salon pendant cinq ans, elle y fait ses gammes. « Lorsqu’on gère une entreprise, des employés, on apprend très vite à s’adapter. On doit être créatif pour apporter des solutions. » Elle l’a finalement vendu, lorsqu’elle et son mari ont décidé en 2003 de se lancer, « et créer un lieu qui nous appartient ».

« Adopter un mode de vie à la ferme, cela veut dire y être ensemble, à chaque instant. C’était le moment, j’attendais mon deuxième bébé, nous étions prêts », explique-t-elle. Son époux, Danny, travaillait alors avec ses parents et son frère. Aujourd’hui, ils ne sont pas bien loin, et préservent cet esprit de famille inébranlable même si « prendre notre indépendance était nécessaire ».

Logo Paradis Valley Honey Ltd

Néanmoins, elle l’affirme, « la famille est essentielle ; aujourd’hui encore, le papa de Danny est avec nos enfants. Il leur apprend l’apiculture, mais aussi l’élevage des rennes ». Une éducation multigénérationnelle inestimable à ses yeux, basée sur le terroir et ses valeurs.

Une entrepreneure à plusieurs casquettes

Lorsqu’ils se sont retrouvés sur l’exploitation, Ginette a dû trouver sa place. « Bien sûr, visiter les ruches en famille, c’est agréable, mais de là à devenir apicultrice ! », s’amuse-t-elle. Sa passion, c’est l’amour des bons produits, des gens et des communautés. Ici et dans tout le pays.

« Je suis aujourd’hui responsable de la qualité, de la communication, du “marketing” et bien d’autres choses. Nous avons aussi créé un petit café sur l’exploitation qui, en plus d’offrir nos produits, permet de voir le travail des abeilles et l’extraction du miel », raconte-t-elle avec passion.

Du miel, du pollen, des bougies artisanales, des produits de beauté, la famille Paradis innove pour toujours vous offrir le meilleur. Crédit: Paradis Valley Honey Ltd

Elle aime les expériences inédites. Son programme de collectes de fonds est un bel exemple. « C’est un moyen de redonner à la communauté tout en supportant l’économie canadienne. On encourage aussi les gens à consommer différemment », affirme-t-elle.

Finalement, elle rit à l’évocation de cet équilibre travail – famille tant recherché et abdiqué. « Je n’ai pas vraiment trouvé de réponse à cet équilibre. Il y a des moments difficiles et décourageants. C’est important de prendre des périodes de repos pour respirer un peu. Le plus important, c’est peut-être de trouver et de préserver une certaine joie de vivre en famille et dans le travail ! »

Un équilibre fragile

Ginette Paradis est intraitable. « Depuis 2003, tout est mis en place pour que nos produits suivent des caractéristiques qualitatives très élevées ». Elle dénonce d’ailleurs une partie de la profession qui a l’habitude de mettre sur les étals des miels frelatés. Une technique qui permet d’ajouter du sucre ou du sirop au miel tout en lui en enlevant ses qualités nutritionnelles et médicinales.

Les ruches sont prêtes pour la récolte du miel de trèfle. Crédit: Paradis Valley Honey Ltd

Ainsi ils ont opté pour une distribution en circuit court, avec de moindres volumes afin d’éviter de voir leurs produits altérés d’une façon ou d’une autre sans leur consentement. « Je suis très heureuse d’offrir à chaque foyer un miel qui vient directement de notre ruche ! »

Quant aux problèmes liés aux pesticides, Ginette y voit une opportunité de tisser des liens avec les agriculteurs pour une cohabitation raisonnable, « c’est un problème très sérieux, mais ici les pratiques sont établies et difficiles à faire évoluer ». Elle instaure donc un respect mutuel et une certaine coopération pour protéger ses ruches. « L’abeille a un rôle à jouer dans 80 % de nos produits agroalimentaires, il faut la préserver en comprenant sa place dans notre écosystème », conclut-elle.

Un accent francophone et du plaisir pour tous

« Je suis très attachée à la communauté francophone. Le français est ma langue maternelle, je l’utilise fièrement au quotidien notamment avec mes enfants et mon mari », explique-t-elle. Elle espère d’ailleurs réunir toujours plus de francophones autour de ses produits, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs.

Et n’oubliez pas, rendre visite à la famille Paradis, c’est un pèlerinage historique, scientifique et gustatif dans le monde complexe et fragile des abeilles. C’est aussi une bonne excuse pour encourager sa communauté et repartir les bras chargés de produits locaux. Une expérience unique !

Infos sur Paradis Valley Honey Ltd : https://paradisvalleyhoney.com

Adresse : 242009, TWP RD 779, Watino, AB T0H 3R0 (à 140 km de Grande Prairie)

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