Le fédéral prête main-forte au Campus Saint-Jean, le provincial suit timidement

Écrit par : Vienna Doell

4 juillet 2022

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(De gauche à droite) Le ministre provincial Demetrios Nicolaides, le vice-président de l’ACFA Pierre Asselin, le président de l'Université de l’Alberta Bill Flanagan, le doyen du Campus Saint-Jean Pierre-Yves Mocquais et le ministre fédéral Randy Boissonnault. Crédit : Vienna Doell
Cela fait un peu plus de deux ans que l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) a lancé la campagne «Sauvons Saint-Jean» en réponse aux réductions budgétaires néfastes imposées à l’établissement d’enseignement postsecondaire. Le 24 juin dernier, les gouvernements du Canada et de l’Alberta ont annoncé que 13,3 millions de dollars seraient versés directement au Campus Saint-Jean (CSJ) au cours des trois prochaines années, soit 10,3 millions de la part du fédéral, 2,5 millions du provincial et 500 000 de l’Université de l’Alberta.

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Vienna Doell
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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C’est Randy Boissonnault, ministre du Tourisme et ministre associé aux Finances, qui a annoncé la bonne nouvelle au nom de Ginette Petitpas Taylor, ministre des Langues officielles et ministre responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique. Celle-ci a dû annuler sa visite au dernier moment en raison d’un résultat positif à la COVID-19.

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Le diplômé du Campus Saint-Jean indique avec beaucoup d’enthousiasme que l’argent est là «pour bonifier le travail que vous faites ici… pour soutenir les programmes, les services et la visibilité du Campus Saint-Jean».

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Le ministre Randy Boissonnault au micro. Crédit : Vienna Doell

Le ministre Randy Boissonnault au micro. Crédit : Vienna Doell

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Plus précisément, le député fédéral de la circonscription d’Edmonton-Centre met en avant la possible utilisation d’une partie des fonds pour «l’optimisation, entre autres, de l’équipement du laboratoire de chimie, de l’auditorium, du salon des étudiants et des salles de classe numériques».

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Un effort pour l’inclusion des immigrants et des élèves en immersion au secondaire

Pierre-Yves Mocquais, le doyen du CSJ, peut quitter ses fonctions satisfait après huit années de loyaux services à ce fleuron de l’éducation francophone en milieu minoritaire. À quelques jours de la retraite – le 30 juin pour être plus exact -, il estime que cette contribution financière «est quelque chose qui sera très utile à la continuation du Campus Saint-Jean et à la réalisation de son mandat et de sa mission».

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Le doyen du Campus Saint-Jean Pierre-Yves Mocquais. Crédit : Vienna Doell

Le doyen du Campus Saint-Jean Pierre-Yves Mocquais. Crédit : Vienna Doell

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Pierre-Yves Mocquais met l’accent sur le fait que ce financement «ne sert pas seulement la communauté francophone». Il souligne l’importance des élèves issus des écoles d’immersion française. «Ces élèves représentent environ 65% de la population étudiante au Campus.»

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Le doyen ajoute que cette contribution est aussi importante pour les étudiants provenant de l’étranger, notamment les Africains de la francophonie, «qu’ils soient des étudiants étrangers ou des immigrants récents». Il en est persuadé, «ces étudiants apportent une richesse au Campus Saint-Jean, à l’Université de l’Alberta et à la province».

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«Ces étudiants apportent une richesse au Campus Saint-Jean, à l’Université de l’Alberta et à la province.» Pierre-Yves Mocquais

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Le doyen se réjouit aussi de la collaboration. «Je ne peux imaginer une meilleure façon de terminer mon mandat de doyen que de voir le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial et l’Université de l’Alberta travailler ensemble de cette façon».

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Une faible contribution de la province

La faible contribution du gouvernement provincial – moins d’un million par an – à ce plan de trois ans n’est pas passée inaperçue. Le ministre de l’Enseignement postsecondaire, Demetrios Nicolaides, assure toutefois que cette annonce est une démarche conjointe. «Lors des discussions que nous avons eues avec le gouvernement fédéral, nous sommes arrivés à un accord sur le montant de la contribution de chaque gouvernement.»

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Pour justifier ce montant, il explique que le gouvernement de l’Alberta «n’a pas de formule de financement pour déterminer combien chaque établissement d’enseignement postsecondaire devrait recevoir dans la province». Selon lui, c’est «un défi» que de trouver une telle formule.

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Le ministre de l'Enseignement postsecondaire Demetrios Nicolaide. Crédit : Vienna Doell

Le ministre de l’Enseignement postsecondaire Demetrios Nicolaide. Crédit : Vienna Doell

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Toutefois, le ministre dit «qu’il n’y a aucun doute que le gouvernement de l’Alberta s’engage à soutenir l’éducation francophone et sa communauté dynamique, ici, en Alberta». Pour certains, cette contribution provinciale est «encourageante», mais est perçue comme une simple «solution intérimaire», selon Pierre Asselin, vice-président de l’ACFA.

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«Il n’y a aucun doute que le gouvernement de l’Alberta s’engage à soutenir l’éducation francophone.» Demetrios Nicolaides

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Une poursuite judiciaire qui continue

Le vice-président explique que «c’est un montant important pour les trois prochaines années, mais nous croyons qu’il y a encore des lacunes». Selon Pierre Asselin, «l’Alberta Campus Grant, le montant d’argent qu’on reçoit par étudiant», n’est pas suffisant. À ce moment précis, le CSJ accepte en fait plus d’étudiants qu’il ne reçoit d’argent.

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Le vice-président de l’ACFA Pierre Asselin. Crédit : Vienna Doell

Le vice-président de l’ACFA Pierre Asselin. Crédit : Vienna Doell

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Pierre-Yves Mocquais évoque que «l’on ne peut pas engager les enseignants de manière permanente sur ce financement fédéral». Cette subvention de trois ans ne couvrira pas certains besoins du CSJ. Le financement par étudiant est insuffisant et limite la possibilité d’embaucher du personnel de manière permanente.

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Pierre Asselin apprécie le geste et «l’ouverture en particulier de la province aujourd’hui, mais à cet instant-ci, la solution qui est proposée n’est pas une solution permanente». Il soutient donc que la poursuite judiciaire de l’ACFA contre le gouvernement provincial et l’Université de l’Alberta «va continuer jusqu’à ce que nous ayons une solution permanente».

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«L’ouverture en particulier de la province aujourd’hui, mais à cet instant-ci, la solution qui est proposée n’est pas une solution permanente.» Pierre Asselin

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