La soif de connaissance des aîné.es

Écrit par : Gabrielle Beaupré

19 mai 2021

Saviez-vous que la curiosité d’apprendre sur de nouveaux sujets et l’ouverture d’esprit n’ont pas d’âge? La Fédération des aîné.es francophones de l’Alberta (FAFA) l’a bien compris. Depuis 2006, l’organisme propose aux aînés de continuer à s’instruire avec les conférences Plaisir d’apprendre.

Pour une seconde année consécutive, pandémie oblige, les francophones de toute la province, âgés de 50 ans et plus se sont donné rendez-vous cette semaine sur la plateforme Zoom pour assister à ces conférences.

Maxime Bonafé, gestionnaire de programmation et de projet de la FAFA, raconte que les aîné.es adorent apprendre sur de nouveaux sujets. Ainsi, à la fin de chaque conférence, «il y a toujours un 15 à 20 minutes de questions de la part de nos aîné.es; on est donc chaque fois obligé de les couper parce qu’il y a tellement de questions».

Grâce à cet événement, Maxime Bonafé espère donner aux aîné.es un certain réconfort. «On veut leur donner des perspectives d’évasion et leur permettre d’aérer un peu leur moral parce qu’ils sont pas mal isolés en ce moment avec la COVID-19».

Maxime Bonafé, gestionnaire de programmation et de projet de la FAFA. «On remarque chaque année que les aîné.es sont de plus en plus nombreux à assister à nos cours.» Crédit: Courtoisie FAFA.

Il ajoute avoir très hâte de retrouver en personne les membres de la FAFA au Campus Saint-Jean, là où se déroule normalement les conférences. Cependant, le gestionnaire de programmation reste nuancé car la pandémie apporte un certain avantage à l’organisme.

Parce que l’événement se retrouve en ligne, la FAFA a pu rejoindre plusieurs conférenciers habitant hors de la province qu’elle n’aurait pas eu la chance d’avoir dans des conditions normales.

Les aîné.es francophones peuvent ainsi profiter de l’expertise de François Furstenberg, un professeur d’histoire de l’Université Johns Hopkins de Baltimore, ainsi que de l’artiste d’art visuel québécoise, Nicole Jolicoeur. 

Les femmes mises en avant-plan

Maxime est très satisfait de cette édition. En effet, il salue la présence de quatre conférencières lors de l’événement. «On est ravi d’avoir plus de femmes même si on n’atteint pas tout à fait la parité [puisqu’il y a 10 conférenciers en tout]».

Il explique que les années précédentes, les organisateurs essayaient d’aller chercher plus de conférencières, en vain. Les circonstances ont fait que les hommes se sont toujours plus illustrés.

Avocate-conseil des services en français, Julie Laliberté a très hâte de présenter sa conférence. Crédit: Courtoisie

Cette année, l’organisme a fait appel à l’avocate-conseil des services en français Julie Laliberté. Pour sa première participation, elle se dit excitée de donner une conférence sur l’accès à la justice en français. Lors de sa présentation, elle aborde notamment «les mesures proactives pour faciliter l’accès à la justice et son fonctionnement».

Persepolis

Bernard Salva, professeur de théâtre au Campus Saint-Jean, va mettre en lumière la bande dessinée Persepolis et son auteure franco-iranienne, Marjane Satrapi. «C’est une belle occasion de découvrir une autre francophonie. Elle fait partie de ces auteurs qui nous permettent d’avoir un regard nouveau sur le monde», souligne-t-il. «Persepolis propose un formidable regard sur la grande Histoire mais à travers un medium très ludique, la bande dessinée.»

Bernard Salva, professeur de théâtre au Campus Saint-Jean et conférencier pour la FAFA. «La bande dessinée est une nouvelle forme d’art qui permet de raconter des choses de façon extrêmement précise et intéressante.» Crédit : Courtoisie

«L’histoire aborde un pays très éloigné du Canada, l’Iran tout en traitant de thèmes très contemporains comme les relations familiales, la migration et l’exil. Les femmes sont admirables dans cette œuvre (la grand-mère, la mère, la jeune fille) à la fois courageuses et drôles», explique Bernard Salva. «C’est une œuvre qui me paraît à la fois intime et universelle, avec un art consommé du récit dont le conteur est un enfant. C’est tout simplement une œuvre poétique, de cette poésie qui nous unit tous…».

«Je cherche lors de ces conférences à partager avec mon public des thèmes qui sont intéressants et profondément contemporains », développe le professeur de théâtre. « J’aime enseigner à la FAFA car c’est un public très actif et curieux de tout. L’équipe de direction est sympathique et novatrice».

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