Ces femmes franco-albertaines qui ont le sens des affaires

Écrit par : Justine Perrault

26 mars 2021

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À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, plusieurs entrepreneures francophones de l’Alberta témoignent de leur histoire.  

Le milieu du travail est un monde très compétitif dans lequel les femmes peinent à se faire une place. Selon un rapport intitulé L’État de l’entrepreneuriat féminin au Canada, en 2020, seulement 15,6 % des Petites et moyennes entreprises au Canada (comptant au moins 1 employé) étaient détenues par des femmes. Cela démontre que, malgré les efforts du Canada pour remédier à l’inégalité entre les sexes, il reste beaucoup à faire afin d’y arriver.

S’inscrivant dans les efforts de la Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat (SFE) du gouvernement du Canada, le Conseil de développement économique de l’Alberta a lancé ce 4 mars le groupe Les Elles des Affaires. « Cette initiative se voudra un lieu pour échanger sur nombreux obstacles et le manque de soutien liés à l’entrepreneuriat au féminin et y présenter des pistes d’action », précise le communiqué de presse de l’organisme.

Estelle Blanchette est propriétaire de Jasper Food Tours depuis 2018. Crédit: courtoisie

En Alberta, le taux de femmes démarrant une activité entrepreneuriale est équivalent à celui des hommes, selon le rapport Women’s Entrepreneurship in Western Canada publié l’année dernière. Il précise que l’Alberta fait exception par rapport aux autres provinces de l’Ouest (Colombie-Britannique, en Saskatchewan et au Manitoba) où le taux d’hommes qui s’engagent dans l’entrepreneuriat est supérieur aux femmes de 5 à 6 %.

Que ce soit dans les grandes villes comme Edmonton ou Calgary ou ailleurs, les entreprises fondées par des femmes fleurissent. Pour ces femmes entrepreneures, la plus grande difficulté est celle reliée aux coûts pour louer un local et aux nombreuses procédures administratives que nécessite la gestion d’une entreprise. La plupart ont affirmé qu’elles n’avaient pas connu d’obstacle lié au fait qu’elles étaient des femmes depuis qu’elles avaient leur entreprise. C’est plutôt à l’époque où elles étaient salariées qu’elles disent avoir vécu des formes de sexisme.

Divers horizons, une même direction

Nadine Friesen dirige l’entreprise Madame Nadine Jewelry & Accessories. Crédit: courtoisie

Estelle Blanchette, propriétaire de Jasper Food Tours depuis 2018, propose des excursions culinaires dans les montagnes de Jasper. Ayant précédemment travaillé dans le milieu hôtelier, elle a décidé de créer sa propre entreprise afin de devenir « son propre patron ». Comme elle connaissait déjà le milieu de la restauration et qu’elle avait des contacts, cela lui a facilité la tâche. La COVID-19 ne l’a malheureusement pas épargné et elle a été contrainte de fermer deux fois.

Nadine Friesen, créatrice de Madame Nadine Jewelry & Accessories, crée depuis plus de 10 ans des bijoux uniques adaptés à ces clients. Elle a trouvé sa voie alors qu’elle a reçu un ensemble pour fabriquer des colliers et qu’elle s’est découvert un talent ! Elle connaît présentement beaucoup de succès alors que des personnalités célèbres portent ses créations, telles que Shay Mitchell ou Meagan Tandy. En mars dernier, elle a notamment reçu le Cold Lake Women of Influence Award, un prix prestigieux qui témoigne de ses efforts et de sa réussite.

Aimée Mpidili, une femme originaire du Congo venue s’installer à Montréal en 2000, a toujours eu l’ambition d’ouvrir son propre magasin. Venant d’une famille possédant un commerce, elle a appris jeune comment tenir une épicerie. Wenze Market, basé à Edmonton, importe depuis 2019 des produits d’Afrique et des Caraïbes afin d’offrir à sa clientèle le plus large éventail de produits possible. Mère de 4 enfants, elle n’a eu que récemment l’opportunité de s’adonner à l’entrepreneuriat. La pandémie l’ayant empêché de commencer à vendre des grillades, cependant elle a toujours l’intention d’offrir ce service dès que cela sera possible.

Diana Frost crée des livres de dessin, avec son entreprise Colouring It Foward. Crédit: courtoisie

L’art comme bénéfice

De nombreuses autres entreprises sont le fruit du travail acharné de femmes de la région. C’est d’ailleurs le cas de Colouring It Foward, dont la propriétaire est Diana Frost. Diana est une ancienne ingénieure qui crée des livres de dessin en collaboration avec les communautés autochtones à Calgary.

Noella, quant à elle, a la conviction que l’art peut guérir et fabrique des vitraux. Elle a déménagé en Alberta afin de se rapprocher de sa famille. Il est inspirant de constater qu’elles ont jumelé entrepreneuriat et passion afin de monter une entreprise qui leur ressemblait.

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