La poutine débarque à Cochrane

Écrit par : Arnaud Barbet

14 mai 2021

De g à d, les quatre associés : Danny Pelletier et Marie-May Bailly et de l’autre coté de Miss Poutine Karina Labelle et Éric Brassard. Deux couples du Québec qui régalent la communauté de Cochrane. Crédit: A. Barbet.

Charade : Mon premier est une pomme de terre, mon second du fromage en grains, mon troisième de la sauce brune. Qui suis-je ? Depuis quelques jours, il est certain que toute la communauté gourmande de Cochrane a la réponse ! 

« Ça fait longtemps que j’y pensais », s’exclame Marie-May Bailly lorsqu’elle évoque ce projet fou qui s’est concrétisé en quelques mois. Après 14 ans de bons et loyaux services chez WestJet, la voilà sur le tarmac. « La pandémie a eu raison de mon ancien job. Celui-ci, impossible ! »

Un « food truck », une popote roulante, comme ils disent par chez elle au Québec, où plus sérieusement, un camion-restaurant. Cette idée lui trottait dans la tête depuis déjà deux ans. C’est en discutant avec un couple d’amis que le projet a germé. « On a regardé les camions pour le fun », s’amuse-t-elle à dire. 

Une demi-heure que le camion-restaurant est ouvert et la file s’allonge… Crédit: A. Barbet.

Finalement, le 10 février dernier, ils achètent un véhicule d’occasion, « à peu près aménagé ». « Karina et moi, on a rénové l’intérieur, les hommes [entendez Danny son mari et Éric le conjoint de Karina] se sont occupés de l’extérieur ». Pendant les soirs, et les fins de semaine, les deux familles se retroussent les manches, « même nos enfants ont mis la main à la pâte », où devrait-on dire, à la patate…  

Ainsi, d’un bleu éclatant, Miss Poutine est née. Avez-vous deviné le menu ?

Au menu, les grands classiques et quelques surprises. Les enfants ont aussi l’embarras du choix. Crédit: A. Barbet.

Une ouverture en grande pompe

Le matin du 1er mai, sur les hauteurs de Cochrane, le vent ne faiblit pas et les nuages menaçants se développent sur les Rocheuses. Peu importe, c’est le Jour J. Le sourire de Miss Poutine, engageant et accueillant, ne trompe pas. La tension est à son comble. Les friteuses frissonnent au rythme des planches à roulettes du Skate Parc voisin.

Il faut dire qu’ils ont prévus large, « on a de quoi tenir deux jours, à 40 poutines à l’heure ! » Des aliments de qualité, en majeur partie albertains, du bacon préparé jusque tard dans la nuit, 80 kg de fromage frais, des litres de sauce brune aux ingrédients ultra-secrets, et des patates, toujours des patates. 350 kilos ! Le tout dans des emballages entièrement compostables, « et tant pis si cela augmente nos coûts », insiste-t-elle avec fierté.

Hugh et Leanne attendaient ce moment depuis bien longtemps. Elle se rappelle ces «steamés» lorsqu’elle vivait à Montréal. Crédit: A. Barbet.

À peine les derniers ajustements effectués et les distances de sécurité délimitées, la foule arrive. Tous sont là pour vivre l’expérience. Une poutine sur le pouce pour les moins affamés, un « chien-chaud steamé » et une poutine pour les gourmands, et le fameux Pout Dog, une combinaison alléchante, pour les aventuriers. L’embarras du choix. 

La rumeur de la foule bilingue s’estompe, les sourires et les rires se libèrent au fur et à mesure que les estomacs se remplissent. Il faut dire que l’élaboration de la recette originale n’a pas été de tout repos, explique Marie-May. « Impossible aujourd’hui de dire combien d’essais-erreurs nous avons effectués pour créer notre poutine, et puis un jour… This is it ! » 

Hugh et Leanne, un couple venu tout particulièrement pour goûter les «chiens-chauds steamés». Crédit: A. Barbet.

À la fin de la journée, tous sont agréablement épuisés. Marie-May s’est découvert « des muscles qu’elle croyait inexistants ». « C’était complètement fou », avouera-t-elle sous le coup de l’émotion, tout en remerciant cette communauté tissée serrée qui a répondu à l’appel. 

Croire en ses rêves

Originaire du Québec, comme ses trois autres associés, Marie-May ne regrette pas son choix malgré les courbatures d’une fin de semaine épique. Lorsqu’elle évoque les moments difficiles, elle le fait en souriant. 

« On s’est frappé le nez à la porte plusieurs fois par rapport aux coûts qui ont augmenté, aux certifications qui s’accumulaient, aux permis que l’on devait obtenir », mais elle n’en démord pas, c’est pour elle une incroyable aventure.

Jonathan profite de son dimanche avec une pause gourmande : «le dimanche, c’est la famille et la poutine !» Crédit: A. Barbet

Elle sait que les prochaines fins de semaine vont être occupées, mais là encore, elle a trouvé la parade. « Nous sommes heureux de servir notre communauté, et nous allons aussi, de temps à autre, proposer notre poutine ailleurs dans la province », explique-t-elle. 

La petite famille prendra donc la poudre d’escampette (si les restrictions le permettent) cette prochaine fin de semaine (14 et 15 mai) pour le terrain de camping de Elkton Valley. Et pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus des bienfaits de la poutine, elle conclut avec humour, « crime, qui mange une poutine et n’est pas heureux ? C’est un réel antidépresseur ! »  

Pour plus d’informations : https://www.facebook.com/misspoutinefoodtruck

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