La FPFA, la première agence franco-albertaine de garderies en milieu familial

Écrit par : Chloé Liberge

19 septembre 2022

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L’organisme (FPFA) est aujourd’hui la première agence de garderies en milieu familial francophones de la province. Crédit : Rawpixel / freepik.com
La pénurie de places en garderies en français est un réel fléau. La Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA) souhaite y remédier, notamment grâce à la licence qu’elle a obtenue du gouvernement albertain en mars dernier. L’organisme est aujourd’hui la première agence de garderies en milieu familial francophones de la province. Un premier pas vers la création de 1000 nouvelles places d’ici fin mars 2023.
Chloé Liberge
IJL – Réseau.Presse – Le Franco
 
Lorsque la FPFA décide d’instaurer un service de soutien à la gestion (SSG) pour aider les parents à envoyer leurs enfants dans une garderie francophone, elle remplit sa mission. «Regrouper, réseauter les parents et orienter», proclame Mireille Péloquin, la directrice générale de l’organisme.
 
«Regrouper, réseauter les parents et orienter.» Mireille Péloquin
 
Une mission qui semble appropriée lorsqu’on recoupe les chiffres de Statistique Canada recensant le nombre d’enfants albertains ayant au moins un parent francophone et le souhait desdits parents d’obtenir un service de garde en français. Cela représente près de 1200 places en garderie francophone.
 

Mireille Péloquin, directrice générale de la FPFA, encourage toute personne intéressée à ouvrir une garderie à domicile à contacter son organisme. Crédit : Courtoisie

 
Pourtant, une étude menée par la FPFA démontre qu’il en manquerait plus de la moitié. Alors, Mireille Péloquin espère rapidement combler ce manque (630 places) grâce à la création de places dans les garderies en milieu familial.
 

Une autre façon de prendre en charge les enfants

La garderie en milieu familial permet à des entrepreneurs indépendants d’accueillir des enfants dans leur maison, du nourrisson au préscolaire. Mireille Péloquin précise, «la grande différence entre une garderie institutionnelle et celle en milieu familial, c’est que cette dernière ressemble beaucoup plus à ton propre foyer».
 

Lise Foster, responsable du service La Petite Abeille, et son assistante Vixen, une femelle labradoodle de cinq ans, offrent de nombreuses activités aux plus jeunes. Crédit : Courtoisie

 
Ce mode de fonctionnement vient avec de nombreux avantages pour les parents comme pour les gestionnaires. Lise Foster, propriétaire de La Petite Abeille à Edmonton, en témoigne. «Cela te permet d’être ton propre boss, personne ne te dit quoi faire et j’aime ça.»
 
«Cela te permet d’être ton propre boss, personne ne te dit quoi faire et j’aime ça.» Lise Foster
 
Ayant travaillé dans le passé dans une garderie traditionnelle, cette Franco-Albertaine d’adoption est fière d’avoir sa propre infrastructure depuis plus de 35 ans. Déjeuner, collations, jeux, promenades au parc avec sa chienne et assistante Vixen, Mme Foster accueille chaque jour quatre à six petits entre un et cinq ans. «J’aime beaucoup les enfants et j’aime m’en occuper.»
 

Une accréditation qui amène de nombreux avantages

Dans la francophonie albertaine, de nombreuses garderies en milieu familial existent déjà, mais elles sont affiliées à des agences anglophones ou sont indépendantes. La directrice révèle, «il n’y avait pas de représentant ni de système pour eux». C’est pour cela que la FPFA travaille depuis six ans pour obtenir une licence de la part du gouvernement de l’Alberta afin d’être officiellement reconnue comme une agence de garderies.
 
Tout change en février 2021 lorsque l’Alberta apporte des modifications à sa législation sur la garde d’enfants. Auparavant, pour obtenir le statut d’agence de garderies, un contrat avec le gouvernement de la province était nécessaire. Mais depuis 2021, la loi sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants (Early Learning and Child Care Act) et le règlement sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants (Early Learning and Child Care Regulation) ont permis de séparer ce contrat de la demande de licence. Les provinces et territoires ont aussi conclu des accords avec le gouvernement du Canada qui prévoient un investissement de plus de 27 milliards de dollars afin de les aider à instaurer de nouveaux systèmes de garde.
 
Ainsi, grâce à la licence de la FPFA et à l’Accord entre le Canada et l’Alberta sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants, les familles qui fréquentent une garderie associée à l’organisme peuvent désormais obtenir un rabais de la part du gouvernement albertain. Les frais de garde sont ainsi réduits à 10$ par jour.
 
 
Pour que les parents puissent bénéficier de ce tarif, Lise Foster a dû faire une demande afin d’obtenir cette licence. «Moi, je voulais rester comme je suis, mais je n’ai pas le choix. Pour garder ma clientèle, il faut que je m’embarque dans le système», confesse-t-elle. Cependant, ce certificat apporte tout de même des avantages à l’éducatrice. Ayant une formation de niveau 1 en petite enfance, elle recevra 2$ de plus sur son salaire horaire.
 
Pourtant, Mireille Péloquin sait qu’il reste du chemin à parcourir. «On n’a pas complètement accompli ce qu’on cherche à accomplir parce qu’on a quand même besoin d’obtenir ce contrat pour opérer notre agence.» Ce dernier permettrait à la FPFA d’obtenir des ressources financières pour offrir un meilleur appui aux propriétaires de garderie en milieu familial. Pour l’instant, ces derniers doivent payer 105$ pour s’associer à l’organisme. Une somme qui pourrait diminuer si la FPFA obtient ce contrat avec le gouvernement.
 
Néanmoins, ces accords gouvernementaux existent déjà en Alberta. Seulement, ce n’est, pour le moment, que les organismes anglophones qui en bénéficient. Les propriétaires de garderies en milieu familial collaborant avec des agences anglophones paient alors des frais moins importants. La directrice générale s’attriste, «ce n’est pas bien encourageant pour un francophone de s’associer à la FPFA présentement. C’est plus alléchant d’aller chez les anglophones et ça, ce n’est pas correct.» L’organisme espère recevoir une réponse de la part du gouvernement à cet effet au cours de la prochaine année.
 
L’Accord entre le Canada et l’Alberta sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants a été conclu dans le respect de la Early Learning and Child Care Act (loi sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants) et du Early Learning and Child Care Regulation (règlement sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants). Pour en savoir plus : canada.ca/fr
L’étude de la FPFA propose une solution pour remédier à la pénurie de places dans les garderies albertaines francophones. Pour lire le rapport : fpfa.ab.ca
La Petite Abeille a ouvert ses portes il y a plus de 30 ans et Lise Foster a toujours gardé sa passion de travailler avec les enfants. Pour découvrir sa garderie : ssgalberta.ca

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