École d’immersion: une loterie pour inscrire ses enfants

Écrit par : Gabrielle Beaupré

6 octobre 2021

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Emeline Leurent, directrice générale de l’organisme Le français pour L’avenir. Crédit : Courtoisie

Certains parents doivent participer à une loterie pour inscrire leurs enfants dans une école d’immersion français en Alberta. L’organisme Le français pour l’avenir (FPA) espère que la modernisation de la Loi sur les langues officielles changera la situation. 

IJL – Franco.Presse – Le Franco

Au dévoilement du document de réforme sur des langues officielles le 19 février dernier, le FPA a salué avec enthousiasme la volonté du Parti libéral. Leur objectif est ambitieux : remédier à la pénurie d’enseignants de français et abolir les listes d’attente des écoles d’immersion. 

Dès que le projet de loissur la modernisation sur des langues a été déposé en juin dernier, les membres de l’organisme ont poussé un soupir de soulagement. Concrètement, selon Emeline Leurent, la directrice générale de l’organisme, le projet de loi C-32 est un pas de plus pour «répondre enfin aux défis rencontrés par les jeunes dans leur apprentissage du français». Étudier en français «deviendra alors un droit et le système éducatif devra s’adapter pour l’offrir à tous ceux qui le désirent».

Lorsque les élections ont été déclenchées en août dernier, le projet de loi C-32 est mort au feuilleton. L’organisme espère que les débats parlementaires à son sujet reprendront bientôt. Nouvellement élu, le gouvernement de Justin Trudeau s’est engagé pendant la campagne à déposer dans les 100 premiers jours de son nouveau mandat à un nouveau projet de loi.

Avec la modernisation de la Loi, Emeline Leurent, croit qu’étudier en français «deviendra alors un droit et le système éducatif devra s’adapter pour l’offrir à tous ceux qui le désirent». 

Les écoles d’immersion convoitées 

Le français pour l’avenir s’implique notamment dans le dossier de la modernisation de la Loi sur les langues officielles depuis 2017. À ce titre, des membres de l’organsime participent à une consultation dans le cadre de l’étude qui évalue la perspective de la modifier.  

Devant le Comité sénatorial permanent des langues officielles de la Chambre des communes présidé par Claudette Tardif, quatre anciens jeunes ambassadeurs du FPA ont pris la parole pour discuter de leur réalité dans l’apprentissage du français. 

L’une des difficultés soulevées est l’accès aux écoles d’immersion française. Julia Albert, ambassadrice du Français pour l’avenir en 2016 et originaire de Colombie-Britannique, se souvient que sa ville comptait deux écoles d’immersion. Le taux d’inscription était si élevé que les écoles procédaient par tirage au sort pour décider qui allait pouvoir s’inscrire. 

«Beaucoup de parents anglophones souhaitent inscrire leurs enfants dans des écoles d’immersion parce qu’ils comprennent l’importance du bilinguisme», souligne la directrice du FPA. 

Cette situation n’est pas unique. Emeline Leurent raconte qu’en raison du nombre de places limitées dans les écoles d’immersion, certains parents vont se réveiller à trois heures du matin et faire la file pour espérer inscrire leurs enfants dans les écoles d’immersion. 

Un calibre mitigé pour les enseignants de français 

Sarah Fedoration, conseillère pédagogique pour les programmes d’immersion à Edmonton, relate que la situation est différente dans les régions urbaines de l’Alberta. «On prend tous les élèves qui veulent apprendre le français.» 

Sarah Fedoration, conseillère pédagogique pour les programmes d’immersion à Edmonton. Crédit : Courtoisie

Cependant, les écoles d’immersions de la province ont le même défi que dans tout le Canada : la pénurie d’enseignants. La conseillère pédagogique affirme que le besoin de professeurs est énorme. «Pour répondre à la demande, les enseignants embauchés ont juste un français un peu plus élevé que celui des élèves.»  

Ici, dans la province, «ça varie selon les conseils scolaires». Elle explique que les conseils scolaires ont plus de facilités à embaucher des enseignants dans les grandes villes que dans les zones rurales. D’après la francophile, les raisons sont les avantages reliés à l’urbanisation ainsi qu’aux possibilités d’emploi présentes dans les conseils scolaires de bonne taille. 

Emeline Leurent note la problématique du sous-financement des établissements postsecondaires francophones tels que le Campus Saint-Jean. Avec un meilleur financement, les universités auraient plus d’inscriptions de futurs enseignants. 

Le français pour l’avenir est un organisme à but non lucratif présent partout au Canada. Il soutient les adolescents dans l’apprentissage du français et promeut le bilinguisme par diverses activités telles que les forums Locaux et le Forum national des jeunes ambassadeurs. 

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