Une francophonie marocaine inclusive

Écrit par : Vienna Doell

27 juin 2022

Un allume-feu, un presse-épices, un huilier, des images et autres pièces décoratives en exposition. Crédit : Vienna Doell
Les membres de la Moroccan Society in Alberta (MSA) et de Francophonie Albertaine Plurielle (FRAP) accueillent chaleureusement le public qui pousse la porte du North Glenora Community Hall à Edmonton. C’est un jour de fête, une soirée d’échange interculturel qui emmène les curieux à découvrir l’histoire, la gastronomie et la culture de cette monarchie constitutionnelle du Maghreb située en Afrique du Nord.

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Vienna Doell
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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«On a déjà une relation avec la FRAP depuis au moins 10 ans», explique Abdeladim Sabr, le directeur de l’association marocaine en Alberta depuis 2020. Alors, quand Sabelle Gueye, la coordonnatrice des services d’intégration et recrutement zonal de la FRAP, l’a contacté pour créer une soirée interculturelle, Abdeladim a apprécié. «C’était une bonne idée de reconnecter avec la FRAP.»

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La Moroccan Society in Alberta s’inscrit dans l’histoire albertaine depuis 2011. «Le but de l’association, c’est de regrouper les Marocains, ici, en Alberta», explique son directeur.

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«Le but de l’association, c’est de regrouper les Marocains, ici, en Alberta.» Abdeladim Sabr

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L’organisme offre à ces membres, mais aussi à toutes celles et ceux qui le désirent, «des événements et des séances avec les enfants pour leur apprendre la culture marocaine et aussi pour aider la communauté dans les situations précaires».

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Un des membres du conseil d’administration, Anas Chekkouri, ajoute qu’ils organisent des ateliers plus spécifiques liés aux besoins de leur population au quotidien. Il cite, entre autres, «deux journées entières consacrées à la fourniture de passeports et d’autres documents» nécessaires à la communauté.

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«C’était une ambassade mobile et cela a permis aux Marocains vivant en Alberta de sauver des milliers de dollars en frais de voyage et autres dépenses», explique Anas Chekkouri. Sans cette activité organisée par l’association, les Marocains de l’Alberta auraient été obligés de se rendre à Toronto pour recourir aux services du consulat général du Royaume du Maroc.

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La FRAP crée des liens entre toutes les communautés francophones

Sabelle Gueye explique qu’annuellement, la FRAP essaie de rejoindre les groupes culturels au sein de la francophonie albertaine. «Chaque année, nous organisons deux journées d’échange interculturel et la dernière qu’on a faite, c’était avec la communauté tunisienne».

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Sabelle Gueye, coordonnatrice de services d’intégration et recrutement zonal à la FRAP. Crédit : Vienna Doell

Sabelle Gueye, coordonnatrice de services d’intégration et recrutement zonal à la FRAP. Crédit : Vienna Doell

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«Pour organiser cet événement, nous ciblons une organisation ethnoculturelle qui se distingue au niveau de la communauté pour permettre à cette organisation de montrer sa culture à toute la communauté francophone», dit la coordonnatrice. Selon elle, cet événement permet aux «nouveaux arrivants qui sont de ce même héritage ethnoculturel» de savoir qu’une association qui les représente est là pour eux.

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«Pour organiser cet événement, nous ciblons une organisation ethnoculturelle qui se distingue au niveau de la communauté.» Sabelle Gueye

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Ce n’est pas le seul type d’événements que la FRAP offre aux nouveaux arrivants et membres de la communauté francophone en Alberta. Elle organise des activités pour des groupes particuliers comme les femmes et les nouveaux arrivants, ainsi que des célébrations pendant les fêtes nationales. «On veut que les nouveaux arrivants sachent qu’il y a des jours au Canada où on célèbre ensemble», informe Sabelle.

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Une soirée pour se retrouver autour des traditions

Toutefois, ces événements de la FRAP ne sont pas réservés uniquement pour les personnes venant de l’étranger. Sabelle exprime que la FRAP «veut de la participation à ces journées interculturelles».

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D’ailleurs, cette soirée a été l’occasion pour la communauté marocaine de montrer quelques-uns de leurs trésors. Du défilé de tenues traditionnelles au tatouage au henné utilisé lors des mariages, toutes et tous ont pu apprécier les couleurs vives, les rythmes berbères et les odeurs subtiles de la fleur d’oranger.

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Les dattes farcies, bonbon marocain par excellence, ont eu, elles aussi, un franc succès, tout comme les baghrirs «marocains». Ses crêpes, généralement consommées dans tout le Maghreb, ont la particularité d’avoir de nombreuses petites cavités à la surface. On peut y mettre du miel et des amandes et, comme les dattes, elles sont un mets apprécié, notamment lors du ramadan.

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Cette soirée a donc été une belle occasion d’apprendre et de se connecter entre différents groupes ethnoculturels au sein de la francophonie albertaine. «On veut se connaître et on veut vivre ensemble, et on veut que la communauté francophone, dans son ensemble, se comprenne les unes les autres», insiste Sabelle Gueye.

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Une occasion pour réseauter

Nouha Rguibi est native du Maroc. Elle a appris la tenue de cet événement par la voie de la FRAP. Initialement installée en Colombie-Britannique, elle a recherché des occasions d’emploi à la FRAP quand elle est arrivée à Edmonton.

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«J’ai travaillé en tant qu’enseignante en français en Colombie-Britannique avec une lettre de permission accordée par le ministre de l’Éducation. Et une fois que je suis venue ici, j’avais beaucoup de questions en tête», explique-t-elle.

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Grâce à ses liens avec la FRAP, «j’ai élargi mon réseautage», dit la nouvelle arrivée. Nouha a aussi eu l’occasion de rencontrer d’autres individus qui parlent français.

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Nouha Rguibi avec son mari Karim Talal et leurs deux enfants. Crédit : Vienna Doell

Nouha Rguibi avec son mari Karim Talal et leurs deux enfants. Crédit : Vienna Doell

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Et cette soirée d’échange interculturel lui a offert une belle occasion pour créer de nouvelles connexions autour de petites bouchées typiques. «J’ai fait de nouvelles connaissances aujourd’hui», dit-elle enthousiaste.

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Elle félicite d’ailleurs les membres de la Moroccan Society in Alberta pour la belle représentation de son pays d’origine. «Je pense qu’on est plutôt bien représenté». Alors que c’était sa première participation à un événement de l’organisme, elle assure que «cela ne va pas être ma dernière».

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