LA NATURE S’INTRODUIT SUR LES MURS DU CAVA

Écrit par : Sarah Therrien

25 mars 2021

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Le Groupe DDK, formé de Danièle Petit, Doris Charest et Karen Blanchet, présente Le sauvage dans l’urbain. L’exposition est le résultat d’une année de création. Elle se veut un hommage à l’insoumission de la nature face à son urbanification. Les sculptures et peintures sont à voir du 11 septembre au 23 octobre à la salle Espace Membre du CAVA

« Si cette ville devait mourir, en un rien de temps la nature reprendrait ses droits ». Danièle Petit entame en 2015 la réflexion qui aboutira à l’exposition Le sauvage dans l’urbain.  « Au début j’étais plus touché par le dynamisme et la force de la végétation en Alberta », explique-t-elle. La fascination fut la première réaction face aux constats surprenants que la nature sous toutes ses formes est véritablement partout.

Escapade, tableau de Danièle Petit. Crédit: Courtoisie

Que ce soit par la présence animale en ville ou par les herbes qui poussent entre les dalles du trottoir, les trois femmes se sont retrouvées chacune interpellées par le sujet. « Quoique leurs œuvres suivent le thème Le sauvage dans l’urbain, l’individualité de chaque artiste est présente. Chaque artiste a décidé d’approcher le thème d’une façon différente et unique » spécifie Armand Birk, agent de programmation au CAVA.

Tableau de Karen Blanchet. Crédit: Courtoisie

Sculpture de Karen Blanchet. Crédit: Courtoisie

Trois visions uniques sont proposées : Danièle Petit explore le thème des animaux en visites urbaines avec l’acrylique, un peu de pastel et une introduction au collage. Doris Charest, pour sa part, s’intéresse à l’aspect parfois caché et insolite du monde végétal et trouve l’inspiration lors de ses marches quotidiennes. Puis Karen Blanchet, se penche sur le thème de la ville, plus particulièrement sur le contraste entre l’organique et le géométrique en explorant l’aquarelle et l’acrylique.

Un sous-groupe du nord

En amont de la création, le groupe DDK s’est entendu pour livrer des œuvres de même format uniquement sur papier en plus de produire une sculpture par artiste, un défi pour certaines moins habituées à ce médium. Les trois femmes ont peint entre 10 et 15 œuvres, puis ensemble elles ont sélectionné un total de 21 créations.

Les membres du groupe DDK font également partie du collectif Devenir, formé il y a 4 ans avec deux autres artistes de Calgary. Puisque Danièle Petit, Doris Charest et Karen Blanchet résident à Edmonton, il était plus simple pour elles de former ce « sous-groupe du nord » afin de faciliter les échanges. Car même si l’artiste est seul devant sa toile, le travail d’équipe demeure un élément essentiel au raffinement de la démarche artistique. De ce fait, les trois femmes ont fréquemment échangé afin de s’encourager, s’entraider et critiquer leurs œuvres respectives.

L’exposition est présentée du 11 septembre au 23 octobre au CAVA. Crédit: Courtoisie CAVA

Maman à temps plein, artiste à temps partiel

Doris Charest. Crédit: Courtoisie

« On ne sait jamais où la vie nous emporte ! » s’exclame Doris Charest en se remémorant ses débuts en peinture. Née à Falher dans une famille francophone, elle fait ses premiers pas dans le monde artistique presque par hasard peu avant la naissance de son premier enfant. À cette époque, Doris Charest réside au Texas avec son mari. Dans l’impossibilité de poursuivre ses études, elle accompagne une voisine à une classe de peinture. Ce fut le début d’une histoire d’amour : « Je retournais toujours à la peinture même si j’essayais d’autres médiums comme la photographie ou la poterie. » L’artiste souligne la difficulté de partager sa vie entre ses enfants et son art.

« Passion qui ne me laissa pas »

Longtemps la relation qui unit Karen Blanchet à l’art fut imprégnée d’amour et de haine. Entre les nombreux déménagements et un père qui décourage fortement sa pratique artistique, Karen Blanchet a dû s’armer de persévérance. « Mon père avait décidé que je devais aller à l’université pour devenir avocate. » En voulant échapper à ce sort, elle « découvre le baccalauréat en français ». Plus tard, grâce au support de son mari francophone, Karen Blanchet se réconcilie avec l’art et continue de peaufiner son français.

Karen Blanchet. Crédit: Courtoisie

Promesse d’un retour

Danièle Petit. Crédit: Courtoisie

Très tôt dans sa vie, Danièle Petit, amoureuse des couleurs, éprouve une attirance et fascination pour la peinture. Mais, « les Beaux-arts ce n’était pas très bien vu à l’époque », dit-elle. Elle a donc poursuivi une carrière dans les médias, notamment à Radio-Canada et au Franco.  Mais elle n’a jamais perdu espoir. «J’ai commencé vraiment à retourner il y a 15 ans » précise-t-elle, « quand je suis entrée en retraite, j’ai décidé de le faire de plus en plus professionnellement ».  Aujourd’hui, elle se consacre pleinement à sa passion. « Je me suis toujours dit que j’y retournerais et c’est ce que j’ai fait !

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