La protection de la langue française en Alberta

Écrit par : Heather McPherson

9 avril 2021

Le rapport annuel sur l’état des langues officielles du commissaire aux langues officielles Raymond Théberge, déposé l’année dernière, a clairement montré l’effritement des droits des minorités linguistiques au pays. 

Notre monde a beaucoup changé depuis la dernière révision de la Loi sur les langues officielles en 1988. Les communications électroniques ont réduit l’importance des frontières internationales et régionales, et le bilinguisme est plus que jamais essentiel à notre travail et à notre économie. Notre Loi sur les langues officielles doit tenir compte de notre nouvelle réalité, promouvoir et appuyer le bilinguisme, améliorer l’accès aux services fédéraux dans les deux langues officielles et, surtout, protéger les communautés linguistiques minoritaires.

J’ai appelé le gouvernement Trudeau à travailler de concert avec les provinces et les territoires pour améliorer l’éducation dans la langue de la minorité et moderniser la Loi afin d’élargir la portée des droits linguistiques et veiller à ce que les communautés de langue officielle en situation minoritaire soient consultées à l’égard des décisions qui les concernent.

Le cas du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta illustre bien cette situation. Le Campus est essentiel à la vitalité de la langue française en Alberta et dans l’Ouest. Ses programmes en éducation forment les enseignantes et enseignants pour les écoles de langue française et les programmes d’immersion française en Alberta et dans d’autres provinces.

Sans le Campus Saint-Jean, l’Alberta n’aura pas le personnel enseignant qualifié dont elle a besoin pour répondre aux besoins de ses élèves francophones et des jeunes qui, comme les miens, s’inscrivent dans des programmes bilingues.

Bien que l’obligation de financer le Campus Saint-Jean incombe au gouvernement de l’Alberta, on ne peut pas laisser l’avenir du campus entre les mains de Jason Kenney. M. Kenney et le PCU ont tourné le dos au Campus Saint-Jean, reniant l’entente de soutien conclue en 1976 entre la province, l’Université et les Oblats (aujourd’hui représentés par l’ACFA). Jason Kenney dépense plus d’argent pour payer les avocats retenus pour contester le contrat qu’il n’en coûterait pour soutenir le campus. Le gouvernement fédéral doit veiller à ce que le Campus Saint-Jean reçoive l’aide financière dont il a besoin maintenant et dont il aura besoin à l’avenir, peu importe ce que fait Jason Kenney.

Nous avons vu la même chose se produire en Ontario, où le gouvernement conservateur de Doug Ford a refusé de financer l’Université de l’Ontario français. Dans ce cas, le gouvernement fédéral est intervenu en accordant des fonds de plus de 60 millions de dollars sur huit ans pour assurer la protection des droits des francophones de l’Ontario. De la même façon, les francophones de l’Alberta ne méritent rien de moins.

J’ai rencontré la ministre Joly et j’ai maintes fois demandé à la Chambre des communes que l’on accorde un soutien équivalent au Campus Saint-Jean, et que l’on investisse davantage dans la protection des francophones en situation minoritaire. Je refuse d’abandonner les francophones de l’Alberta. Notre circonscription d’Edmonton Strathcona se distingue par sa francophonie, dont le cœur bat au Campus Saint-Jean. Nous devons la protéger.

Heather McPherson, Députée Edmonton Strathcona

10045 81 Avenue, Edmonton T6E 1W7

780-495-8404

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