Jouer au hockey grâce au marché de la seconde main

25 janvier 2023

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Les patinoires extérieures sont prises d'assault. Crédit : Arnaud Barbet
Le mercure dégringole, la neige s’accumule et les patinoires se remplissent… L’arrivée de l’hiver annonce le retour au hockey pour bon nombre de jeunes albertains. Les coûts engendrés par la pratique de ce sport causent cependant des maux de tête à plusieurs familles. Si l’achat flambant neuf d’équipement de hockey est devenu un luxe que peu de foyers peuvent s’offrir, plusieurs consommateurs se tournent vers des boutiques de seconde main ou des plateformes de vente en ligne pour acheter de l’occasion.

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Gabrielle Audet-Michaud
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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La maisonnée des Arsenault vibre au rythme du hockey depuis de nombreuses années. «J’ai trois enfants. Deux garçons de onze et de neuf ans et une fille de six ans», explique Stéphane au bout du combiné. Tous les trois jouent au hockey. «Et acheter de l’équipement usagé, c’est la seule manière qu’on a trouvée pour pouvoir se le permettre», ajoute le père de famille avant qu’un tintamarre de voix s’impose à l’arrière-plan.

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Stéphane Arsenault lors d’une pratique de hockey de son fils qui se trouve dans les buts. Crédit : Courtoisie

Stéphane Arsenault lors d’une pratique de hockey de son fils qui se trouve dans les buts. Crédit : Courtoisie

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Stéphane se confond en excuses. Il se trouve justement à la pratique de hockey d’un de ses enfants. «En fait, je suis contre l’idée de payer le plein prix dans les magasins», reprend-il. «Surtout avec l’inflation, ça semble être encore plus cher qu’avant», précise ce Calgarien depuis quinze ans.

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Du neuf dispendieux… et pas toujours de qualité

Des recherches effectuées par Le Franco ont permis de déterminer qu’un équipement de hockey neuf, même dans le bas de gamme, coûte en moyenne 500$ dans des magasins comme Pro Hockey Life, Sports Experts et Décathlon.

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Ces prix sont variables et grimpent en flèche pour ce qui est de l’équipement de gardien de but qu’on ne peut trouver en deçà de 1000$ en magasin. Sans oublier qu’avec des enfants qui grandissent chaque année, il faut souvent remplacer des pièces d’équipement. «Mes deux plus vieux gardent les buts. Je ne vois tout simplement pas comment je pourrais acheter du neuf en sachant ça», précise Stéphane Arsenault.

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Des options plus abordables

Dès que ses enfants ont été en âge de jouer au hockey, raconte Stéphane, la chasse à l’équipement usagé s’est amorcée. Les premiers trésors ont été dénichés dans des ventes de garage. Mais rapidement, grâce à Marketplace, la plateforme de vente et d’achat lancée par Facebook en 2016, les trouvailles sont devenues de plus en plus éclatantes.

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Quelques trouvailles récentes de Stéphane Arsenault et des articles qu’il mettra en vente sous peu. Crédit : Courtoisie

Quelques trouvailles récentes de Stéphane Arsenault et des articles qu’il mettra en vente sous peu. Crédit : Courtoisie

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«Il y a tellement d’options de qualité sur Marketplace. On trouve des belles choses, presque pas utilisées, c’est rarement magané… et les prix sont très abordables», s’exclame ce montréalais d’origine. Stéphane a même pris l’habitude d’acheter des pièces d’équipement et de les accumuler à la maison. «Je sais que ça va faire à mes enfants un moment donné.»

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Pour dénicher de l’équipement, certaines familles choisissent, quant à elles, de se tourner vers des commerçants qui se spécialisent dans le seconde main. Ross Manering, qui a racheté la boutique 2nd Chance Sports de ses parents en 2016, estime que ses clients déboursent au moins 50% de moins en faisant affaire avec son commerce plutôt qu’avec les magasins qui vendent du matériel neuf.

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«C’est fou de voir à quel point l’équipement de sport neuf est rendu cher.» Ross Manering

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«Mais pour être honnête, on pourrait dire qu’en général nos articles sont vendus à 75% du prix courant», précise le copropriétaire de l’entreprise familiale. «C’est fou de voir à quel point l’équipement de sport neuf est rendu cher. Nous, on a toujours gardé nos prix assez bas, sans trop suivre l’inflation, justement pour rester accessible à tous», ajoute Ross.

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Rentable et durable

Situé à Calgary, dans le quartier de Winston Height, depuis 1994, le 2nd Chance Sports s’est aussi fait connaître par son programme d’échange qui permet aux familles de revendre l’équipement acheté en magasin. Il suffit de prendre bien soin des articles et de les rapporter à la boutique une fois leur utilisation terminée pour obtenir un remboursement équivalent à la moitié du prix d’achat. «Nos clients se ramassent à payer juste 50% d’un prix déjà peu élevé», s’enthousiasme Ross Manering.

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Ross Manering devant son magasin 2nd Chance Sports situé à Calgary. Crédit : Courtoisie

Ross Manering devant son magasin 2nd Chance Sports situé à Calgary. Crédit : Courtoisie

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Cela a permis à l’entreprise familiale de se développer une clientèle régulière dont, entre autres, des familles dont les enfants sont en poussée de croissance et qui changent souvent d’équipement, relate le propriétaire.

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Chez les Arsenault, Stéphane a aussi pris l’habitude de revendre les articles qui ne sont plus à la taille de ses enfants. «On fait ça avec tout. Pour être honnête, ça me fait mal au cœur de jeter quand un objet aurait pu avoir une seconde vie», conclut-il

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