Après PHI, Jean Grand-Maître se retire

Écrit par : Gabrielle Beaupré

20 mai 2022

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Jean Grand-Maître à son arrivée comme directeur artistique de l’Alberta Ballet en 2002. Crédit : Courtoisie
Le 2 avril dernier, à la tombée du rideau du spectacle PHI, le directeur artistique de l’Alberta Ballet, Jean Grand-Maître, a tiré sa révérence. S’il est reconnu comme l’un des plus grands chorégraphes de ballet canadiens de sa génération, l’artiste a partagé son talent à l’Alberta Ballet pour lui apporter une notoriété nationale et internationale. Retour sur une carrière incroyable.

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À l’aube de la dernière représentation du spectacle PHI présenté au Northern Alberta Jubilee Auditorium à Edmonton, Jean Grand-Maître se dit «très excité». Pour lui, ce dernier spectacle est «une célébration» de toutes ses créations qu’il a offertes au public albertain lors de ces 20 dernières années.

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Le spectacle PHI, inspiré de la musique du chanteur britannique David Bowie, est l’aboutissement de cinq années de travail. «C’est une grosse création qui a employé cinq concepteurs. De plus, c’est mon dernier cadeau aux gens de l’Alberta.» Avec «la belle réaction du public» et les critiques positives engendrées lors de la première qui a eu lieu le 10 mars dernier à Calgary, Jean Grand-Maître est fier de terminer sa carrière «la tête haute».

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Retour sur sa carrière

Le chorégraphe est très heureux de mentionner que l’Alberta Ballet lui a permis «d’atteindre son maximum en tant qu’artiste et d’aller au bout de ses idées». Il a, entre autres, apporté une vision moderne à de grands ballets tels que Roméo et Juliette, Cendrillon, Casse-Noisette et Le Lac des cygnes.

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Il a également créé ses propres spectacles. Son premier ballet, présenté en 2007, intitulé The Fiddle and the Drum, inspiré par l’artiste canadienne Jodi Mitchell reste à ce jour le plus important de sa vie. La qualifiant de «génie», il se dit encore chanceux d’avoir côtoyé cette grande auteure-compositrice-interprète pendant deux ans. «Cette création a été acclamée partout à travers le monde et ça a été une de mes plus belles chorégraphies.»

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De plus, Jean Grand-Maître est fier d’avoir présenté des ballets qui ont porté à réflexion. Par exemple, en collaboration avec le chanteur britannique Elton John, le chorégraphe a créé le ballet Love Lies Bleeding. Celui-ci abordait les thématiques de l’intolérance, de l’alcoolisme et de la dépendance aux drogues. «Le ballet n’est pas toujours un moment pour être diverti, mais également une occasion de réfléchir sur l’humanité, pour s’éduquer et s’informer.»

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«Le ballet n’est pas toujours un moment pour être diverti, mais également une occasion de réfléchir sur l’humanité.» Jean Grand-Maître

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Il confirme, cependant, que tout n’a pas été rose pendant les 20 dernières années. Parfois, il a eu des remises en question, un manque d’inspiration et de la fatigue. «Il y a également des gens qui aimaient ce que je faisais et d’autres qui n’appréciaient pas. Mais ça, il y en aura toujours», s’esclaffe-t-il.

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Il n’a néanmoins jamais regretté son choix de quitter sa carrière de chorégraphe et metteur en scène indépendant pour s’installer en Alberta. «J’ai toujours apprécié les défis qui m’étaient donnés ici, mais aussi, les opportunités.» À quelques jours de sa retraite, il se dit prêt à passer le flambeau à son successeur, Christopher Anderson.

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Des sentiments mitigés

Quitter la direction artistique de l’Alberta donne au chorégraphe de renommée internationale un sentiment doux-amer. D’un côté, il est soulagé de ne plus avoir sur ses épaules le travail administratif et la pression financière de l’Alberta Ballet. «Il faut prévoir des levées de fonds pour trouver deux millions de dollars chaque année afin que tout le monde soit payé chaque semaine.»

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De l’autre, la création artistique dans l’intimité avec les danseurs va beaucoup lui manquer. «Le travail en studio est plus magique puisqu’il n’y a pas les costumes, le maquillage, l’éclairage […]. C’est comme si je sculptais sur de la glaise.»

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Il avoue que de ne plus côtoyer les danseurs au quotidien créera un vide dans son existence. Ces derniers sont, selon lui, remplis d’espoir. Même s’ils gagnent de petits salaires, «ce sont des gens magnifiques qui travaillent très fort et qui veulent danser».

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Néanmoins, Jean Grand-Maître restera dans le monde du ballet une autre année, avant de retourner à Gatineau, sa ville natale, pour profiter d’une retraite bien méritée. En effet, le chorégraphe portera le chapeau de professeur à l’école de l’Alberta Ballet. «La danse est préservée par le bouche-à-oreille, alors c’est important pour moi de partager mes connaissances à la nouvelle génération de danseurs.»

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«La danse est préservée par le bouche-à-oreille, alors c’est important pour moi de partager mes connaissances à la nouvelle génération de danseurs.» Jean Grand-Maître

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