Jean Johnson, grand artisan de la future réforme

Écrit par : Gabrielle Beaupré

8 avril 2021

Derrière la réforme de modernisation des langues officielles introduite par Mélanie Joly le 19 février dernier, au moins deux personnalités franco-albertaines ont mis la main à la pâte pour faire avancer le dossier : Jean Johnson et Claudette Tardif. 

C’était en décembre 2016, lors de la dernière journée de la Consultation nationale sur le plan d’action sur les langues officielles. Mélanie Joly, alors ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, a trouvé un allié dans le dossier de la modernisation des langues officielles. À l’époque, il était président du Conseil d’administration de l’ACFA : Jean Johnson.

Une question audacieuse

Jean Johnson, président de la Fédération des communautés francophone et acadienne du Canada. Crédit : Studio Versa.

La veille, en préparation avec les représentants des associations francophones du pays, Jean Johnson avait soulevé l’idée de demander à la ministre de considérer une modernisation de la loi. Le président de l’ACFA s’était fait déconseiller de lui poser la question. Selon les dires de certains, la ministre « n’avait pas d’appétit ».

Le lendemain « [Mélanie Joly] est venue s’asseoir à côté de moi. Elle m’a demandé : “Et toi, Jean Johnson, qu’est-ce que tu voudrais dire à ta ministre ?”. [À ce moment], je me suis dit que je n’avais rien à perdre. En souriant, j’ai posé la question, qui pour moi, était crucialement importante pour l’avancement de nos communautés francophones ».

« On va la moderniser », lui répond alors Mélanie Joly. Interrogée par Le Franco, cette dernière indique avoir alors remarqué la surprise sur le visage du questionneur.

La ministre salue l’audace de Jean Johnson qui a été le premier à lui poser la question. Cependant, elle affirme que cette idée trottait déjà dans son esprit. « Moi, j’ai toujours pensé qu’il fallait moderniser notre approche en matière de langue officielle. Rapidement, en tant que Québécoise francophone, je m’étais rendu compte qu’il fallait en faire plus pour protéger le français », souligne-t-elle.

Une alliée au sénat

Bien déterminé, le président de l’ACFA de l’époque rencontre, quelques mois plus tard, la sénatrice franco-albertaine, Claudette Tardif. N’ayant aucune nouvelle du dossier, il lui indique sa déception. La présidente du comité sénatorial aux langues officielles depuis 2013 explique que monsieur Johnson a demandé son aide.

Claudette Tardif, ancienne présidente du comité des langues officielles du Canada et sénatrice franco-albertaine, désormais à la retraite. Crédit: courtoisie.

Claudette Tardif relate lui avoir dit : « Je vais présenter une motion au Sénat pour faire une étude d’envergure sur le sujet. On va consulter les Canadiens et Canadiennes de toutes les régions du pays, de tous les âges, de tous les organismes qui ont un intérêt dans le dossier de la modernisation de la loi ».

Cette étude acceptée par le Sénat comporte 5 volets : jeunesse, justice, fonctionnaires du gouvernement fédéral, communautés et organismes nationaux. Claudette Tardif souligne qu’elle a seulement réalisé le volet jeunesse avant de partir à la retraite. La suite de l’étude a été présidée par le sénateur du Nouveau-Brunswick, René Cormier.

Le leadership de la FCFA 

Avec la grande ambition de faire avancer ce projet, Jean Johnson est élu président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada en 2017. Depuis, la fédération porte-parole de la francophonie au Canada multiplie les initiatives et les rencontres politiques sur la colline Parlementaire.

Jean Johnson martèle que l’organisme a rencontré plusieurs membres de la sphère politique, dont Justin Trudeau, Mélanie Joly et les chefs des partis de l’opposition. L’objectif ? Leur présenter « nos aspirations pour nos projets de loi, pour qu’ils soient conçus à la hauteur de nos ambitions et de notre vision comme communauté ».

De plus, bien avant l’expression d’intention du projet de loi, Jean Johnson souligne que la FCFA a fait réaliser par des experts une ébauche du projet de loi. Ce rapport a ensuite été remis aux trois grands partis du pays le 5 mars 2019.

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