La francophonie en Alberta : un vrai défi à surmonter

Écrit par : Jeunes Plumes

2 avril 2022

Crédit : Gemma Chua Tran / Unsplash.com. Intervention d’images : Andoni Aldasoro
Coup de cœur
Iulia Tarasenco – Jeune plume
École Boréale – 9e année

 

L’Alberta a toujours été un endroit très multiculturel. De nombreuses personnes y parlent différentes langues, dont le français. Surtout de nos jours, être francophone peut être un véritable combat. Dans une province où le français est une langue minoritaire, il est souvent facile de se retrouver mêlé à tous les anglophones partout où l’on va.

 

Un problème courant pour les francophones dans une communauté anglophone est qu’il est facile de perdre lentement sa langue maternelle parce que tout ce qu’on utilise est l’anglais. Bien sûr, il peut y avoir des endroits où la plupart des gens parlent français, mais la plupart du temps, partout où l’on va, on n’entend que l’anglais.

 

Les avantages de travailler dans un environnement francophone

Alexandra Tarasenco, conseillère en établissement du CANAF (Centre d’Accueil des Nouveaux Arrivants Francophones), dit que c’est un honneur pour elle de travailler dans un environnement français. Elle a immigré au Canada, en 2009, avec sa famille de Moldavie, un petit pays en Europe.

 

«C’est la première fois que je travaille dans un environnement francophone et je dois dire que je suis vraiment passionnée par la possibilité de parler en français.» Alexandra Tarasenco

 

«C’est la première fois que je travaille dans un environnement francophone et je dois dire que je suis vraiment passionnée par la possibilité de parler en français, pratiquer la langue et apprendre de nouveaux mots. C’est vraiment enrichissant pour moi», dit-elle.

 

Elle raconte que les avantages sont qu’elle a la possibilité de maintenir sa langue et de ne pas oublier ce qu’elle a appris, il y a longtemps. Elle se sent mieux, car la langue française est plus proche de sa langue maternelle, le roumain. Elle dit que la culture francophone est aussi plus proche de son identité. «Je me sens plus à l’aise, plus confortable dans la culture francophone.»

 

Les francophones perdent-ils leur français?

En Alberta, les problèmes de perte d’identité francophone ne touchent pas seulement les adultes, mais surtout les jeunes partout dans la province. En tant que mère de quatre enfants, Alexandra affirme que ses enfants ne peuvent pas toujours pratiquer le français et craint qu’ils perdent lentement leur langue.

 

«Les problèmes que j’ai rencontrés sont plus concernant mes enfants qui vont dans une école francophone. Ça peut être difficile de trouver une bonne école française ou les élèves peuvent vraiment exprimer leur français.» Elle a l’impression que ses enfants n’évoluent pas assez dans leur langue et que leur français reste au même niveau.

 

Cette mère francophone affirme aussi que même partout où elle va, les gens voient surtout des choses écrites en anglais. «Même les panneaux et les affiches que nous voyons tous les jours sont uniquement en anglais, ce qui n’est pas bon pour les francophones, car les gens s’habituent à voir tout en anglais dans leur vie quotidienne», s’exprime-t-elle avec frustration. «Ce serait bien d’avoir des signes dans les deux langues pour que tout le monde comprenne.»

 

Comment les francophones peuvent-ils préserver leur langue et leur identité?

Il y a toujours quelque chose que les gens peuvent faire pour préserver leur langue, quelles que soient les difficultés rencontrées. Alexandra trouve qu’une excellente façon pour préserver la langue française, c’est par la lecture et l’écriture. «Quand on lit dans une langue, ça enrichit le vocabulaire et ça nous permet de garder le niveau dans lequel on parle.»

 

«Quand on lit dans une langue, ça enrichit le vocabulaire et ça nous permet de garder le niveau dans lequel on parle.» Alexandra Tarasenco

 

«Il faut aussi bien sûr regarder des émissions de télé en français, participer aux différentes réunions ou événements avec d’autres francophones où il y a une possibilité de communiquer en français.» Elle dit que depuis qu’elle a commencé à travailler dans un établissement francophone, elle voit que son français s’améliore et qu’elle retrouve sa langue qu’elle n’a pas utilisée depuis longtemps.

 

Il est clair qu’il n’est pas facile d’être francophone en Alberta. Ça ne l’a jamais été et ça ne le sera probablement jamais. Les francophones risquent toujours de perdre lentement leur langue parce qu’ils ne l’entendent pas beaucoup dans leur vie quotidienne. Heureusement, il y a toujours des choses que les gens peuvent faire pour préserver leur langue et rester à jour dans leur vocabulaire.

 

Pourtant, les francophones de l’Alberta continuent de perdre lentement leur langue. Ces petites solutions pourraient-elles vraiment être suffisantes pour les aider à maintenir leur langue à jour?
Ou bien les Franco-Albertains devront-ils constamment se battre pour conserver leur langue principale?

 

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Toute l’équipe du journal Le Franco est très fière de les avoir formées et de leur offrir un espace pour exprimer leurs talents.
Comme ces articles ne sont pas signé par les journalistes du Franco, leur contenu n’a donc pas été vérifié de façon indépendante comme l’usage le veut.
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