La jeunesse prend la parole pour défendre la Francophonie Canadienne

Écrit par : Gabrielle Beaupré

28 janvier 2022

  • Phil Rivière
Philippe Rivière. «La série est échelonnée sur deux ans parce qu’on veut prendre notre temps pour bien faire les quatre épisodes.» Crédit : Lexine

Dans sa nouvelle docu-série intitulée Donner sa langue au chat co-créée avec Le Réveil, le youtubeur Phil Rivière discute des réalités et des combats que vivent les Franco-canadiens vivant en milieu minoritaire. Divisé en quatre chapitres, le premier est disponible sur sa chaîne YouTube AppelezMoiPhil. 

Dans ce premier épisode mis en ligne le 11 décembre dernier, le Franco-Ontarien Phil Rivière met l’accent sur les défis de la francophonie canadienne, ses enjeux et les injustices qu’elle a subies, du 18e siècle à aujourd’hui.

Avec plusieurs personnalités publiques, le fier ambassadeur de la langue française y aborde notamment la déportation des Acadiens, le combat de Louis Riel, les coupures du premier ministre de l’Ontario dans l’éducation francophone en 2018 ainsi que le financement précaire du Campus Saint-Jean en Alberta.

Afin de parler de la seule université francophone dans l’Ouest canadien, Phil Rivière a fait appel à la présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), Sheila Risbud. «J’adore les initiatives derrière cette émission.» Elle évoque notamment la parole donnée à des francophones de partout au pays. «On sent qu’on appartient à une francophonie pancanadienne.»

«On sent qu’on appartient à une francophonie pancanadienne.» Sheila Risbud

En raison de la situation sanitaire qui sévit, ce premier chapitre a été réalisé grâce aux réseaux sociaux. Toutefois, pour le tournage des trois prochains épisodes, Phil Rivière souhaite se déplacer dans les provinces canadiennes pour aller à la rencontre des communautés francophones.

Pour le second chapitre, l’animateur indique que «les relations multidimensionnelles entre les francophones vivant en milieu minoritaire canadien et les Québécois et les inégalités anglos-francos» seront abordées.

Sheila Risbud présidente de l'ACFA

Sheila Risbud. «Ça m’encourage de voir qu’il y a cette relève de gens qui sont vraiment passionnés par le français.» Crédit : Courtoisie

Le troisième mettra en avant les défis des francophones vivant en milieu minoritaire comme l’assimilation, l’insécurité linguistique et l’anglicisation. «On va essayer de comprendre les raisons pour lesquelles les francophones peuvent abandonner leur langue», mentionne Phil Rivière.

Cette série se conclura par un portrait de la francophonie canadienne d’aujourd’hui et de demain en évoquant «l’importance d’avoir une forte relève francophone». L’animateur souligne que ce dernier chapitre sera «positif et donnera espoir».

Faire taire les mauvaises langues

Derrière la conception de sa docu-série, Phil Rivière veut répondre à toutes les personnes qui doutent que la francophonie canadienne ait un avenir. «On sait se battre pour rester en vie!»

«On sait se battre pour rester en vie!» Phil Rivière

Cette série se veut également être une réponse à la chroniqueuse et romancière québécoise Denise Bombardier qui, lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle diffusée en octobre 2018 sur les ondes de Radio-Canada, avait déclaré : «Toutes les communautés francophones ont à peu près disparu» dans le pays.

Une phrase que Phil Rivière n’a pas du tout aimé entendre. «Ça m’a vraiment choqué. Je ne peux même pas expliquer comment ça m’a fait sentir de me faire dire que ma communauté qui se bat depuis aussi longtemps était morte.»

Donner sa langue au chat - Louis Riel

Dans la docu-série Donner sa langue au chat, les combats des Franco-canadiens dans l’histoire sont mis en avant-plan. Crédit: Visuel – Le Réveil

De plus, le youtubeur franco-ontarien espère réveiller les jeunes francophones qui ne s’impliquent pas dans la francophonie. Selon lui, s’ils ne chérissent pas leur francophonie, ils vont se prendre les pieds dans le tourbillon de l’anglophonie et se faire «assimiler».

À 20 ans, le jeune créateur parle avec expérience puisqu’il avait lui-même délaissé la langue française pendant son adolescence. C’est lors des Jeux franco-ontariens, en 2019, qu’il a renoué avec la francophonie. Cet événement a été pour lui un véritable éveil francophone. Depuis, il se dit fier ambassadeur du français.

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D’ailleurs, le titre de sa docu-série est une référence à l’assimilation. «Donner sa langue au chat est une métaphore pour ce qui nous attend en tant que Franco-canadiens si on n’agit pas tout de suite.»

«Donner sa langue au chat est une métaphore pour ce qui nous attend en tant que Franco-canadiens si on n’agit pas tout de suite.» Phil Rivière

Une collaboration florissante

Au départ, lorsque l’idée de parler des réalités et des combats de la francophonie canadienne commence à mijoter dans la tête de Phil Rivière, il pense réaliser une vidéo de 15 à 20 minutes sur YouTube.

Ayant déjà travaillé avec le fondateur du Réveil, William Burton, Phil Rivière discute de son projet avec lui. Ce dernier se montre très intéressé. «Je trouve ça cool qu’un jeune me dise qu’il aurait besoin d’une équipe de production, de l’argent et des contacts pour réaliser une émission», explique William Burton.

William Burton

William Burton. «Avec le budget et l’expertise de toute l’équipe de production, Phil pouvait rêver beaucoup plus loin pour sa série.» Crédit : Courtoisie

William Burton se reconnait dans Phil Rivière. Il est passé par le même chemin pour accomplir ce qui est maintenant aujourd’hui Le Réveil : une plateforme interactive franco-ontarienne et une boîte de productions audiovisuelles. Des personnes ont cru en lui, et maintenant, c’est à son tour de rendre la pareille et de «pouvoir lui permettre d’accomplir son rêve».

«Grâce au Réveil, le projet a grandi vraiment pour devenir une docu-série de quatre chapitres», termine le jeune youtubeur.

*Les trois autres chapitres sortiront à six mois d’intervalle. La décision d’échelonner la série sur deux ans permettra à l’équipe du Réveil de prendre le temps qu’il faut pour bien les réaliser. Il a fallu six mois à l’équipe pour le premier chapitre et Phil Rivière estime que chaque épisode prendra donc six autres mois à produire.

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