De jeunes infirmières sans frontière

Écrit par : Emmanuella Kondo

13 novembre 2021

La père et la mère du capitaine Naomi-Nisha lors de sa cérémonie de promotion au rang de capitaine en août 2021. C’est son père qui lui a remis sa décoration. Crédit : Courtoisie

Pour le capitaine Naomi-Nisha Charette et pour le lieutenant Marissa Hsu, être infirmière militaire est un rêve de jeune fille devenu réalité. Mais, pour y parvenir, cela a exigé du travail et de la détermination. Pourtant, ce n’est que le début d’un nouveau chapitre de leur vie militaire, car les deux jeunes femmes espèrent un jour être déployées à l’étranger.

Depuis toute petite, le lieutenant Marissa Hsu a toujours eu une grande admiration pour l’armée canadienne. Elle en rêvait jour et nuit, se disant qu’un jour elle en ferait partie, sans même savoir ce que faisait exactement un soldat. Elle raconte qu’à la maternelle, la plupart de ses enseignantes avaient des proches qui étaient parties en Afghanistan et c’est en écoutant leurs histoires que le désir était né. 

«Je me rappelle pendant le temps de l’ouragan Katrina, les chaînes de télévision racontaient comment l’armée avait envoyé des docteurs et infirmières pour venir en aide aux citoyens touchés par la catastrophe. Je me suis dit, c’est ça que je veux faire, je veux aider les gens en situation dépourvue», s’exclame le lieutenant Hsu.

Le capitaine Naomi-Nisha Charette durant le vol de familiarisation avec l’escadron 408 en février 2019. Crédit : Courtoisie

«Pour moi, c’était un peu différent», précise le capitaine Naomi-Nisha Charette. Son père étant militaire, elle lui a toujours montré une grande admiration, sans être sûre de vouloir suivre ses pas. 

Pendant ses études universitaires au Québec, avant de joindre l’armée, le capitaine Charette a travaillé comme infirmière dans un hôpital. Elle éprouvait néanmoins un désir non accompli. Pour elle, il y avait toujours un manque, sans réellement pouvoir l’identifier. Ayant servi son pays pendant 30 ans, son père l’a toujours encouragée à s’engager dans l’armée.

«Mon père n’arrêtait pas de m’embêter. Il voyait que je n’étais pas heureuse. Il me disait juste : “Essaie, postule, on verra ce qui se passera”. J’ai mis du temps à me décider, mais mon père avait toujours de belles histoires à propos de l’armée, alors je me suis dit pourquoi pas.»

«Je n’ai pas rejoint l’armée pour l’éducation gratuite»

L’Armée canadienne est reconnue pour donner l’occasion aux jeunes Canadiens de poursuivre leurs études universitaires tout en recevant une compensation financière. Ainsi, le Programme de formation des officiers de la Force régulière (PFOR) développe des jeunes hommes et femmes pour en faire des officiers des Forces armées canadiennes aux parcours professionnels diversifiés. 

Le lieutenant Hsu et le capitaine Charrette ont participé à ce programme. Le lieutenant Hsu en a fait partie dès sa première année universitaire, ce qui lui a permis d’avoir ces trois dernières années d’études financées par l’Armée. Pour le capitaine Charette, cela a été plus court.

Le capitaine Naomi-Nisha Charette et son père. Son premier souvenir des célébrations du 11 novembre 2000. Crédit : Courtoisie

«Je n’ai pas rejoint l’armée pour l’éducation gratuite. Je l’aurais fait quoi qu’il arrive; il n’a jamais été question d’argent. Il s’agissait toujours de vouloir servir», précise le lieutenant Marissa Hsu. Le capitaine Charette ajoute que même si l’armée n’avait pas accepté qu’elle entre dans le PFOR, elle aurait quand même postulé à la fin de son diplôme d’infirmière.

Maintenant diplômées d’un baccalauréat en sciences infirmières, le capitaine Charette et le lieutenant Hsu travaillent dans des hôpitaux et des cliniques telles que le Centre des services de santé des Forces armées canadiennes à Edmonton. 

Bien que leurs études universitaires soient terminées, leur formation ne l’est pas. En effet, les infirmières doivent suivre des cours et des programmes d’apprentissages d’une durée variable, en fonction de leur expérience. Essentiels, ces cours particuliers leur permettent d’acquérir les compétences nécessaires pour travailler dans un contexte de soin actif militaire. Elles pourront ensuite devenir des infirmières militaires certifiées. 

Dans l’attente, avec impatience, d’un déploiement militaire 

Entrer dans l’armée exige des soldats qu’ils soient toujours disponibles et prêts à partir en mission. Pour les deux professionnelles de la santé, c’est un but à atteindre. «Je pense que c’est un objectif de carrière pour presque tous ceux qui rejoignent l’armée», précise le capitaine Naomi-Nisha Charette. 

De son côté, le lieutenant Hsu a eu une petite expérience personnelle sur les situations de déplacement dans l’armée. La hausse des demandes pour des infirmières est tellement élevée depuis le début de la pandémie que tout de suite après avoir reçu son diplôme, elle a reçu des avis de déploiement.

Le capitaine Naomi-Nisha Charette, sa mère et son père lors de la cérémonie d’enrôlement en 2017 à Chicoutimi sur une frégate. Crédit : Courtoisie

«Après ma graduation, avant même d’être infirmière militaire certifiée, je recevais des courriels sur le déploiement d’infirmières dans des foyers de soins en Ontario et au Québec. Ils indiquaient que nous pourrions être déployées dans les prochaines 48 heures», raconte-t-elle.

En attendant ce jour, le capitaine Charette et le lieutenant Hsu continuent de soutenir les citoyens canadiens du mieux qu’elles le peuvent à Edmonton. 

«Bien sûr, je veux être déployée! Je veux avoir cette expérience de servir mon pays, c’est pourquoi j’ai rejoint l’armée, afin que je puisse aider. Même si j’aide ici à l’arrière-plan, j’aimerais être là quelque part où ils ont besoin de nous», conclut le capitaine Naomi-Nisha Charette.

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