Karaoké à Canmore : les communautés unies à travers les rythmes de la francophonie

26 novembre 2022

Geneviève Poulin et Gabriel Daneau (ACFA régionale), Sylvie Grégoire (propriétaire du restaurant) et Marie-Soleil Brien chantent en fin de soirée. Crédit : Courtoisie
Les Trois Accords, Kaïn, Francis Cabrel, Céline Dion… Plus d’une vingtaine de citoyens francophones de Canmore se sont réunis le 10 novembre dernier pour revisiter leurs classiques lors d’un karaoké organisé par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale de Canmore-Banff. En cette Semaine nationale de l’immigration francophone, l’occasion était parfaite pour que les participants célèbrent leur langue à travers la musique.

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Gabrielle Audet-Michaud
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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Les tables et les chaises étaient disposées contre les murs lorsque les premiers invités se sont engouffrés Chez François sur le coup de vingt heures. Ce restaurant fondé par Jean-François Grouin et Sylvie Grégoire, il y a plus de trois décennies, se spécialise dans l’offre de déjeuners-dîners. Véritable institution à Canmore, l’établissement est devenu un pilier pour la communauté francophone de la région puisqu’on peut y être servi en français.

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En vue de la soirée, un écran géant trônait au fond du restaurant et deux haut-parleurs répandaient dans le reste de la salle à manger un morceau de Malajube, défunt groupe de rock québécois. Dès leur arrivée, les adeptes de karaoké se sont salués chaleureusement en se faisant une accolade et en se serrant la main. Certains se connaissaient, d’autres pas, mais qu’importe. La soirée allait bientôt prendre des allures de réunion familiale.

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Jean-François Grouin et Sylvie Grégoire, les propriétaires du restaurant Chez François. Crédit : Courtoisie

Jean-François Grouin et Sylvie Grégoire, les propriétaires du restaurant Chez François. Crédit : Courtoisie

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Une fois tous les participants assis sur leurs chaises, Monique Tougas s’est emparée du microphone. La Franco-Albertaine d’origine montréalaise a brisé la glace en interprétant avec justesse un morceau de Led Zeppelin.

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Parce que oui, bien qu’il s’agissait d’un karaoké organisé pour faire rayonner la francophonie, le coordonnateur événementiel de l’ACFA régionale, William Prince-Dufort, a souvent rappelé le mot d’ordre de la soirée : «on est ici pour s’amuser ensemble, peu importe la langue».

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Cette invitation, Monique Tougas l’a embrassée à bras ouverts. «Moi, je parle franglais», raconte-t-elle, le sourire en coin. «Je me sens toujours comme une outcast. I don’t fit in, you know?» La femme à la chevelure grisonnante hésite un instant avant de reprendre : «Sauf qu’ici, on essaie d’inclure tout le monde et ça me fait plaisir».

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Des choix musicaux variés

Lors d’une entrevue, William Prince-Dufort a expliqué sa fierté de voir rayonner une francophonie «plurielle» à travers cette soirée karaoké. «On a bien vu la diversité dans les chansons qui ont été chantées», mentionne-t-il. «On a entendu des chansons francophones de France, du Québec, du Maroc…», énumère le coordonnateur événementiel.

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«On a bien vu la diversité dans les chansons qui ont été chantées.» William Prince Dufort

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Une fois les dernières notes de Led Zeppelin achevées par Monique Tougas, le registre musical a changé drastiquement. Deux participants se sont avancés vers le milieu de la pièce pour interpréter un classique intemporel de Joe Dassin. Le reste de l’assistance s’est jointe au moment du refrain : «Aux Champs-Élysées pala-palapa» pouvait-on entendre fredonner à droite et à gauche.

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Puis, quelques minutes plus tard, c’était au tour de deux Québécois de chanter une chanson de Fouki, ce jeune rappeur né à Montréal qui récite ses textes dans un franglais fortement créolisé. «Fouki, on n’entend pas ça souvent à Canmore», lance à la blague l’enseignante Marie-Soleil Brien, quelques minutes après sa performance.

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Marie-Soleil Brien interprète une chanson de Fouki en bonne compagnie. Crédit : Courtoisie

Marie-Soleil Brien interprète une chanson de Fouki en bonne compagnie. Crédit : Courtoisie

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Originaire du Québec, celle qui habite dans les montagnes albertaines depuis sept ans s’est dite réjouie de voir l’ACFA régionale troquer son traditionnel potluck pour un karaoké. «C’est tellement important de soutenir notre francophonie en participant aux activités qui sont organisées pour nous», s’enthousiasme-t-elle. «J’aimerais qu’il y ait davantage d’activités francophones à Canmore», ajoute aussitôt l’enseignante.

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Denise Lavallée croit, elle aussi, en l’importance de tenir de tels rassemblements. «Un événement comme ce soir, ça montre à quel point notre francophonie albertaine est dynamique», note la sympathique directrice générale de l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA) qui était présente lors de la soirée. «Ça nous permet aussi de la célébrer tous ensemble», renchérit-elle.

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«Un événement comme ce soir, ça montre à quel point notre francophonie albertaine est dynamique.» Denise Lavallée

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Une soirée réussie

William Prince-Dufort s’est dit satisfait du déroulement du karaoké. Le coordonnateur événementiel a souligné le partenariat effectué entre l’ACFA régionale et le Réseau en immigration francophone de l’Alberta (RIFA) dans le cadre de la soirée.

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Il a aussi salué le travail publicitaire qui a été fait en amont afin d’attirer d’autres personnes que les participants réguliers aux événements de l’ACFA régionale. «Environ 80% des personnes présentes ce soir n’avaient jamais participé à nos événements», estime-t-il. «C’est une belle réussite que d’aller au-delà de nos membres « réguliers ».»

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Un groupe d’amis profite de la soirée karaoké. Crédit : Courtoisie

Un groupe d’amis profite de la soirée karaoké. Crédit : Courtoisie

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À savoir si une deuxième édition pourrait être organisée, le coordonnateur événementiel de l’ACFA régionale n’en dément pas la possibilité. «Une deuxième édition? Possiblement! Nous avons tellement reçu de bons commentaires», répond-il d’un air joyeux.

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William Prince-Dufort tient aussi à préciser qu’au-delà de la soirée chantante, le karaoké a eu l’avantage de rapprocher les gens. «Ce soir, on a aussi été [témoin] de belles discussions entre des personnes qui [se sont] rencontrées ou retrouvées», indique-t-il. «Deux nouveaux arrivants se sont même réjouis parce qu’ils n’avaient jamais été mis en contact avec la communauté québécoise [auparavant]», conclut-il.

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