Les communautés réunies pour combattre l’intimidation

Écrit par : Gabrielle Beaupré

17 mai 2021

Le groupe de leaders d’Afrique de l’Alberta, accompagné David Shepherd (au centre), député provincial du centre-ville d’Edmonton lors de la cérémonie de l’indépendance de la Gambie, le 22 février 2020. Kazir Coulibaly, le facilitateur des réunions intitulées Arrêter d’intimider nos enfants, est le 3e en partant de la droite.

Lorsque le jeune Pazo, un adolescent de 14 ans se fait agressé par un groupe de garçons à la sortie de l’école Rosslyn à Edmonton le 16 avril dernier, c’est toutes les communautés d’Edmonton qui s’unissent contre l’injustice. Un acte terrifiant qui a bousculé les Albertains en quête de solutions pour contrer la problématique de l’intimidation. 

Par le biais des réunions intitulées Arrêter d’intimider nos enfants, communautés africaines, anglophones, francophones et élus politiques locaux et provinciaux, dont notamment David Shepherd, député provincial du centre-ville d’Edmonton, s’unissent pour combattre l’intimidation. Kazir Coulibaly, président de la Communauté ivoiro-canadienne d’Edmonton et facilitateur de ces réunions de travail, affirme que leur présence montre combien ce problème est rassembleur.

«Lorsque le peuple s’unit, aucun système ne lui résiste. Ensemble, ils font avancer la cause. Ce n’est pas une affaire de Noir comme on le dit. C’est une affaire de tout le monde. Tout le monde a des enfants, et ça peut arriver à tout le monde, ce qui est arrivé à Pazo», déclare-t-il.  

Kazir Coulibaly, le facilitateur des réunions intitulées Arrêter d’intimider nos enfants, «salue le travail des comités puisqu’ils ont réussi à l’espace de deux jours à mettre sur pied des plans d’action [qui restent désormais, à finaliser]».

Pour faciliter le travail, trois groupes de travail ont été créés. Le premier se concentre sur les besoins psychologiques et financiers de la famille de la jeune victime. Les deux autres comités axés sur la justice et l’éducation cherchent des solutions pour venir en aide aux parents qui se sentent impuissants lorsque leurs enfants sont confrontés à une situation d’intimidation. 

La difficulté de créer des liens de contact

Le comité d’éducation réfléchit notamment à un système communautaire dans tous les conseils scolaires de la province qui permettrait d’augmenter la communication entre les parents et les écoles. Par exemple, Kazir Coulibaly explique que certains parents ont de la difficulté à établir des contacts avec l’école de leurs enfants, entre autres en raison de problèmes de communication liés à la langue. 

Dans le cas du jeune Pazo, l’intimidation avait commencé en novembre. Les membres de l’école le savaient, mais n’ont pas réagi. Kazir croit que si la communauté en avait été informée, l’agression aurait été évitée. Ainsi, le système communautaire permettrait d’avoir des observateurs dans les écoles pour documenter les rapports sur les différentes situations d’intimidation qui s’y produisent. 

Une ligne téléphonique 

Le comité justice planifie de mettre en place une ligne téléphonique qui permettrait aux parents d’appeler si leur enfant rencontre un problème à l’école ou ailleurs. Le président de la Communauté ivoiro-canadienne d’Edmonton indique que cette ligne donnerait la chance aux personnes sans voix de s’exprimer dans la langue de leur choix. 

«C’est la raison pour laquelle on a vraiment besoin de créer ce lien-là. Les communautés, qu’elles soient francophones, anglophones, ou qu’elles viennent d’ailleurs, peuvent se retrouver quand l’un de leurs membres vit une situation difficile [comme celle de Pazo]», ajoute-t-il. 

L’idée est venue de la mère de Pazo après l’agression de son fils et ses séquelles corporelles et psychologiques. N’ayant pas reçu l’aide espérée de l’école, ni de la police, la mère en détresse s’est tournée vers Menya, le leader de la communauté ougandaise parce qu’elle ne savait pas à qui s’adresser. 

Une cause qui rassemble

Ce dernier, outré de la situation, a appelé Kazir Coulibaly, le leader de la communauté ivoirienne : «[Menya] m’expliquait que la situation prévalait». Les deux hommes ont décidé d’informer les autres leaders communautaires. Ils ont alors invité toutes les communautés puisqu’ils sont «d’avis que le multiculturalisme est important». Il précise aussi que toutes les actions proposées en sont au niveau embryonnaire. Rien n’est encore concrétisé, mais tous espèrent que ça le sera dans un avenir proche.

 

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