Consultations sur les langues officielles : ce qui se jouera en Alberta

Écrit par : Mehdi Mehenni

23 juin 2022

Pierre Asselin, vice-président de l’Association canadienne-française de l’Alberta. Léo Piquette, ancien député provincial et exprésident du Conseil scolaire Centre-Est. Crédits : Courtoisie
La ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, semble très consciente de la situation de la francophonie en Alberta, au moment où les représentants de la communauté l’attendent pour lui parler de dossiers brûlants.
Mehdi Mehenni
IJL- Réseau.Presse – Le Franco

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Après Vancouver, Winnipeg et bientôt Regina, ce sera au tour d’Edmonton d’accueillir, ce 24 juin, la ministre des langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, dans le cadre des consultations pancanadiennes sur les langues officielles 2022.
Un évènement que Pierre Asselin, vice-président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), juge «important». La communauté francophone de la province y attache aussi un grand espoir tant les enjeux sont majeurs.
Ces consultations, entamées le 24 mai et qui prendront fin le 31 août prochain, «se déroulent avec comme toile de fond la réforme annoncée sur les langues officielles en février 2021 avec le document public intitulé Français et anglais : Vers une égalité réelle des langues officielles au Canada», selon les précisions de Marianne Blondin, attachée de presse de la ministre des Langues officielles.
Notre interlocutrice précise que ces consultations «s’adressent au grand public, aux communautés de langue officielle en situation minoritaire, aux organismes porte-paroles, aux représentants des provinces et des territoires, aux intervenants clés des langues officielles et aux institutions et organisations fédérales».

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Elles ont également pour but de «vérifier la pertinence et d’actualiser, le cas échéant, les grands objectifs et les initiatives du Plan d’action 2018-2023 en fonction des principes directeurs de la réforme du régime linguistique».

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«Nous pouvons en faire davantage»

Sur la question de savoir quel bilan est fait aujourd’hui de ce plan d’action, Marianne Blondin explique qu’un «exercice d’évaluation de mi-parcours a été réalisé à la fin de l’année 2021 auprès des intervenants afin de faire le point sur les trois premières années (2018-2020) de mise en œuvre des mesures découlant de l’investissement supplémentaire de 500 millions de dollars prévu dans le Plan d’action».

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Elle précise que parmi les organismes communautaires sondés, «85,4% se disent satisfaits de la mise en œuvre de ce plan d’action».

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«85,4% se disent satisfaits de la mise en œuvre de ce plan d’action.» Marianne Blondin

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Idem «pour l’ensemble des institutions partenaires, malgré quelques délais liés à la pandémie, toutes les nouvelles initiatives ont été mises en œuvre au cours des deux premières années et 87,6% des dépenses prévues pour les années 2018-2020 ont été décaissées». Ce qui, à ses yeux, est considéré comme «un franc succès».

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Cependant, l’attachée de presse dit reconnaitre que «nous pouvons en faire davantage pour appuyer l’immigration francophone et augmenter le niveau de bilinguisme à travers le pays».

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Les priorités de l’ACFA

C’est justement sur des dossiers connexes que l’ACFA attend de pied ferme la ministre des Langues officielles, tant Pierre Asselin espère «une modernisation de la loi» et surtout «une mise en œuvre efficace» des principes liés au nouveau plan d’action qui se dégagera de ces consultations.

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«Nous allons rappeler l’importance du continuum en éducation et du continuum de services en immigration francophone. Nous faisons ce travail afin d’améliorer la transmission linguistique et accroître notre communauté», note le vice-président de l’ACFA.

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«Nous allons rappeler l’importance du continuum en éducation et du continuum de services en immigration francophone.» Pierre Asselin
Pierre Asselin cite aussi d’autres priorités qui vont être rappelées à la ministre comme «la nécessité d’augmenter et d’indexer le financement de base de nos organismes afin qu’ils puissent offrir les programmes et services nécessaires pour une francophonie albertaine diversifiée et en croissance, mais aussi se positionner comme des employeurs de choix et offrir des opportunités de carrière valorisantes en français».

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«La ministre est très attentive à la situation du Campus Saint-Jean»

Léo Piquette, ancien député provincial et ex-président du Conseil scolaire Centre-Est, qui a déjà pris part à ces consultations au début des années 2000 notamment, situe, lui aussi, les enjeux d’aujourd’hui principalement à hauteur des aspects économiques.
«Dans le temps, les francophones n’étaient pas engagés dans le développement économique. Les discussions tournaient autour des outils à mettre en place pour survivre culturellement. Échapper à l’assimilation», rappelle-t-il.

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Et même s’il note aujourd’hui encore «beaucoup de déficits» sur ce chapitre, il considère que la communauté francophone se doit de mettre le paquet sur «le financement, l’investissement et le business».

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La ministre Petitpas Taylor porte justement «une attention particulière aux réalités que vivent les communautés de langue officielle en situation minoritaire de l’Alberta comme partout au pays», souligne son attachée de presse.

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Durant ses consultations, ajoute Marianne Blondin, «la ministre souhaite entendre ce que les intervenants communautaires ainsi que les représentants des gouvernements provinciaux ont à lui partager afin de toujours mieux appuyer la vitalité des communautés et mieux promouvoir nos langues officielles dans le cadre du prochain Plan d’action sur les langues officielles».

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C’est ainsi que dans le cadre du postsecondaire, Marianne Blondin assure que «la ministre est notamment très attentive à la situation du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta qui est une institution phare pour la communauté franco-albertaine», promettant au passage que «plus de détails sont à venir à cet effet».

Au moment de publier cet article, la rencontre pour les consultations du 24 juin 2022 a été annulée, la ministre Petitpas Taylor ayant obtenu un résultat positif à la COVID-19. Une nouvelle date sera communiquée dès que possible.

Néanmoins, un investissement important au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta sera bel et bien annoncé par la ministre des Langues officielles (en visioconférence) et par le ministre associé des Finances Randy Boissonnault, en présence du ministre de l’Enseignement postsecondaire de l’Alberta Demetrios Nicolaides, au Grand salon du pavillon Lacerte, au Campus Saint-Jean, à 14h30 (heure locale).

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