Les Belles-soeurs à l’Unithéâtre : « Un cri de guerre »

Écrit par : Simon-Pierre Poulin

3 mai 2021

Crédit : L’UniThéâtre

Cet article a été publié en février 2020

Dictature des chapelets et de la solitude dans un Québec qui chemine tranquillement vers un grand bouillonnement. La pièce phare de Michel Tremblay, Les Belles-soeurs, était la production communautaire de l’Unithéâtre cette saison. Publiée en 1968, cette oeuvre résolument féministe est surprenante d’actualité : langue vernaculaire, surmenage, accès à la santé reproductive, des thèmes qui habitent universellement nos cuisines d’ouvriers.

«Aujourd’hui en Alberta et ailleurs dans le monde, l’accès à l’éducation, aux soins médicaux et aux services sociaux n’est pas toujours facile à parvenir surtout en région. Pour moi, cette pièce est un cri de guerre. Un appel pour joindre nos forces. Pour offrir des choix aux femmes qui en auraient moins autrement», écrit la directrice artistique du théâtre, Joëlle Préfontaine.

Du yéyé flyé aux sobres habits beiges, une attention toute particulière a été portée aux costumes, le travail magistral de Brianna Kolybaba. Mais c’est avant tout la complicité évidente des 15 femmes sur scène que nous avons remarquée : Lucie-Maude Desroches convaincante et inébranlable, Ève Marie Forcier aussi électrisante que provocante, Renée Bouchard violemment rustre et acariâtre et enfin Monique Beaunoyer-Richer et son naturel désarmant. Dans le rôle principal, Kathleen Stevens a brillé, toujours en pleine maîtrise d’un texte, il faut le dire, difficile.

Mention spéciale enfin à la candide tirade d’Anne-Marie Duchesneau spontanément enterrée par les applaudissements chaleureux d’un public conquis. Mention spéciale aussi aux monologues de Pascale Nadon et de Valécia Pépin qui, eux, ont glacé la salle d’un silence révélateur.

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