AU MANOIR DU LAC, PAUL-ÉMILE MAISONNEUVE, 102 ANS, A SURVÉCU À LA COVID

Écrit par : Geneviève Bousquet

25 mars 2021

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Paul-Émile Maisonneuve  Crédit: Bernard Maisonneuve (courtoisie)

En avril, Le Manoir du Lac à McLennan a connu une éclosion de COVID-19 qui a touché une grande partie de son personnel soignant ainsi que ses résidents. Elle a causé la mort de 10 de ces derniers. Selon Alberta Health services, la situation est maintenant sous contrôle. La vie normale reprend tranquillement le dessus et certaines histoires positives ressortent de ce drame. C’est le cas de celle de M. Paul-Émile Maisonneuve qui, à 102 ans, a survécu à la maladie.

Monsieur Maisonneuve a été le 29e résident atteint de la COVID sur 43. Il a traversé la tempête avec à peine quelques symptômes. Le plus difficile pour lui a été de passer plus d’un mois enfermé dans sa chambre sans contact avec les autres résidents ou avec l’extérieur.

Durant l’éclosion, toute visite était interdite. Heureusement, lui et son fils, Bernard Maisonneuve, pouvaient communiquer par téléphone et par la fenêtre de la résidence. Il disait souvent à son fils que ça faisait longtemps qu’il n’était pas venu le voir. « Je me sentais mal », raconte Bernard qui avait l’habitude de lui rendre visite deux à trois fois par semaine.

Des retrouvailles attendues

Comme il fait assez beau pour sortir dehors, plusieurs des résidents reçoivent des proches en ce vendredi après-midi. À l’entrée, le personnel soignant demande aux visiteurs de se désinfecter les mains, d’enfiler un masque, de remplir un questionnaire de santé. Dernière étape avant de pouvoir pénétrer dans le bâtiment : une prise de température. « On a enfin mis fin à l’éclosion, on ne voudrait pas que ça revienne », explique une infirmière.

Le manoir du Lac. Crédit: Geneviève Bousquet

Pour notre rencontre, monsieur Maisonneuve a insisté pour porter son habit. Son fils Bernard nous a installés sous le belvédère rattaché à l’hôpital, de l’autre côté de la rue. Là où les patients ne pouvaient plus se rendre il y a un mois. « Les vieux étaient défendus d’aller à l’hôpital (…) et les médecins ne rentraient pas ici » affirme Bernard Maisonneuve.

Paul-Émile Maisonneuve  Crédit: Geneviève Bousquet

La grippe espagnole, le débarquement en Normandie, et la COVID

Paul-Émile Maisonneuve est né en 1918, alors que l’épidémie de grippe espagnole frappe le monde entier. Bien plus tard, il a survécu au débarquement à Courseulles-sur-Mer, en France, le 6 juin 1944. Durant son service militaire, il se targue de n’avoir jamais été malade. « Jamais allé voir le docteur, pis le dentiste, rien ! » Il a toujours été en bonne santé sauf pour une vilaine grippe qui l’a alité pendant deux mois à l’hôpital, il y a quatre ans. Et maintenant, du haut de ses 102 ans, il a survécu à la COVID sans peur, sans inquiétude.

M. Maisonneuve se dit satisfait de sa vie. Il n’a pas de regret ni de rêve inachevé. C’est un homme contenté. « Il est facile, tout le temps d’accord. Il ne s’obstine pas. Il dit que ça ne paye pas dans des places de même », explique son fils. Suite à tout ce qu’il a vécu, M. Maisonneuve tient comme paroles de sagesse : « Il faut prendre les choses comme elles viennent. Il n’y a rien que l’on puisse faire sauf prier ».

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