Des États généraux sur l’éducation francophone en Alberta ?

Écrit par : Vous

14 août 2021

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Paul Dubé, ancien professeur au Campus Saint-Jean et auteur, et Marc Arnal, ancien doyen du campus Saint-Jean publient ce texte dans lequel ils soumettent l’idée de créer des États généraux sur l’éducation francophone en Alberta. 

Cet texte d’opinion fut publié dans l’édition du 5 novembre 2020 en page 9.  

 «N’est-il pas temps de recréer des États généraux sur l’éducation francophone en Alberta ?»

Dans le contexte d’une refonte de l’éducation en Alberta par le gouvernement Kenney et des perspectives suggérées qui font fi des avancées des trente dernières années relatives à l’éducation francophone dans nos communautés, n’est-il pas temps de prendre en main notre avenir éducatif comme les cinq grands jugements de la Cour suprême depuis Mahé nous en donnent le pouvoir ? 

L’idéologie conservatrice à la Kenney veut imposer un retour nostalgique à une autre forme d’éducation qui semble nous ramener à une époque pré-article 23, où l’éducation française, langue première, n’existait pas. Il s’agit d’une vision contraire à celle gérée depuis la mise en œuvre de l’article 23 par nos communautés, accompagnées, comme il se doit, d’une solide équipe d’experts francophones au sein du ministère.

Pour ceux et celles qui ne sont pas convaincu. e. s de notre pouvoir politique sur cette question de l’éducation francophone, rappelons que sur la base de l’arrêt Mahé (1990) s’est érigée une série de quatre jugements de la Cour suprême venus amplifier les pouvoirs accumulés de l’article 23. Parmi eux, celui qui nous accorde une autonomie et des autorités auxquelles même le ministre est assujetti (l’arrêt Arsenault-Cameron-2000), ou encore, le pouvoir que se donne la Cour d’imposer l’application d’une ordonnance qu’un gouvernement réfractaire traîne à respecter (l’arrêt Doucet-Boudreau-2003), ou tente, à la Kenney, de faire reculer. 

Paul Dubé est un ancien professeur de littérature à l’Université de l’Alberta et auteur. Crédit : courtoisie

D’ailleurs, n’oublions pas que le curriculum proposé par le régime actuel, même s’il est remanié sérieusement suite à la montée des critiques qui émanent de partout, sera toujours celui de la majorité, idéologie et pédagogie comprises. Sa traduction pour les francophones sera toujours porteuse d’un préjudice ayant des « incidences » problématiques (Mahé) sur l’éducation francophone. Dans ce contexte, n’est-il pas temps de faire d’une pierre plusieurs coups ?  

D’autant plus que notre société s’est transformée ces dernières années par l’élargissement de notre base démographique. Aux francophones dits «de souche», ceux issus de l’immigration ainsi que les francophiles des écoles d’immersion se sont greffés à notre communauté. Aujourd’hui, l’Alberta est au troisième rang des provinces canadiennes où les populations francophones sont les plus importantes.  

Sans oublier tous ces gens qui appuient le français sans forcément le parler, nous représentons collectivement une force politique et démographique. N’avons-nous pas une occasion en or pour revoir tous les aspects de l’éducation française, du curriculum jusqu’à une pédagogie adaptée aux besoins de cette nouvelle population franco-albertaine ? 

Selon nous, il y a nécessité de créer des États généraux de l’éducation française en Alberta. Il faut remonter à plus de 40 ans, soit en 1977, pour retrouver ce genre de grande consultation publique sur cette question cruciale de l’éducation de nos enfants. Ce sont, sans doute, ces États généraux qui avaient lancé la recherche aboutissant au Rapport Perron dont les recommandations lors de sa parution à l’été 1981 ont identifié le désir d’écoles francophones dans la communauté franco-albertaine. 

Comme le dit le grand sociologue Pierre Bourdieu, les institutions d’une société reproduisent les grands schèmes idéologiques définis par la majorité. Dans le cas de l’Alberta de Jason Kenney, ils s’affirment dans leur éloquente transparence. On sait de plus en plus que la reconnaissance niée de notre statut de minorité nationale et la vision éducative proposée par le gouvernement albertain ne peuvent correspondre à notre vision de l’avenir francophone. C’est donc à nous — surtout que nous en avons le pouvoir — de définir une vision qui correspond à ce que nous voulons que notre communauté devienne dans le contexte de sa population diversifiée. Pour la définir, quoi de mieux qu’une vaste consultation de toutes les parties prenantes à travers une structure telle que des États généraux, structure démocratique qui assure que tous et toutes apportent leurs voix au chapitre de l’histoire.

Marc Arnal a été doyen du Campus Saint-Jean ainsi que président de l’Association canadienne française de l’Alberta. Photo d’archives.

Les membres du comité initial (organisateur) choisis pour le composer seraient appelés à imaginer une vision pour alimenter la discussion autour d’idées proposées comme objet de réflexion, ainsi que d’applications pratiques. Ledit comité fondateur du projet devra, dans un premier temps, rassembler les «meilleurs» éléments du milieu pour des raisons de mobilisation générale, de représentativité pertinente, de convictions par rapport aux objectifs du projet, et d’engagement tous azimuts. Il devra aussi, dans un deuxième temps, en consultation avec des experts, imaginer une structure de consultation populaire (on pourrait, par exemple, étudier la version manitobaine de ses États généraux tenus sur la communauté francophone il y a quelques années) afin de produire l’étendue recherchée de cette vaste réflexion collective. En troisième lieu, il doit définir un processus établissant un plan précis d’échéances qui préparent le congrès final producteur d’un rapport mettant en branle la révolution anticipée dans le domaine de l’éducation française en Alberta.

Ce ne sont là que quelques idées pour lancer le projet. Il nous semble que l’avenir de notre communauté francophone en dépend et qu’il est temps de profiter de l’occasion que le gouvernement nous offre, malgré lui, outre la nécessité d’une telle démarche pour l’éducation de nos enfants.

En somme, comme la pensée doit déboucher sur l’action, on vous proposera la semaine prochaine dans ces pages, une première réflexion sur un projet de société qu’il est difficile de ne pas inclure dans ce genre de grande interrogation collective. Ce sera un appel à imaginer ce dont peut avoir l’air un projet axé sur la transculturalité, tant éducative que sociétale.

Pour un projet éducatif et sociétal : réflexions pour une pratique de la transculturalité

Paul Dubé et Marc Arnal clarifient leur projet d’éducation francophone, tourné vers la transculturalité.

Cet texte d’opinion fut publié dans l’édition du 12 novembre 2020 en page 7.  

Le transculturalité peut fournir le cadre d’un projet de société et un projet éducatif, ce dernier devant nourrir le premier et préparer sa réalisation. On s’explique pour définir le concept et imaginer le processus qui nous permettra d’y parvenir, en supposant évidemment que ce soit une option dans le contexte d’une réflexion collective.

Dans la situation démographique actuelle de la francophonie telle que nous l’avons définie la semaine dernière, il n’y a pas que le volume d’une francophonie multipliée qui vient renforcer notre présence dans la grande communauté canadienne. Il y a surtout la richesse de personnes de différentes nationalités, cultures, expériences du monde qui s’y sentent incluses et qui viennent l’enrichir. Il suffit de les côtoyer, de travailler avec elles, de s’en faire des amies, pour apprécier la richesse de l’échange qui se produit, fondée sur des expériences et perspectives diverses des choses et du monde : un autre sens de l’humour, une langue française utilisée/parlée différemment, enrichie par les expressions d’autres univers. Ainsi apparaît dans la communauté une langue française parlée sans complexe, enhardie et valorisée par l’étendue de son usage dans l’espace public. 

Les insuffisances des autres modèles dits d’intégration (multiculturalisme canadien et interculturalisme québécois : les deux sont sans projet défini, soumis aux aléas du hasard et de la conjoncture) doivent nous amener à l’inclusion que la transculturalité revendique grâce à la structuration du dialogue interculturel dans les appareils et les réseaux qui organisent le social, soit les institutions dont les écoles et les universités en sont la pierre angulaire. 

Ainsi, à quoi pourrait ressembler une structuration institutionnelle de la transculturalité à l’école : plus précisément, comment enseigner l’histoire, par exemple, dans un contexte de diversité ? D’abord, la structuration suppose que le dialogue imprègne la programmation scolaire (et universitaire) dans les contenus disciplinaires, le curriculum, mais surtout, pourrait-on dire, dans les modalités et les structures d’enseignement, de façon à développer entre les partenaires sociaux de la communauté des connaissances et des mémoires collectives conjuguées devant faire partie de notre dépôt d’histoires collectif et motivant notre projet d’avenir.

Précisons ce qu’est le « dialogue » curriculaire et pédagogique : il ne s’agit pas de dialogue spontané entre deux personnes ou groupes, ou même organisé à partir d’une conjoncture particulière qui le motive. Il est inscrit dans le curriculum par des sources multiples présentées dialectiquement, c’est-à-dire qui s’entrechoquent, se heurtent, se contredisent, et se complètent, parce qu’elles représentent divers aspects d’une réalité. Ainsi, ces sources viennent par comparaison relativiser une réalité isolée dans son contexte — excluant ainsi l’idée d’un centre destiné à représenter le tout. De plus, comme il a été mentionné ci-dessus, l’enseignement se fait davantage au niveau des modalités d’apprentissage, des stratégies d’interrogation et de compréhension des problèmes et des difficultés que le réel multiple et pluriel porte en lui. 

Imaginons donc l’enseignement de l’histoire (disons les années 1960) à un groupe d’élèves issus des quatre coins de la planète, qui se retrouvent dans une même classe, et qui font partie depuis peu, dans plusieurs cas, d’une communauté scolaire agrandie. Il faudrait d’abord élargir la thématique à la francophonie mondiale des années 1960, faire dialoguer les décolonisations qui se manifestent dans les différents contextes politiques et sociaux : la Révolution tranquille du Québec et des francophonies canadiennes, celles plus violentes des pays (nord — ) africains, et ainsi de suite, dans le cadre d’un mouvement global de contre-culture, de manifestations mondiales contre les systèmes en place, les impérialismes de tout acabit – Vietnam, mai-68, les Flower Children (hippies), et ainsi de suite.

L’école est ainsi appelée à insérer dans toute sa programmation une démarche critique et compréhensive, imprégnée de diversité. Tous les sujets s’y prêtent, certains plus que d’autres, notamment l’histoire, les sciences humaines et sociales, mais aussi la lecture, la littérature, les religions, les arts, la musique, la santé, les mathématiques, le sport, etc. La haute technologie dont sont outillées les salles de classe aujourd’hui permet un accès facile et rapide au voyage planétaire, qu’il soit inspiré par la géographie d’un poème du Sénégalais David Diop, par la dénonciation de l’exploitation d’enfants-soldats dans l’œuvre de l’Ivoirien Kourouma, par un récit anticolonialiste de l’écrivain antillais Chamoiseau, ou par cette Rue Deschambault de Gabrielle Roy, déjà peuplée d’immigrants. C’est le monde entier que l’on rejoint dans ce parcours, et c’est le Canada lui-même qui est situé dans la mouvance internationale.

Le but serait de définir une vision et des valeurs qui nous permettraient d’établir ENSEMBLE, de façon démocratique, un avenir collectif où tous et toutes puissent y retrouver appartenance et identité en raison de leur reconnaissance due par leur participation au dialogue interculturel, et à partir de l’existence au départ d’espaces et d’histoires de convergences langagières, politiques et culturelles entre les différentes communautés. Il faudrait établir un rapport direct avec l’écologie humaine, soit la compréhension de notre milieu dans ses multiples complexités où rien n’est exclu, y compris le devoir motivé par le désir d’inclure et de comprendre les Premières nations ainsi que l’écologie dans son acception récente liée à l’environnement.

On pourrait ainsi arriver à développer une société peuplée d’imaginaires de la diversité, créer une communauté de personnes dont les identités multiples et diverses soient à la fois reconnues et maintenues (pour l’enrichissement collectif), mais passent inaperçues (dans la pratique et le vécu quotidiens), où le préjugé typique de nos sociétés hiérarchisées et racialistes disparaît à toutes fins pratiques sur le plan du logement, de l’emploi, du droit, de la citoyenneté, de la justice, pour ne rien dire de l’égalité et de la dignité. 

La transculturalité établit les paramètres à partir desquels se construit ce projet de société en tant qu’elle oriente l’action vers le dialogue interculturel structuré dans tous les réseaux institutionnels : son but ultime est de faire société.

« Des États généraux sur l’éducation française ? Réponse à Marc Arnal et Paul Dubé »

Rémi Léger, professeur de science politique à l’Université Simon Fraser en Colombie-Britannique et directeur de la revue Francophonies d’Amérique, est un ancien du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta. À travers ce texte, il réagit aux propositions faites par Marc Arnal et Paul Dubé publiées précédemment. 

Cet article fut publié dans l’édition du 26 novembre 2020 en page 4.

J’ai lu avec intérêt les deux lettres d’opinion de Marc Arnal et de Paul Dubé concernant l’éducation française en Alberta et la transculturalité. Si je prends le temps de réagir aujourd’hui, c’est parce que je constate une contradiction fondamentale dans les deux propositions mises de l’avant par les deux professeurs émérites du Campus Saint-Jean.

Dans leurs deux lettres, MM. Arnal et Dubé formulent deux propositions phares : la tenue des États généraux sur l’éducation française en Alberta et l’esquisse d’un projet de transculturalité. Ces deux propositions, prises individuellement, sont louables et tout à fait légitimes. Le problème, toutefois, c’est qu’elles sont incompatibles. 

Proposer des États généraux dans l’objectif de promouvoir la transculturalité, c’est aller à l’encontre de la définition même de ce que sont des États généraux. Les États généraux sont de nos jours une démarche qui vise à faire émerger un nouveau projet de société en misant sur le dialogue citoyen. Pour le dire simplement, c’est faire confiance aux citoyennes et aux citoyens de tous les horizons en les laissant concevoir le monde de demain.

En se fiant à l’intelligence des citoyennes et des citoyens, la collectivité qui se lance dans l’aventure des États généraux acceptent une certaine incertitude en échange d’un résultat qui est le fruit de la volonté commune. Autrement dit, la beauté de la chose, c’est que personne ne peut prédire le résultat final.

Rémi Léger réagit aux publications dans Le Franco de deux textes écrits par Marc Arnal et Paul Dubé. Crédit : Courtoisie

Si messieurs Arnal et Dubé souhaitent une réflexion collective sur la transculturalité dans les milieux de l’éducation française en Alberta, ils devraient dans ce cas proposer une réflexion collective sur la transculturalité. Des États généraux ne sont pas la bonne démarche pour débattre de la pertinence d’un projet éducatif particulier, y compris le projet de la transculturalité.

Cela dit, est-ce que les deux professeurs émérites pourraient proposer leur projet de la transculturalité dans le cadre des activités organisées sous l’égide des États généraux ? Cela va sans dire. Par définition, les États généraux sur l’éducation française en Alberta seraient ouverts à toute proposition. En tant que francophones de l’Alberta, MM. Arnal et Dubé pourraient soumettre leur projet au dialogue citoyen. La transculturalité serait alors opposée à plusieurs autres propositions et personne ne pourrait prédire laquelle proposition servira de base à un nouveau projet éducatif.

Il y a là une résolution possible à la contradiction fondamentale qui marque les deux propositions des professeurs émérites. Et c’est pour cette même raison que j’aurais tendance à opter pour des États généraux sur l’éducation française au profit d’une réflexion portant exclusivement sur la transculturalité. 

L’autre question est à savoir si des États généraux sur l’éducation française en Alberta sont pertinents ou nécessaires dans le contexte actuel. Sur ce plan, l’argumentaire des deux professeurs émérites en faveur de la tenue des États généraux est le bon. Dans leur première lettre d’opinion, ces derniers suggèrent que les décisions des tribunaux en matière d’éducation permettent d’envisager une gestion scolaire plus vaste que celle qu’exercent actuellement les francophones de l’Alberta. 

Ici, je suis tout à fait d’accord. Dans les jugements Mahé (1990), Arsenault-Cameron (2000), Doucet-Boudreau (2003), Rose-des-vents (2015) et Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (2020), la Cour suprême du Canada a clarifié l’étendue du droit à la gestion scolaire. L’essentiel à retenir, c’est que la réalité de la gestion scolaire en Alberta (ainsi qu’ailleurs au pays) est très loin de ce qui est possible selon la Charte canadienne des droits et libertés.

C’est notamment ce décalage entre ce qui est possible selon la jurisprudence et la réalité sur le terrain qui incite à la tenue des États généraux sur l’éducation française en Alberta (ainsi qu’ailleurs dans la francophonie canadienne). 

Prenons deux exemples pour illustrer ce décalage. En premier lieu, dans le jugement Mahé rendu il y a trois décennies cette année, le plus haut tribunal du pays précise que «l’établissement de programmes scolaires» relève des «représentants de la minorité linguistique». La refonte de l’éducation envisagée par le gouvernement conservateur de Jason Kenney est un rappel éloquent que les francophones de l’Alberta n’ont actuellement pas le pouvoir de développer leur propre programme scolaire.

En deuxième lieu, la gestion scolaire, et ce encore une fois depuis le jugement Mahé, comporte le pouvoir de conclure des accords concernant l’enseignement et les services dispensés aux élèves. Pourtant, les représentants des francophones, y compris la Fédération nationale des conseils scolaires francophones, continuent à être exclus des ententes de financement signées entre leurs gouvernements. Malgré des demandes répétées depuis au moins les années 1980, le ministère du Patrimoine canadien et le Conseil des ministres de l’Éducation refusent d’inviter les francophones à la table des négociations. Cela est un exemple flagrant du non-respect du droit à la gestion scolaire consentie par la Charte canadienne des droits et libertés.

C’est pour toutes ces raisons que je dis oui à la tenue des États généraux sur l’éducation française en Alberta. En fait, j’irais même plus loin en demandant des États généraux pancanadiens sur l’éducation française en milieu minoritaire, car l’enjeu d’une gestion scolaire qui est à la hauteur de ce qui est permis par la Charte canadienne des droits et libertés est un enjeu qui concerne l’ensemble des francophonies canadiennes.

Marc Arnal par ce court texte émet quelques précisions sur les écrits de Rémi Léger afin de clarifier la pensée de nos lecteurs.

Texte proposé suite à la parution de Rémi Léger dans notre édition spéciale du 5 août 2021.

La notion de transculturalité est une simple nomenclature qui referme une foule de questions, toutes méritant une étude en profondeur.  Outre la mise en place d’un vrai système scolaire francophone, ce qui se fait attendre malgré les ouvertures fournies par les cours, il y a des questions de fond qui tardent à faire l’objet d’une discussion sérieuse.  

En voici un échantillon:

Qui est francophone?  On compte les immigrants mais ça s’arrête souvent là.

Sommes-nous responsables de la promotion de la dualité linguistique ou seulement du développement de notre “communauté” selon notre façon souvent trop étroite de la définir?

Et qu’en est-il des ressortissants de l’immersion et de notre soutien à ces programmes?

Peut-on encore parler de culture francophone au singulier ou doit-on moderniser nos perspectives?

En éducation, ne doit-on pas commencer par un consensus sur les compétences visées et assujettir contenu et pédagogie à cette vision?

Il y a plusieurs autres interrogations qui pourraient mettre à profit les divers savoirs des diverses composantes sociétales.  Ne voir lorsqu’on parle de transculturalité qu’une image réduite à une définition simpliste n’est qu’un artifice pour maintenir le statu quo.  Les états généraux sont un outil, et il y en a d’autres.  Choisissons-en un.

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