Histoires de famille dans les Forces armées canadiennes

Écrit par : Gabrielle Beaupré

15 novembre 2021

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Steve Daigle et son épouse Guylaine. Crédit photo : Courtoisie

Lorsqu’il y a un mariage entre une civile et un militaire, celle-ci marie l’homme et sa carrière. Marco Pagliericci et Steve Daigle, deux vétérans des Forces armées canadiennes, ont dévoué une grande partie de leur vie à défendre leur pays et à maintenir la paix. Ils témoignent de leur histoire d’amour et de famille. 

Pour Marco Pagliericci, l’un des meilleurs moments de sa vie a été lorsqu’il a été déployé en Allemagne. Il y a d’ailleurs rencontré son épouse, une Allemande, qui l’a suivi au Canada. De la Colombie-Britannique au Nouveau-Brunswick et jusqu’en Alberta, il affirme qu’elle «a été le plus gros support de sa vie». 

Quant à Steve Daigle, lorsqu’il a fait la rencontre de celle qui allait devenir son épouse, il lui a parlé de l’amour qu’il portait pour son travail dans les Forces armées canadiennes. «Je lui ai expliqué que mon travail m’amenait à voyager et, souvent, ça pouvait être à la dernière minute.» Trois semaines après le début de leur relation, il a été déployé pour deux mois. «Elle est extraordinaire et elle a toujours été compréhensive.»

Devenir père et partir en mission  

Lorsque sa première fille est née, Steve Daigle a été déployé un mois plus tard sur le plateau du Golan, entre la Syrie et Israël. «Lorsque je suis partie, elle avait 30 jours.» Il était volontaire pour cette mission de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD).

Steve Daigle, son épouse Guylaine et leurs filles. Pendant sa carrière militaire, ses plus beaux souvenirs de famille se sont déroulés en Allemagne. Crédit : Courtoisie

Il avait refusé de partir au Cambodge pendant que sa femme était enceinte puisque cette mission se voulait plus dangereuse. Toutefois, d’un moment à l’autre, Steve Daigle savait qu’il allait devoir partir en mission et a donc choisi celle qui causerait le moins de stress supplémentaire à sa conjointe.

Lors de son départ pour la guerre du Golfe, la femme de Marco Pagliericci était à la fin de son dernier trimestre de grossesse. Il s’estime aujourd’hui très chanceux d’avoir pu être présent à son accouchement. Il a pu rester une semaine auprès de sa conjointe, de sa petite fille de cinq ans et de son nouveau-né, un petit garçon.

Marco Pagliericci et son épouse. Crédit : Courtoisie

Comme Marco Pagliericci, Steve Daigle connaît ses instants où l’armée décide pour la personne de son avenir proche. Il souligne que pour les militaires, il est régulier de partir en mission, même lorsque ce départ coïncide avec un événement familial et personnel important. 

Finalement, «quand tu es soldat, il faut que tu sois prêt à pouvoir partir à n’importe quel moment et n’importe où dans le monde», ajoute Marco Pagliericci. 

Fin d’une carrière militaire 

Leur choix d’accrocher l’uniforme a été pris à la suite de discussions en famille. En 2011, Steve Daigle, après 28 ans de service dans l’armée, a eu la possibilité de se faire transférer en Ontario, mais sa famille, elle, tenait à rester à Edmonton.

Marco Pagliericci, alors qu’il était sergent, avec son père et son frère. Crédit : Courtoisie

«Ma plus vieille avait 18 ans, ma plus jeune en avait 15. Il lui restait une année pour finir son secondaire. Celle de 18 ans avait un chum, c’était pas mal sérieux. Et puis mon épouse avait un travail qu’elle aimait beaucoup», raconte-t-il.

Il avait l’option de partir seul, mais a choisi de rester avec ses proches. «J’avais passé assez de temps loin de ma famille.» Sa famille le suivant depuis 20 ans dans son travail pour les Forces armées canadiennes, Steve Daigle savait que c’était à son tour de faire le pas. Jeune et admissible à la retraite, il n’a jamais été soucieux pour son avenir professionnel après l’armée. 

Marco Pagliericci et un camarade en mission de paix à Chypre en 1980. Crédit : Courtoisie

De son côté, Marco Pagliericci se souvient de l’époque où son épouse commençait à être inquiète des risques du métier, surtout lors des déploiements. Des inquiétudes qui s’ajoutaient à la désapprobation de ses enfants qui ne voulaient plus le suivre dans ses déplacements. 

«Quand les enfants sont jeunes, c’est plus facile de bouger. À partir de l’adolescence, c’est difficile», note Marco Pagliericci. Il a alors pris la décision de renouer avec un rêve de jeunesse et devient policier à Lethbridge après 23 ans dans les Forces armées canadiennes.   

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