Touristiquement vôtre!

Écrit par : Arnaud Barbet

8 janvier 2022

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  • L’été, c’est à vélo de montagne que Marie-Hélène parcourt les Rocheuses. Crédit : Courtoisie
L’été, c’est à vélo de montagne que Marie-Hélène parcourt les Rocheuses. Crédit : Courtoisie

Originaire du Québec, où elle a été diplômée à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ), Marie-Hélène Rathé a depuis parcouru le pays et déposé une nouvelle fois ses valises, avec sa famille, en Alberta. Nouvelle gestionnaire du développement touristique au Centre de développement économique de l’Alberta (CDÉA) depuis l’automne, elle nous partage quelques tranches de vie. 

Passionnée de «bouffe», Marie-Hélène Rathé a d’abord évolué en cuisine pour devenir maître d’hôtel et première cuisinière au Québec. «Ça remonte à loin», sourit-elle. Ensuite, elle a travaillé pour différents groupes hôteliers, occupant divers postes avec toujours la même constante : bien servir le client. 

À Winnipeg, elle s’est essayée à l’évènementiel en tant que gestionnaire pour Canada Life. «Nous partions à Paris, en Espagne. Que du fun!» Directrice des opérations chez Windigo Aventure, puis directrice à la clientèle lors de l’ouverture de l’hôtel Solara à Canmore, Marie-Hélène n’a vraiment pas les deux pieds dans le même sabot.

Plus récemment, elle a aussi travaillé pour la Cochrane Tourism Association afin d’y développer des relations avec des entrepreneurs, mais aussi des agriculteurs qui proposent des produits touristiques locaux.

Du bon, du local, du plaisir

«Nous, la fin de semaine, ce n’est pas qu’est-ce qu’on fait, mais qu’est-ce qu’on mange?»

Avec son mari, Éric Beaupré, chef exécutif au Marriott Airport et au Delta Airport, ils se concoctent régulièrement des escapades gustatives. En famille, ils n’ont pas peur de faire de 90 à 120 minutes de route pour «rencontrer un agriculteur local et ses produits d’exception, manger dans un restaurant spécifique ou aller dans une épicerie italienne». 

«Au Québec, avec les enfants lorsqu’ils étaient plus jeunes, on se faisait des journées gourmandes», se remémore-t-elle. Chaque membre de la famille choisissait un lieu où il voulait dîner et «du brunch au souper» : c’était passion et dégustation. Aujourd’hui encore, malgré la COVID-19, ils essaient de profiter des festivals gourmands de la région et de leurs mets. 

Une femme de terrain

Au travail, comme dans sa vie personnelle, Marie-Hélène aime aller à la rencontre de ceux qui font le patrimoine d’une région. «À Cochrane, j’étais proche des gens.» Une condition essentielle pour développer des produits touristiques intéressants, loin des grands centres urbains ou touristiques. 

Sur la route des Rocheuses, elle souligne la difficulté de faire connaître Cochrane malgré la multitude de produits touristiques proposés. «Il faut aimer rencontrer les petits entrepreneurs, les accompagner, les aider dans leurs démarches.» Un rôle qui lui tient aussi à cœur aujourd’hui en tant que gestionnaire du développement touristique au CDÉA.

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Mais les Rocheuses, c’est aussi son terrain de jeu. «Avec mes amies de filles qui me sont très chères, on fait beaucoup de randonnée, de canot-camping dans l’arrière-pays en été et du ski de fond en hiver». Enthousiaste, elle évoque facilement l’importance des relations humaines, et ce, peu importe l’environnement.

«Avec mes amies de filles qui me sont très chères, on fait beaucoup de randonnée.» Crédit : Courtoisie

«Nos aventures se résument souvent à se coucher sous la tente dans la misère!» Elle se caractérise, avec un humour contagieux, comme les fameuses barres de céréales à deux faces. Un «Mini-Wheats avec son côté sucré et santé», une manière très imagée de caractériser son bonheur, les pieds dans la boue ou à la table d’un chef étoilé.

La continuité, mais pas seulement

Marie-Hélène a beaucoup de respect pour sa prédécesseure au CDÉA, Julie Fafard. «Je suis arrivée très humblement à ce poste pour continuer le travail qui avait été mis en place par Julie.» 

Elle qui connait bien les accomplissements de Julie souligne les longs moments passés avec elle au téléphone. «On planifiait une heure et au bout de trois, c’était un remue-méninges improvisé», raconte-t-elle, amusée.

Rien ne peut empêcher Marie-Hélène de profiter d’une belle fondue au chocolat. Crédit : Courtoisie

Lorsqu’on évoque ses prochains mandats, c’est avec un rire contagieux qu’elle espère «en garder un petit peu caché». Néanmoins, elle assure que le guide touristique renaîtra cette année après deux ans d’absence en raison de la pandémie. 

«Je travaille à temps plein sur le guide. On va l’imprimer à plus petite échelle et il sera offert au format digital et non plus PDF». Une différence qui permettra aux lecteurs d’aller cliquer directement sur les liens des entreprises proposées et de visiter leur site web instantanément. 

Elle souligne aussi l’aspect saisonnier et interactif du prochain guide. «On va pouvoir offrir, chaque saison, de nouveaux reportages, de nouvelles histoires.» Il restera donc un outil très intéressant pour la clientèle, mais aussi un enjeu promotionnel de l’Alberta dans les salons professionnels.

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Dans la continuité du succès des routes touristiques bilingues du nord de l’Alberta, Marie-Hélène espère développer le même concept sur tout le territoire et rejoindre dans sa globalité un millier d’entreprises touristiques, tout en continuant la création d’écomusées.  

Elle souligne d’ailleurs la nécessité de voir l’Alberta «autrement». Lorsqu’elle suit et interpelle un blogueur sur les réseaux sociaux, ce n’est pas Jasper ou Lake Louise qu’elle veut voir, mais plutôt «les joyaux cachés au fin fond de l’Alberta».

En complémentarité à tous ces projets, elle indique que le site web de Tourisme Alberta fera peau neuve. «Il fallait lui donner une pleine identité.» Une démarche qui débutera par le changement du logo, bien trop proche de celui du gouvernement de l’Alberta.

La francophonie à l’honneur, mais aussi le bilinguisme

Pouvoir travailler en français en Alberta et en tourisme est une occasion qu’elle a déjà vécue, mais aujourd’hui celle-ci a un goût différent. Elle est persuadée que depuis l’apparition de la COVID-19, le marché franco-canadien est devenu énorme. 

«Depuis deux ans, ils sont là, ils ont été présents, ils ont aidé à la relance. On se doit de leur offrir des services en français!» Un pas d’ailleurs déjà effectué par Tourism Calgary qui a publié, cette année, un guide en français.

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Une démarche qu’elle espère voir se développer dans toute la province. Elle est elle-même en contact avec de nombreuses entités pour faire connaître le travail du CDÉA dans le secteur touristique afin de lui offrir une nouvelle visibilité et de nouveaux partenariats. «Les professionnels du tourisme sont passionnés. Il est donc facile de les aborder et les voir partager leurs belles ambitions et leurs produits», relate-t-elle.

Elle espère une ouverture au bilinguisme pour les entreprises anglophones afin de multiplier les expériences. «Celles-ci croient en la valeur ajoutée de la francophonie, des francophones et du bilinguisme pour le développement touristique en région.» Elle souligne aussi leur objectif commun : le développement touristique pour les entrepreneurs albertains dans nos régions.

Une saison hivernale prometteuse 

Perplexe face à la cinquième vague de COVID-19, elle évoque avec empathie les inondations en Colombie-Britannique qui joueront sûrement un rôle dans la hausse d’achalandage des stations de ski en Alberta. «Whistler et Golden ne seront pas forcément accessibles cet hiver.» 

Une situation qui résume tristement le vieil adage «le malheur des uns fait le bonheur des autres». Elle est persuadée qu’avec les chutes de neige annoncées, la saison sera très bonne en ski, mais aussi pour toutes les activités hivernales.

L’hiver, elle opte pour le ski de fond dans son coin préféré, Bragg Creek. Crédit : Courtoisie

Finalement, Marie-Hélène encourage la population à visiter localement «une fois par semaine, une nouvelle ville, une nouvelle communauté pour s’imprégner de ce que l’Alberta a à offrir en tourisme». 

Elle en profite pour promouvoir son petit paradis, Bragg Creek. «J’aime cet endroit pour le vélo de montagne et le ski de fond, mais aussi pour l’architecture western et les petits restaurants sans prétention. J’adore!» 

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