Et si 2021 devenait un cygne

Écrit par : Nahida Mohamadou

15 août 2021

Nahida Mohamadou

Il était une fois, dans le monde des calendriers, une année qui se nommait 2020. Cette année n’était pas comme les autres, ses camarades 2019 ou encore 1870 la nommaient «l’étrange année». 2020 était ce que l’on peut dire le vilain petit canard. 

Dès ta naissance, tu as voulu partager ta flamme pour l’Australie, seulement, tu t’en es très mal pris. Puis, en toute innocence, tu as décidé de casser les codes de la famille royale, de parer le monde avec diverses manifestations, de faire exploser un port, d’ancrer des tensions entre certains pays, de déplacer les JO, de faire écraser des avions et, pour couronner le tout, tu as saupoudré le monde d’une pandémie.

En résumé, chère 2020, tu t’es attaquée à l’environnement, à l’économie, à la politique, à la santé, mais aussi aux droits des Hommes. Qu’as-tu à dire pour ta défense ? Rien, 2020 n’a pas besoin de se défendre. Pourquoi ? Et bien si tu connais l’histoire du vilain petit canard, tu sais que ce dernier va devenir un magnifique cygne. 

C’est pourquoi je vous propose d’aller à la découverte de ce poème.

Le cygne a été écrit en 1869 par le poète français Sully Prudhomme. Ce poème nous permet de nous mettre dans la peau de cet animal élégant. On peut constater d’une part, avec l’antithèse «soleil» / «nuit», que ce poème se découpe en deux mondes : un monde diurne et un monde nocturne. 

Ce découpage peut faire référence au passage de l’année 2020 à l’année 2021 puisque nous aimerions que cette dernière soit «éclatante». Aussi, l’utilisation de termes mélioratifs tels que «gracieux» nous permet de comprendre pourquoi le cygne est un animal fascisant : il semble si serein à la surface de l’eau alors qu’en réalité il est en train de travailler dur en utilisant ses palmes. 

Cela nous rappelle que si nous voulons faire de 2021 un cygne, nous allons devoir travailler et ne surtout pas baisser les bras. Pour finir, souhaitons la bienvenue à 2021, car c’est à son tour de nous montrer de quoi elle est capable.

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Le cygne

Sully Prudhomme 

 

Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,

Le cygne chasse l’onde avec ses larges palmes,

Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil

À des neiges d’avril qui croulent au soleil;

Mais, ferme et d’un blanc mat, vibrant sous le zéphire,

Sa grande aile l’entraîne ainsi qu’un lent navire.

Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,

Le plonge, le promène allongé sur les eaux,

Le courbe gracieux comme un profil d’acanthe,

Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.

[…]

L’oiseau, dans le lac sombre où sous lui se reflète

La splendeur d’une nuit lactée et violette,

Comme un vase d’argent parmi les diamants,

Dort, la tête sous l’aile, entre deux firmaments.

Cet article fut publié dans l’édition du 14 janvier 2021 en page 9.

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